7 novembre 2017

Gérard Longuet : « si des centaines de milliards d'euros ne viennent pas dans les caisses de l'Etat, tant mieux…»


Gérard Longuet ne manque pas d'air : il soutient l'évasion fiscale.
"Si ces centaines de milliards d’euros ne viennent pas dans les caisses de l’Etat, tant mieux, parce que l’Etat le gaspille assez largement et dépense de l’argent inutilement. Que l'Etat se remette d'abord à vérifier ses dépenses avant de prendre dans l'argent des autres."

Cette phrase prononcée par Gérard Longuet, sénateur, ancien ministre de notre République, en dit long sur les pensées profondes de ceux qui, jusqu’au bout, ont soutenu François Fillon lors de la présidentielle. Face au scandale dénoncé par le consortium international de journalistes d’investigation qui ont travaillé pendant une année, on sait mieux comment les grandes fortunes et les grands groupes dissimulent leurs bénéfices et échappent à l’impôt. On pourrait attendre d’un représentant de la nation, parlant au nom du peuple français qui l’a élu, moins de morgue et plus de commisération pour les citoyens qui, eux, paient leurs impôts et leurs taxes. Ils en paient d’ailleurs plus qu’ils ne devraient si 20 milliards d’euros ne disparaissaient chaque année dans les paradis fiscaux situés à notre porte.

Bien sûr, on évoque les Bermudes ou les îles vierges. Mais sait-on que l’île de Man ou le Luxembourg ou les Pays-Bas, ou l’Irlande, ou Jersey, se sont organisés pour rafler le produit tantôt de l’évasion fiscale, tantôt de l’optimisation du même nom.
Les cabinets d’avocats se défendent en invoquant les failles des systèmes fiscaux des états. Comme dirait Donald Trump, répondant à une attaque d’Hillary Clinton qui lui reprochait de ne pas avoir payé d’impôts fédéraux depuis 20 ans : « c’est que je suis intelligent. » Je ne suis pas certain que l’expression soit adaptée au personnage. Malin et bien conseillé certainement. 

Finalement, Gérard Longuet est de cette trempe-là. On le savait peu ou prou. Il est de ceux qui n’aiment l’Etat que pour les privilèges qu’il lui apporte. Il aime un état faible, paralysé…car quand on ose affirmer que l’Etat dépense de l’argent inutilement c’est faire peu de cas des revendications des agents hospitaliers, des policiers, des magistrats, des ultra-marins, etc. lesquels demandent plus de moyens, plus de personnels pour satisfaire les services publics.

Gérard Longuet n’est-il pas de ceux qui se plaignent également du manque de moyens des collectivités locales ? Que certaines Régions, certains Départements, certaines grandes villes dirigées par la droite se remettent d’abord à vérifier leurs dépenses avant d’implorer l’Etat et ses subventions !

5 novembre 2017

DSK : « Je souhaite que le PS disparaisse » ! Pas de mai 68 pour Emmanuel Macron ?


DSK : « je souhaite que le PS disparaisse »
Dominique Strauss-Kahn souhaite la disparition du Parti socialiste sous sa forme actuelle. C’est ce qu’il a déclaré à des journalistes venus l’interroger à Marrakech où il possède un riad. DSK est-il le mieux placé pour commenter l’actualité politique française ? Après tout pourquoi pas. On peut être moralement discrédité sans devenir pour autant un paria sans cervelle. Surtout quand, comme lui, on a fréquenté les allées du pouvoir pendant des décennies. Et quand une majorité de Français se disaient prêts à voter pour lui à l’élection principale de notre démocratie.
Ce qu’il veut ? La résurrection d’un centre gauche. Il est vrai que les militants, les élus et les dirigeants socialistes semblent un peu perdus au milieu de l’agitation macroniste et après le coup de pied donné dans la fourmilière par les électeurs de la présidentielle et des législatives. DSK voudrait que le président de la République « soit de droite et de gauche » et « non ni droite ni gauche ». Pour l’ancien candidat devenu un supporteur de M. Macron, la politique actuelle présente nombre d’aspects positifs : « il fait ce qu’on a refusé se faire pendant 30 ans ! »
Le PS et ses 40 000 adhérents ne pèsent plus très lourd dans le débat politique actuel. De là à souhaiter leur disparition, il y a un pas que l’histoire même de la gauche nous interdit de franchir. Le PS est confronté à de vraies questions : comment s’opposer efficacement après une si lourde défaite ? Avec quelles forces ? Sur quelles bases idéologiques et politiques ? Les quatre ans et demi qui nous séparent de 2022 suffiront-ils pour redonner du sens à la gauche socialiste ?

