30 septembre 2010

"La contrefaçon" par M. Marc-Antoine Jamet le samedi 9 octobre à 16 heures

"La contrefaçon" par M. Marc-Antoine Jamet, secrétaire général du groupe LVMH, ancien président de l'Union des Fabricants, vice-président du conseil régional de Haute-Normandie, maire de Val-de-Reuil.
Marc-Antoine Jamet donnera sa conférence le samedi 9 octobre 2010, à 16 heures, dans la salle Pierre Mendès France, à la mairie de Louviers.

« La contrefaçon consiste à reproduire ou imiter un objet sans en avoir le droit et en laissant croire que cette copie est authentique. C'est un sujet d'actualité, car avec la mondialisation et l'utilisation de l'internet, elle n'a cessé d'augmenter au cours de ces dernières années et touche de plus en plus de domaines, des vêtements de marque et accessoires de luxe jusqu'aux médicaments. Marc-Antoine Jamet, secrétaire général du groupe LVMH et président de l'Union des fabricants, est, en raison de ses activités professionnelles, l'un des meilleurs experts de ce problème. Quelles formes prend la contrefaçon? Quels en sont les risques et les dangers? Quelles solutions peut-on mettre en œuvre pour y remédier? Ce sont toutes ces questions qu'il abordera lors de la conférence. »

29 septembre 2010

Le déclin de la France et le syndrome du larbin expliqués par le profess...



Quand j'ai entendu les propos de l'éminent professeur, j'ai cru à une blague. Et pourtant, ce n'en est pas une !

L'eau ne doit plus être une marchandise


Jean-Luc Touly (1) est l’auteur de « l’eau des multinationales, les vérités inavouables » (Fayard) licencié il y a 5 ans par Veolia, il vient d’être réintégré après une décision du conseil d'Etat. Retour sur une belle victoire.

-Pourquoi Veolia avait donc voulu ta peau ?
J’ai été viré pour avoir dénoncé les drôles de relations que tisse cette multinationale. Cadre et syndicaliste CGT, j'avais d’abord cherché à défendre l’indépendance de mon syndicat tout en militant contre l’augmentation des prix et des bénéfices sur l'eau, et aussi pour le retour en régie des contrats venant à échéance. Mais peu à peu je me suis retrouvé affaibli à l'intérieur de la CGT.

Comment Veolia avait fait pour te débarquer ?
En 2003, mon premier livre va m’amener deux procédures en diffamation de la part de Veolia et deux autres de la part de la CGT Veolia et de la Fédé CGT des services publics.
En parallèle, deux procédures de licenciement pour fautes graves vont finir par un licenciement en mars 2006 avec l'autorisation du ministre du travail Larcher, qui n’a d’ailleurs même pas pris la peine de le motiver.

Tu viens d'être réintégré ? Comment cette victoire a-t-elle été obtenue ?
J’ai en effet retrouvé mon ancienne agence début septembre. Cela fait suite à deux recours : au Tribunal Administratif, puis à la Cour d'Appel de Paris. Ma réintégration est un solide point d'appui pour obtenir celle des deux derniers de mes cinq camarades syndicalistes licenciés, tous FO d’ailleurs, qui ont comme moi eu le tort de prendre leur mandat au sérieux : Stéphane Connan et Christophe Mongermont. Christophe, licencié depuis 6 ans, est toujours le secrétaire général de FO chez Véolia eau. Face à l’intimidation généralisée, les réintégrations sont un encouragement formidable. Même si la direction joue sa dernière carte, avec un recours au Conseil d’Etat qui statuera dans 2 ou 3 ans, mais en attendant elle a été obligée de me réintégrer, et on ne va pas bouder notre plaisir.

Comment ça se passe pour toi dans l’entreprise ?

Pour l'instant, ça va. On m'a confié des tâches qui ne sont pas trop importantes, comme la gestion des fontaines publiques, mais on ne peut pas dire que je sois au placard

Le fait que tu ais été élu conseiller régional « Europe écologie » a-t-il joué ?