Pas de mai 68 pour Emmanuel Macron ?
Une barricade… (DR)
Emmanuel Macron, si l’on en croit les gazettes dominicales, ne commémorera pas mai 1968. Il faut croire que le président de la République a été sensible aux commentaires peu amènes des conservateurs qui voient en mai 68 et ses événements une période de troubles et de « chienlit ». Comme il ne faut pas défriser la droite qui le soutient, le président préfère reculer et ignorer l’un des faits historiques majeurs du 20e siècle en France et en Europe voire dans le monde.
Mai 68 ce fut une révolte estudiantine et une période de conquêtes sociales. Les deux portées par un irrépressible besoin d’air et de dignité. 
Séparés dans un premier temps, les « travailleurs » et les universitaires ont cheminé ensemble contre les violences policières et l’archaïsme de ceux qui voulaient que rien ne bouge. Mai 68, ce fut le départ de nombreux mouvements dont l’action agit en ombre portée jusqu’aujourd’hui : l’autonomie communale, le féminisme, la libération sous toutes ses formes ! Quand j’entends M. De Calan, candidat à la présidence des Républicains, déplorer que mai 1968 fut le temps de l’excès de jouissance et de désir, je comprends mieux pourquoi la droite, même jeune, semble souvent compassée…ou dépassée.

Trump : encore trois ans à subir
Une année de Trump ! N’en jetez plus ! Même les Américains (à 66%) rejettent la politique, les manières, le style du président des Etats-Unis. DSK assure que Donald Trump ne respecte ni règles ni codes ce qui en fait un dirigeant imprévisible donc dangereux. En un an, Trump a démontré qu’il était le roi des fake news ces fausses nouvelles qu’il reproche si promptement aux journalistes non inféodés au maître de la maison blanche. Et de tweeter à tort et à travers, en mal plutôt qu’en bien, de susciter l’effroi jusque dans les rangs des Républicains de moins en moins nombreux à le soutenir. Le Trump raciste et machiste, roi de la télé réalité ne semble pas avoir perçu qu’il avait changé de monde. Président ou animateur, ce n’est pas le même métier. Que vont être les trois années qui viennent ? Car s’il n’est pas destitué suite à l’enquête conduite par le procureur spécial Mueller dans l’affaire des liens de campagne des siens avec la Russie de Poutine, Trump a encore pas mal de temps devant lui pour entraîner bien des dommages. Je ne suis pas certain que le lancement d’essuie tout dont il est devenu spécialiste suffira à remplir les livres d’histoire.

Tariq Ramadan enfin dévoilé sous son vrai jour ?
Tariq Ramadan est la bête noire de Caroline Fourest. Depuis des années, la journaliste-essayiste essaie de montrer le prêcheur islamiste sous son vrai visage mais l’homme est retors, il possède plus d’une corde à son arc d’où la difficulté de le cerner et de le dénoncer pour ses multiples turpitudes. Plusieurs femmes ont aujourd’hui le courage de dénoncer les viols qu’elles ont subis ou les agressions sexuelles que le prêcheur islamiste aurait commises contre elles. Des journaux helvétiques évoquent même des relations sexuelles avec des mineures !
Si les faits reprochés à Tariq Ramadan viennent à être étayés et donc prouvés, il en sera fait de la crédibilité de cet homme à deux voire trois visages. Il en va souvent ainsi avec les pères-la-rigueur, ils s’imposent rarement à eux-mêmes ce qu’ils veulent imposer aux autres. Les temps changent. La domination masculine, consciente ou non, perd de sa superbe. Les Weinstein et autres harceleurs-violeurs savent que  leur toute puissance arrive à son terme. Les femmes ont raison de se révolter.

30 octobre 2017

« Si tu ne crois pas celle-là, je t'en raconterai une autre » ou les fables d'Eric Woerth


Un ami aime à me répéter une phrase clé quand le mensonge est évident : « si tu ne crois pas celle-là, je t’en raconterai une autre. » Prenons M. Eric Woerth, l’actuel président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale. On ne peut pas dire que l’homme présente mal. Au contraire, il a cette élégance innée des habitants de Chantilly et des admirateurs des courses de chevaux de haut niveau. Mais c’est un homme de parti. Qui dit parti, dit partisan. Et souvent, malgré une éducation sans doute exemplaire autant que morale, il peut arriver que les objectifs à atteindre exonèrent les plus convaincus d’entre eux du minimum de…sens commun.

Éric Woerth, une première fois, a été mêlé à l’affaire Bettencourt. Il a fallu le silence maîtrisé de certains témoins pour empêcher les juges d’instruction de le traduire devant le tribunal correctionnel faute de preuve, autrement dit faute d’aveu de ceux ou celles qui ont fait passer les enveloppes kraft remplies de billets ou qui ont vu les manigances. M. Woerth s’est vanté d’avoir été blanchi. Et donc d’être innocent. C’est plus compliqué que cela quand on lit les attendus de l’ordonnance dans laquelle les juges n’épargnent pas les copains de Sarkozy puisque finalement le bénéficiaire potentiel était bien le candidat Sarkozy.

Alors quand j’ai entendu, il y a 48 heures, M. Woerth, ancien trésorier de l’UMP, affirmer qu’en 2007, « si certains membres de l’équipe de campagne avaient été payés en liquide, c’est parce que des donateurs anonymes avaient adressé cet argent au parti par la poste ! » j’ai éclaté de rire. Car de quoi s’agit-il ? De l’affaire du financement libyen de la campagne, encore lui, de Sarkozy. Les juges chargés d’instruire cet éventuel délit remontent lentement mais sûrement jusqu’aux protagonistes de ce qui serait un véritable scandale d’Etat, d’autant plus que Sarkozy a été élu ! Qui croira, en effet, que des sommes importantes en espèces ont transité par notre réseau postal ? Qui va gober une affirmation pareille ? Éric Woerth, habitué à se sortir de situations scabreuses, n’a trouvé que cette solution pour expliquer l’inexplicable. Si ça marche, chapeau l’artiste ! Mais les juges ne sont pas tous dupes.

27 octobre 2017

Laurent Wauquiez : une mentalité de faussaire


photo Paris Match
Extraordinaire ! Voilà un important parti politique. Il réunit son bureau national pour en exclure certains membres. Mais ses responsables oublient de vérifier que leur décision sera valide juridiquement. Ce parti s’appelle les Républicains. Et toute la France politique seule — car c’est un point de détail de l’Histoire — de rire à gorge déployée au point que Rachida Dati a déclaré : « cette soirée me rappelle le dîner de cons. »
M. Accoyer a bien pris la peine de tenter de justifier cet accident de parcours, faute de présents en nombre suffisant, rien n’y fait. Les Républicains continuent de pédaler dans la choucroute. Ils vont avoir fort à faire avec leurs trois candidats à la présidence dont un seul paraît pourvoir gagner : Laurent Wauquiez.
Ce Wauquiez, il démarre très fort. Il parait que la droite est de retour. Si j’en juge par certaines décisions fiscales et financières de ce gouvernement, elle n’est jamais partie. Mais M. Wauquiez n’en a cure. Quand il parle d’une droite qui soit vraiment de droite, il pense sécurité, immigration, les deux mamelles de l’extrême droite où il espère pêcher les déçus de Marine Le Pen.