Je suppose plus largement que le fait que je commence à être connu finit par produire certains effets, mais c’est difficile à estimer. Pour la petite histoire, j’avais auparavant été élu maire-adjoint chargé de l'environnement à Wissous (91), puis mon maire PS m’a retiré mes délégations ! Certaines vérités dérangent, à bien des niveaux et dans les milieux les plus divers.

Où en est la bataille contre la privatisation de l'eau ?

En France, 80% du service de l'eau est délégué au privé. Mais les trois géants qui se partagent le gâteau (VEOLIA, ONDEO, et SAUR) sont confrontés à un mouvement de fond : des centaines de collectifs agissent pour la gestion publique, et de ce fait le mouvement des collectivités qui ne renouvellent pas ou rompent les contrats grossit à vue d’œil : ainsi, après Paris ou Brest, Rouen revient en régie, avec comme partout une baisse de tarif d’environ 20%, un meilleur entretien du réseau et un moindre gaspillage.

L'Association pour le Contrat Mondial de l'Eau (ACME), que tu animes avec Danielle Mitterrand, fait partie des initiateurs de la « coordination pour un forum social de l'eau ». De quoi s'agit-il ?
Il s’agit de commencer à construire un Forum alternatif pour riposter au battage médiatique et étatique qui entourera le Forum mondial de Marseille de mars 2012. Il s’agit là d’un Forum business organisé par le Conseil Mondial de l'Eau, organisme sans légitimité aux mains des dirigeants d'entreprises privées du secteur. Or la crise écologique ne nous laisse guère de temps : réchauffement climatique, pollution, à ce rythme, d’ici 25 ans la moitié des réserves mondiales aura disparu. Dans 51 pays, il y a des risques de guerre pour l'eau. Cette dégradation mondialisée se fait sous l’égide de l'OMC, et 1,5 milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable, 2,6 milliards de personnes n'ont pas accès à un service d'assainissement, le manque d'eau potable est la première cause de mortalité dans le monde. Il est indispensable d’obtenir la reconnaissance de l'accès à l'eau comme un droit humain. L’eau est en effet un bien commun qui ne doit pas être considérée comme une marchandise, et doit donc faire l’objet d’une une gestion publique, démocratique et transparente.

Propos recueillis par Pierre Vandevoorde et reproduits sur ce blog avec son aimable autorisation avant parution dans l'hebdomadaire du NPA.


(1) Jean-Luc Touly sera dans la région prochainement avec Danielle Mitterrand. Nous en reparlerons.

28 septembre 2010

Les abeilles ne veulent pas des OGM : signez la pétition !

La Commission Européenne vient d'autoriser l'entrée et la culture d'OGM en Europe, contre le souhait de bien des citoyens, et contre l'avis de plusieurs États Membres. La gouvernance européenne nous permet de déposer une demande officielle auprès de la Commission, pour peu qu'elle soit soutenue par un minimum de *1 million* de citoyens européens. Aujourd'hui, et après 1 mois d'action, Avaaz a réussi à rassembler près de 900.000 signatures.

Il manque 100 000 signatures sur 1 million pour pouvoir déposer une demande auprès de la Commission européenne. S'il vous plaît, faites suivre au maximum de personnes de vos carnets d'adresses. Merci à tous et à toutes.

Voici le lien vers la pétition : ça vous prendra 30 secondes et nous laissera peut-être une chance d'obtenir un moratoire au niveau européen, et d'éviter l'entrée massive en Europe de cultures invasives (elles menacent la biodiversité), potentiellement nocives pour notre santé (de nombreux avis médicaux mettent en garde contre les conséquences de la consommation d'OGM), potentiellement dangereuses pour l'indépendance économique des agriculteurs (les semences sont chères car brevetées, doivent être rachetées chaque année, et demandent l'utilisation de produits spéciaux disponibles uniquement chez les semenciers), et polluantes (ces cultures nécessitent l'utilisation d'énormément de produits chimiques).

https://secure.avaaz.org/fr/eu_health_and_biodiversity

Et surtout, si vous soutenez cette initiative, faites passer le message.