Le roi de « l’assistanat » qu’il dénonce avec tant de vigueur vient de se distinguer à nouveau en coulant Pôle emploi au pilori : " J'ai vu ces situations qui nous révoltent où un demandeur d'emploi pousse la porte de Pôle Emploi pour trouver un emploi et on lui répond: vous avez deux ans d'assistance chômage, ne vous pressez pas, profitez un peu de la vie ". Quel culot. La secrétaire du syndicat CFDT de pôle emploi s’est étranglée en entendant un homme qui aspire aux plus hautes fonctions traiter avec dérision le problème du chômage et de son traitement. Alors que les dernières statistiques indiquant que le nombre de demandeurs d’emplois de la catégorie A a baissé de 65 000 unités (un record) il existe sur le marché politique des bonimenteurs pour nier les évidences et sortir de belles âneries. Voilà pourquoi le débat au sein de l’UMP ne peut intéresser les Français. Ils en ont assez de ces pourfendeurs systématiques dont finalement, on n’attend rien.

24 octobre 2017

Quelques réflexions au débotté : une taxe de 10 milliards à rembourser, la retraite de Christine Boutin, interdisons le glyphosate, l'assassinat d'une journaliste maltaise


Il faut interdire définitivement le glyphosate
Il est bien évident que les 54 députés LRP qui demandent l’interdiction définitive du glyphosate ont raison. Même si Nicolas Hulot éprouve de nombreuses difficultés à faire admettre cette interdiction au niveau national d’abord et européen ensuite, les études scientifiques conduites par le laboratoire Monsanto ont prouvé que ce pesticide était cancérogène et donc nuisible à la santé humaine.
Je ne comprends même pas que le sujet fasse débat. Comment les agriculteurs hexagonaux,  soumis à l’influence de ces produits dangereux  peuvent-ils réclamer la poursuite de l’utilisation du Round-Up (nom commercial) pour les dix à venir ? Je ne comprends pas non plus que notre ministre de l’agriculture les soutienne dans ce combat où la raison et la prévention, commandent de changer de logiciel.
Il est vrai que des laboratoires sont très forts pour glisser subrepticement des molécules dangereuses pour l’homme ou la biodiversité. Il en va ainsi de la mise sur le marché de néonicotinoïdes de type nouveau si nuisibles aux colonies d’abeilles déjà affectées par le changement climatique, le varroa, le frelon asiatique, et autres destructeurs des mouches à miel.
J’ai pensé qu’Emmanuel Macron, notre nouveau président, saurait entendre les voix des unions de défense des abeilles et des groupements de défense sanitaires. Je n’ai pas le sentiment que M. Macron s’intéresse de près à la survie des abeilles françaises.

10 milliards à rembourser : merci M. Eckert !
Il paraît que Gilles Carrez, ancien président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale avait mis en garde le gouvernement Ayrault et M. Eckert son créateur contre une taxe de 3 % sur les dividendes des sociétés. En 2012 il fallait trouver de toute urgence une somme de 10 milliards pour boucher le trou laissé par Nicolas Sarkozy. La Cour de justice européenne, d’une part et le Conseil constitutionnel, d’autre part, viennent d’annuler cette taxe et obligent le gouvernement actuel à rembourser ces sommes dont les intérêts moratoires sont gigantesques. 10 milliards d’euros ne se trouvent pas sous le pied d’un cheval notamment quand le gouvernement veut diminuer le déficit du budget de l’Etat. Un ancien membre de la Cour des comptes suggère d’augmenter la taxe sur les bénéfices des sociétés. On donnera d’une main ce qu’on reprendra de l’autre.

Adieu Christine Boutin et bon débarras !
J’ai rencontré Christine Boutin dans le cadre de mes activités de journaliste. Invité, à l’époque, par Bernard Leroy, alors député, avant 1993 donc, elle avait disserté lors d’une soirée organisée à Louviers sur ses obsessions teintées de religiosité et d’aversion pour la contraception, l’avortement…ses positions sur le PACS et le mariage pour tous allaient se fondre quelques années plus tard dans la même veine de l’intolérance et de la soumission.
Elle a décidé de mettre fin à sa carrière politique, abandonnant le seul mandat qui lui restait, comme conseillère départementale des Yvelines. Franchement, elle ne nous manquera pas. D’autant qu’elle a tiré une ultime salve contre les femmes agressées sexuellement ou harcelées qui prennent la parole pour dénoncer les « porcs. » « Tout cela c’est du dégueulis,  » a-t-elle déclaré, vantant « a grivoiserie » à la Française. Le viol : une grivoiserie ! Adieu Christine Boutin et sans regrets.


Les journalistes dans le collimateur des corrompus

La mort violente d’une journaliste blogueuse sur l’île de Malte (après l’explosion programmée de sa voiture de location) nous rappelle que la démocratie et la liberté d’expression ont parfois un coût anormalement élevé. Daphne Caruana Galizia avait dans le collimateur nombre de politiciens véreux et corrompu. Elle avait même démissionné du journal dans lequel elle travaillait pour recouvrer sa totale indépendance. On ignore, à l’heure actuelle, qui est le commanditaire de cet assassinat mais si les policiers cherchent bien, ils finiront par trouver les auteurs. L’entourage du premier ministre de l’île peuplée de 400 000 habitants, devrait être concerné par les investigations policières et judiciaires.

Ne nous faisons pas trop d’illusions. Si le premier ministre actuel offre une récompense, c’est pour la forme. Il a versé des larmes de crocodile après la mort de Daphne Caruana Galizia et il faudrait faire appel à des enquêteurs neutres ce qui semble impossible. Je ne serais pas surpris que des lampistes paient à la place des vrais responsables de ce meurtre.

 



23 octobre 2017

A la société d'études diverses : « La Renaissance dans l'Eure » avec France Poulain


France Poulain. (DR)
La prochaine conférence de la Société d’Études Diverses aura lieu le samedi 18 novembre, à l’heure et au lieu habituels : à 16 heures, dans la salle Pierre Mendès France, à l’Hôtel de Ville de Louviers. Mme France Poulain, architecte des Bâtiments de France, chef de l’Unité départementale de l’Architecture et du Patrimoine de l’Eure, nous convie à une découverte des richesses artistiques de notre région : « La Renaissance dans le département de l’Eure ».
Souvent réduite à une affaire de style, la Renaissance ne doit pas être limitée à une collection d’objets architecturaux ou mobiliers. En effet, la période de la Renaissance voit se finir le Gothique vieillissant, éclater quelques architectures extraordinaires comme le château de Gaillon, de nombreuses églises se doter d’éléments mobiliers mais aussi émerger les prémices du Baroque et du Style classique. En parcourant de multiples lieux et édifices de l’Eure, nous pourrons redécouvrir plus largement ce que ce vocable de « Renaissance » contient.

20 octobre 2017

Marine Le Pen a atteint son seuil d'incompétence…


Lors d'un débat sur France 2.
Marine Le Pen n’est plus l’aimant qu’elle fut le temps d’une campagne présidentielle.  Depuis le catastrophique débat d’entre deux tours, témoignant de sa fragilité autant que de son incompétence, la principale responsable du Front national est devenue elle-même son principal repoussoir. Prenons l’exemple de la soirée d’hier, sur France 2, avec l’émission politique de Léa Salamé. Seuls 1,7 million de téléspectateurs a suivi la prestation de celle qui, contre vents et marées, continue de tenir le gouvernail d’un navire qui prend l’eau de toutes parts.