François Loncle : « jamais l'image de la France n'a été autant dégradée sur le plan international »

François Loncle est accueilli au Bundestag à Berlin par un membre du SPD. (photo JCH)

La section de Louviers du Parti socialiste a de la chance. Elle possède, parmi ses membres, l'ancien président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale et l'un des co-auteurs du texte consacré à l'international qui sera bientôt soumis au vote des militants socialistes.
Ainsi, François Loncle a planché, ce lundi, devant notre section lovérienne pour lui présenter la synthèse du numéro spécial de l'hebdo intitulée « la nouvelle donne internationale et européenne. » En introduction, le député de Louviers a souligné que depuis novembre 1989, date de la chute du mur de Berlin, aucun document réservé à la politique internationale n'avait été édité par le PS. Martine Aubry a tenu, avec juste raison, à consacrer une convention nationale à se sujet très important puisque la mondialisation lie évidemment politiques intérieure et extérieure.

Jamais, assure François Loncle, l'image de la France n'a été aussi dégradée, jamais son rôle n'a été autant critiqué. Le responsable en est Nicolas Sarkozy. Les cinq présidents de la 5e République avant lui — de Gaulle, Pompidou, Giscard, Chirac et Mitterrand — quelle que soit leur couleur, avaient réussi à conserver à la France une certaine influence sur le cours de la politique mondiale. Patrie des droits de l'homme, notre pays était écouté et respecté.

Il n'est qu'à lire la presse internationale aujourd'hui pour se rendre compte des dégâts commis par l'actuel président et son entourage (MM. Guéant, Levitte) alors même que le ministre Kouchner n'est qu'un ministre d'opérette. Si la Gauche gagne en 2012, il lui faudra entreprendre un travail profond de reconquête de crédibilité et d'équilibre. « Bien sûr, affirme François Loncle, notre difficulté à surmonter le dilemme droits de l'homme et real-politique n'est pas une mince affaire. Notre texte ne l'élude pas. »

D'ici 2012 les points chauds seront-ils identiques à ceux de 2010 : la résolution du conflit israélo-palestinien (dans lequel l'Europe est absente) la guerre d'Afghanistan (le PS préconise un retrait des troupes françaises) l'Iran et la prolifération nucléaire…sans oublier la guerre des grands lacs et sans omettre l'influence grandissante de la Chine, du Brésil, de l'Inde…

L'élargissement de l'Europe à la Turquie interroge de nombreux socialistes. Certains sont hostiles à voir ce pays adhérer à l'Union européenne, d'autres, au contraire, considèrent que cette grande nation a sa place dans l'Europe et qu'il est géopolitiquement important de l'arrimer aux démocraties occidentales : « Depuis 1945, constate François Loncle, la guerre a été absente de l'Europe unie. » C'est d'ailleurs l'apport essentiel de la construction européenne due, pendant longtemps, à l'axe franco-allemand si malmené par notre président.

Il y avait un autre sujet à l'ordre du jour de la section PS : les cantonales dans le canton nord de Louviers en mars 2011. Nous avons appris, sans surprise, que Leslie Cléret (conseillère générale sortante) était la seule candidate à la candidature et que par conséquent, elle aura 100 % de chances d'être désignée pour conserver ce siège à la Gauche et conforter la majorité de Jean-Louis Destans. Nous y reviendrons prochainement. Mais déjà, on peut affirmer que les ragots propagés sur certains blogs n'avaient aucun fondement. Ce qui n'est pas pour nous surprendre.