On n’en est pas encore au stade du naufrage mais la désaffection des Français pour le FN et son animatrice est bien réelle. Certains affirment que le logiciel du FN de 2017 ressemble étrangement à celui de 1980. A une époque où Jean-Marie Le Pen célébrait le libéralisme triomphant sans oublier sa haine des immigrés quelle que soit la raison de leur venue en France. JMLP fustigeait également « l’européisme » à l’origine, selon lui, de tous nos maux. Dans ce domaine, Marine Le Pen met de l’eau dans son vin. Alors que la sortie de l’Euro figurait à la une de son programme économique, elle a avoué piteusement que, dorénavant, le FN se tient dans l’expectative, consciente que la suppression de la monnaie unique a joué un rôle non négligeable dans le rejet des Français, notamment les plus fortunés mais pas seulement.

Face à Gérald Darmanin, ministre du budget, Mme Le Pen ne s’est pas montrée très à l’aise allant jusqu’à confondre taxe d’habitation et taxe foncière, mêlant locataires et propriétaires dans un semblable méli-mélo incompréhensible pour le commun des contribuables. Le ministre du budget, très à l’aise avec les concepts fiscaux — heureusement —  n'a fait qu’une bouchée de son contradicteur d'un soir dont la principale qualité ne réside pas dans le débat où elle atteint rapidement ses limites. On ne la voit pas gouverner la France !

16 octobre 2017

Quelques réflexions au débotté : Raquel Garrido, Sarkozy-Bismuth, Mélenchon-Valls, Harvey Weinstein, le round-up


Les heurts et malheurs de Raquel Garrido
Raquel Garrido a plus d’un tour dans son sac et plus d’une corde à son arc. Elle est avocate, insoumise, compagne d’Alexis Corbière député et ami de Jean-Luc Mélenchon, chroniqueuse dans l’émission de Thierry Ardisson, sur C8, chaine de M. Vincent Bolloré, ami de Nicolas Sarkozy. Au-delà des contradictions de tout un chacun, relevons tout de même que les chroniques de Mme Garrido n’atteignent jamais les sommets de la pensée surtout quand une vulnérabilité surgit au détour d’articles du Canard enchaîné.
Le volatile, comme ses journalistes aiment à décrire leur journal, a publié à deux reprises des états de service de Mme Garrido peu à son honneur. Non pas qu’elle ait commis quelque faute professionnelle que ce soit. Mme Garrido a tout simplement omis pendant plusieurs années d’un côté et plusieurs mois de l’autre de verser des cotisations sociales réclamées à l’ordre des avocats et par l’URSSAF.
Vous remarquerez que je ne condamne pas Mme Garrido et M. Corbière, parents de plusieurs enfants, occupants d’un appartement au loyer, disons modéré, dans un beau quartier de Paris, alors que leurs émoluments ne leur permettent plus, sur le papier, de justifier cette occupation. M. Corbière a promis de remédier à cette anormalité mais il demande qu’on lui laisse le temps de se retourner eu égard aux engagements scolaires des enfants. Tout parent normalement constitué peut comprendre cette exigence. Personnellement, je ne lui jette pas la pierre sur ce point.

Valls et Mélenchon font le buzz
Le face à face entre Jean-Luc Mélenchon et Manuel Valls est devenu toxique. Les deux anciens camarades, du temps de Michel Rocard, sont devenus des adversaires (je n’ose écrire ennemis) irréductibles. D’un côté, Mélenchon accuse Valls d’être à la solde de l’extrême droite israélienne, de l’autre, Valls accuse Mélenchon d’être plus que sensible à l’islam radical. Le président Macron a demandé à ses troupes de se tenir hors de ce débat de mâles dominants où bien sûr, il n’y a que des coups à prendre.
La situation entre les deux hommes a empiré au fil des mois après que Manuel Valls a battu de 130 et quelques voix son adversaire insoumise lors des élections législatives. Le Conseil constitutionnel a d’ailleurs été saisi d’un recours en annulation de l’élection de l’ancien Premier ministre. Une plainte pour fraude électorale a même été déposée contre X auprès du tribunal correctionnel. Quant à Valls, il affirme, témoins à la clé, que Mélenchon l’a traité de nazi ? Si tel est le cas, j’invite l’ancien secrétaire d’Etat à la formation professionnelle, à suivre des cours d’histoire. On peut accuser Valls de bien des maux — c’est le lot de la politique — Il n’a rien à voir avec les nazis ni avec leur idéologie.

Il faut interdire définitivement le glyphosate
Nicolas Hulot parviendra-t-il à empêcher le glyphosate d’être à nouveau autorisé pendant dix ans sur le territoire de l’union européenne. Alors qu’il est maintenant acquis que ce pesticide utilisé sur des millions d’hectares comme désherbant présente de graves dangers cancérogènes, il serait aberrant voire criminel de permettre à Monsanto d’écouler ses stocks. Plus connu sous le nom de Round up, le glyphosate a fait l’objet d’études et d’expertises par Monsanto lui-même. Ces études ne laissaient pas la place au doute : ce produit est dangereux pour l’homme et pour les petits d’homme…et de femme. Plusieurs enfants ont subi des malformations au stade fœtal dont les parents (ou l’un d’entre eux) avaient utilisé le round up en grande quantité. La France préconise l’interdiction de ce produit pour l’agriculture ou le jardinage de plaisance. On ne rigole pas avec des produits chimiques dont les effets à court terme sont d’apparence, efficaces, mais nuisibles pour la santé humaine à plus long terme. Interdisons le glyphosate. Point barre. Et sur ce point soutenons Nicolas Hulot.

Sarkozy-Bismuth devant le tribunal correctionnel ?
Nicolas Sarkozy va-t-il être traduit devant le tribunal correctionnel dans l’affaire Azibert ? Vous vous souvenez de ce magistrat de la Cour de Cassation à qui l’ancien président de la République avait fait miroiter un poste important à Monaco en échange de renseignements sur l’affaire Bettencourt. Dans ses échanges avec son avocat, Thierry Herzog, M. Sarkozy utilisait un téléphone au nom de Paul Bismuth pour échapper aux écoutes ! Il apparaît que ce n’était pas la première fois que ces deux personnes usaient de moyens habituellement réservés, comme l’écrit le PNF (parquet national financier) « à des délinquants chevronnés ». Les deux juges d’instruction en charge de l’affaire ont quelques semaines devant elles pour déterminer le sort de M. Sarkozy. D’ici là les avocats ont du pain sur la planche d’autant que le PNF a fustigé les moyens dilatoires de M. Sarkozy afin de retarder au maximum le renvoi éventuel devant une juridiction. 

Toutes et tous contre le harcèlement sexuel
Mme Schiappa, secrétaire d’Etat à la condition féminine, prépare une loi (elle sera votée en 2018) avec sa collègue de la justice pour poursuivre le harcèlement sexuel et mieux protéger les mineurs victimes de viols ou d’agressions sexuelles. Cette annonce intervient au moment même où toutes les gazettes relatent en long et en large la conduite scandaleuse et ancienne d’Harvey Weinstein, un producteur vedette d’Hollywood. Abusant de son pouvoir, ce monsieur a contraint ou tenté de convaincre nombre d’actrices et de jeunes femmes de céder à ses avances. Il paraît que les milieux du cinéma n’ignoraient rien des agissements de M. Weinstein. Mais il a fallu le courage de certaines victimes et une enquête bien conduite par un journaliste de NBC pour découvrir le pot aux roses. Depuis les langues se délient et des faits parfois vieux de plus de trente ans refont surface. Destitué de son CA, viré de l’Académie des Oscars, M. Weinstein aurait décidé de se soigner…quant à sa légion d'honneur française à lui remise par M. Sarkozy, il devra sans doute en être privé.