27 septembre 2010

Affaire Woerth : un juge d'instruction devrait être désigné

A de nombreuses reprises, sur ce blog, j'ai souhaité la désignation d'un juge d'instruction dans ce qu'on appelle maintenant l'affaire Woerth. Depuis les révélations du site Médiapart (1) bien utiles à la manifestation de la vérité, il est plus qu'évident que le juge Courroye, ami du pouvoir, ne pouvait être le seul à démêler l'écheveau des différents conflits d'intérêts potentiels.

Le procureur général Nadal a indiqué, aujourd'hui, qu'il devenait indispensable de désigner un juge d'instruction qui permettra à toutes les parties d'avoir accès au dossier et ainsi de rendre contradictoire une enquête actuellement très secrète puisque dans les mains exclusives du parquet. Si Mme Prévost-Desprez avait la possibilité de mener ses investigations dans le soupçon d'abus de faiblesse (2) de Liliane Bettencourt, elle n'était pas saisie des turpitudes d'Eric Woerth.

C'est bien un lundi noir pour le président de la République et un membre éminent de son gouvernement. N'oublions pas que le juge Courroye avait indiqué à Nicolas Sarkozy et à la famille Bettencourt qu'il serait impossible d'instruire le dossier d'abus de faiblesse en l'absence d'avis médical circonstancié. Les événements à venir vont certainement lui donner tort ce qui serait une victoire de la justice sans préjuger de ses conclusions.

L'ancien trésorier de l'UMP, toujours ministre du travail, devra encore supporter le poids de sa charge pendant quelques semaines puisque le remaniement gouvernemental n'interviendrait qu'à la mi-décembre. D'ici là, le Sénat et l'Assemblée nationale, à nouveau, auront examiné le projet de loi sur l'âge de la retraite et la durée de cotisation. Rien ne dit que le ministre sera aussi « apaisé et serein » qu'il feint de l'être.

(1) En insultant les journalistes de Médiapart, M. Pflimlin a eu grand tort. Ces journalistes ont fait très correctement leur métier et s'ils ont diffusé le contenu des bandes enregistrées « illégalement » chez Mme Bettencourt, c'est parce qu'ils avaient la conviction, d'ailleurs reconnue par la justice, qu'il concourait à étayer certaines affirmations et éclairer certains faits.
(2) Un médecin convoqué par la police a détruit le dossier médical de Liliane Bettencourt qu'il avait en sa possession. Evidemment, ce médecin avait conclu à la pleine forme de Mme Bettencourt et niait l'abus de faiblesse. Il devra en répondre devant le conseil de l'Ordre et peut-être aussi devant un juge.

26 septembre 2010

Les plans d’austérité sont voués à l’échec – 2/2

« En Europe, face à la compétition féroce puis à la crise, les égoïsmes nationaux ont pris le pas sur les initiatives de l’Union européenne. La surenchère à laquelle se livrent les différents pays dans la course aux plans d’austérité n’a d’autre objectif que d’exacerber la compétition entre eux et d’offrir « au marché » le profil le plus profitable donc susceptible de recueillir la meilleure note au détriment des voisins. Là où l’Europe prendrait tout son sens en s’unissant contre la crise, l’Union européenne n’est plus qu’un rassemblement informe d’intérêts particuliers. Ceux des différents États qui la composent, quand ce n’est pas directement ceux des banques et des entreprises multinationales qui la conseillent avec beaucoup de persuasion.

Ces plans d’austérité imposés par le FMI, en n’abordant les problèmes économiques que de manière purement comptable, ne tiennent aucun compte des populations qu’ils malmènent sans autres raisons que celles précédemment énoncées. Jean-Luc Mélenchon poursuit : « Partout où ces plans d’austérité ont été mis en œuvre, en Lettonie, en Estonie, en Hongrie, en Bulgarie, les résultats sont catastrophiques. Ils ont déjà provoqué en quelques mois, alors qu’ils n’en sont qu’à leur début, une contraction vertigineuse de l’économie dépassant les 20% pour les deux premiers pays cités. Pour la Grèce, c’est surréaliste : le plan du FMI prévoit déjà qu’en 2015, en dépit des mesures déjà prises, et compte tenu du poids croissant de la dette lié à la dégradation de sa note, la situation sera pire qu’elle n’est actuellement ».

On en revient à nouveau à la question de la répartition des richesses créées, et aux choix politiques qu’elle sous-tend. Ou, comme c’est actuellement le cas dans le système libéral et avec les plans d’austérité du FMI, on ne cherche qu’à protéger le capital et les dividendes, ou l’on décide d’un nouveau partage des richesses produites en augmentant les salaires, donc la consommation et les rentrées fiscales.

Comment faire alors pour réduire l’endettement public qui ne peut éternellement augmenter ou pour relancer la demande ? Quelles solutions apporter à la crise actuelle ? « D’abord, - dit Jean-Luc Mélenchon –, on ne se satisfaire d’une économie réduite à un exercice comptable. L’économie n’est pas une finalité, mais un moyen. Le but à atteindre c’est de vivre le mieux possible en société. Et faire cela, c’est faire de la politique ».

« Nous avons à relever deux défis majeurs en ce début de XXIème siècle. Le premier c’est celui qui nous confronte en tant qu’êtres humains aux conséquences du désastre écologique que nous avons-nous-mêmes provoqué. Pour cela, il nous faut sans attendre organiser une bifurcation du modèle économique, et sans entrer dans les détails, sur le plan des énergies, il nous faut passer des énergies fossiles : pétrole, gaz, ou dangereuses : nucléaire, aux énergies propres et renouvelables. Le second est celui de nourrir l’ensemble de la population de la planète et revoir le modèle agricole productiviste mondial qui a pour conséquence que notre pays, par exemple, pourtant très gros exportateur, ne dispose plus aujourd’hui de sa souveraineté alimentaire. On peut étendre la réflexion à d’autres domaines. Par exemple, nous Français, avons besoin d’avoir une population très éduquée, puisque que ne disposant d’aucune rente liée à une ressource naturelle, notre principale richesse est notre matière grise. Nous avons donc besoin de faire un énorme effort d’éducation, et c’est le contraire qui se fait actuellement lorsqu’on supprime des postes dans l’Éducation nationale ou qu’on réduit le nombre des chercheurs et les crédits qu’on met à leur disposition ».

Quel est aujourd’hui le constat de la situation ? « Nous sommes en présence d’un État que la Droite a mis en lambeaux. Dans de nombreux secteurs d’intérêt général, l’État a disparu. Il faut à présent reconstruire un État fort, efficace, intervenant, stratège. Depuis vingt ans, les libéraux ont entretenu l’illusion que partout où l’on pouvait remplacer l’État par des entreprises privées, le service rendu serait de meilleure qualité et moins cher. Ce qui est totalement faux. Les exemples ne manquent pas ».

Comment alors, par exemple, pourrait réagir un État confronté au marché qui lui imposerait un renchérissement du crédit par des taux prohibitifs ? « Lorsqu’on est un gouvernement responsable, on se préoccupe de défendre sa population et non les banquiers. Avec nos camarades du Front de Gauche, nous n’avons jamais imaginé faire ce que M. Georges Papandréou, Premier ministre grec, président de l’Internationale socialiste, a fait. Se plier au premier coup de semonce envoyé par Bruxelles ou par le FMI et injurier comme il l’a fait de Londres et de Berlin, sa propre population. Si le système financier nous agressait, nous répondrions coup pour coup. On n’analyserait pas cela comme étant un coup du sort. Nous ne nous laisserions pas dépouiller sans réagir d’une main de fer. Il n’est pas envisageable un seul instant que les marchés et les institutions financières aient le dernier mot contre la République française ».

Comment faire ?