13 octobre 2017

Sus au frelon asiatique ! Surveillez la cime des arbres


Une récolte intéressante…
Mes ruches font actuellement l’objet d’une pression intolérable de la part du frelon asiatique. La bestiole venue de Chine a franchi des limites chaque année plus au nord et la Normandie n’est plus épargnée. Il existe des produits destinés à piéger cet hyménoptère carnivore tueur d'abeilles qui contribue à fragiliser les colonies des mouches à miel. Ces dernières n’avaient vraiment pas besoin de cela eu égard aux autres dangers qui les guettent comme ces néonocs dont la France demande l’interdiction malgré le refus de certains agriculteurs et surtout émanant de la part des producteurs membres de l’industrie chimique.
J’ai fait ma « récolte » de frelons ce matin. L’efficacité des pièges et évidente même si tous les frelons ne sont pas attirés par des parfums normalement irrésistibles. J’invite les Lovériens attentifs à surveiller la cime des arbres où les nids de frelons sont généralement installés. Leur destruction s’impose évidemment en faisant appel à des artisans spécialement équipés.

11 octobre 2017

De battre, son grand cœur s'est arrêté : Claude Bellevin nous a quittés


Claude Bellevin (à gauche) avec son frère Michel et Claude Desnoyers.
De battre son grand cœur s’est arrêté. Claude Bellevin est décédé dans la nuit de samedi à dimanche dans l’unité de soins où il avait été transporté il y a trois semaines. Ceux qui me connaissent savent combien nous étions amis, nous qui avions traversé, ensemble souvent, les crises que la vie ne manque pas de placer sur notre chemin. Nous qui nous retrouvions chaque matin au petit café depuis des décennies pour refaire le monde, de Trump à Priollaud.
A Louviers, où il avait passé le plus clair de son temps, il était connu comme le loup blanc. Il faut dire qu’il appartenait à plusieurs associations et dans tous les domaines de l’activité humaine. Qu’il s’agisse du sport avec l’ASL de la grande époque, des Amis de Timia, en solidarité avec l’Afrique, du club cycliste du lundi, ou des associations culturelles avec lesquelles il avait construit avec le temps son agenda hebdomadaire. De Rouen à Val-de-Reuil, d’Evreux à Avignon ou Aix-en-Provence l’été venu.
Il y a plus. Alors qu’il dirigeait encore une très belle entreprise de mécanique, il n’avait pas hésité une seule seconde à s’engager pleinement dans le combat municipal aux côtés d’Ernest Martin et d’Henri Fromentin, combat qu’il jugeait utile voire indispensable à son équilibre de vie. C’est en prolongeant ce combat local qu’il fut l’un des plus ardents soutiens de François Loncle, élu député en 1981.
Claude était de ceux qui ne se cachent pas, qui n’hésitent pas à s'afficher (malgré les critiques) parce qu’il  possédait un fond très solide et très authentique qu’une jeunesse pas toujours facile lui avait prodigué. Mais il fallait du temps pour tenter de découvrir sa personnalité aussi attachante qu’elle semblait nous échapper. L’apprivoiser était un vrai délice.
Sur le plan humain, il était la bonté même. La générosité même. Toujours prêt à rendre service, toujours prêt à dépanner, toujours prêt à servir une cause ou une action collective. Encore récemment, il aimait apporter sa pierre à une industrie locale dynamique, faisant fi de sa situation de retraité jamais en retrait.
Claude était aussi un père et un grand-père. J’imagine la douleur de ses enfants, Nathalie et Jean-Philippe et celle de ses quatre petits-enfants qu’il entourait de tout son amour. Pendant ces trois dernières semaines, ils ont été attentionnés, à son chevet en permanence, pour oser espérer gagner une lutte pourtant inégale face à la maladie.
Nous serons nombreux, demain (jeudi), au crématorium d’Evreux pour saluer sa mémoire et lui rendre un dernier hommage. Beaucoup le pleureront. Il laisse tant de regrets.