« La première mesure à prendre est d’abolir la disposition actuelle selon laquelle pour emprunter de l’argent, l’État est obligé de s’adresser aux banques et autres organismes financiers et d’aller chercher des fonds sur le marché. Et pour cela, d’une part, la Banque centrale européenne (BCE) ne doit plus avoir comme seul et unique objectif la stabilité des prix et d’autre part, elle doit pouvoir prêter directement aux États membres. La BCE doit pouvoir prêter aux États au même taux de 1% qu’elle prête aux banques, qui elles, le proposent aux États à 3%, 4%, voir plus. Et rien que cela représente une économie de plusieurs dizaines de milliards d’euros pour l’État ».

« La seconde mesure à prendre concerne la participation des banques au développement. Lors de la crise, et pour les sauver, le Gouvernement leur a prêté les fonds dont elles avaient besoin sans aucune contrepartie sinon un vague engagement moral à prêter davantage à l’économie réelle, c’est-à-dire aux entreprises. Non seulement elles n’ont rien fait de cela, gardant ces sommes pour reconstituer leurs marges, mais plus fort encore, pour la première fois depuis vingt ans, le total des encours de 2009 a diminué. Il faut donc les obliger à financer l’économie réelle. Et si elles ne cèdent pas à cette obligation, l’État, en dernier ressort, doit recourir auprès des banques à l’emprunt forcé à taux réduit, quand bien même cela ferait-il se dresser les cheveux sur la tête des libéraux. Et pour mettre cet argent à disposition de l’économie réelle, il faut disposer d’un grand pôle financier public ».

Mais comment pourrait-on changer le règlement de la BCE et obtenir pour cela l’accord des 27 pays membres de l’Union ? Cela paraît impossible. « Dans la réalité, cela peut aller très vite. Nous disposons toujours de la Banque de France et de son savoir-faire, en cas de besoin. Devrions-nous baisser les bras, soumis à un accord signé il y a dix ans – le Traité de Maastricht –, contre lequel était alors la moitié de la population ? Et au Traité de Lisbonne, copie conforme du Traité constitutionnel européen auquel les Français ont dit non ? Il faudrait réinterroger les Français et leur offrir la possibilité de renégocier un accord incompatible avec la politique en faveur de laquelle ils se seraient prononcés. Dans la construction européenne telle qu’elle a été développée, la France n’a pas été dissoute et reste par conséquent puissance souveraine avec un peuple souverain. Si donc elle était menacée par la finance internationale, elle aurait le droit de se défendre. De la même façon que, si elle était agressée militairement, elle n’irait pas demander à MM. Barroso ou Van Rompuy, ou encore à la baronne Ashton, le droit de se défendre. Si la finance internationale attaque la France, nous sommes en état de légitime défense. Et nous serions alors amenés à proposer aux pays membres de négocier le changement le statut de la BCE, et en cas de refus, de mettre la France en état de cessation de paiement de sa contribution à l’Europe puisque la France reste contributeur net, c’est-à-dire qu’elle verse plus qu’elle ne reçoit. Cela pourrait être de nature à faire réfléchir tout le monde. Pourquoi la France, bientôt le premier pays d’Europe en population, le second par sa superficie et l’un des plus riches, serait-elle forcée de se coucher devant le diktat de la finance internationale associée à l’Union européenne ? »

L’intérêt de la France est de clamer haut et fort qu’elle ne se laissera pas faire.

Mais de quels moyens disposerait le pays pour qu’un gouvernement vraiment de gauche l’engage dans les réformes dont il a été précédemment question ? Cela ne demanderait t-il des moyens financiers considérables, hors de portée ?

« La France est un pays riche, nous l’avons dit. Il suffirait que l’équilibre entre la part des richesses créées dévolue au capital et celle dévolue au travail, c’est-à-dire aux salariés, redevienne ce qu’il était il y a encore vingt ans. Il faut, en période de crise, que chaque Français contribue en regard de ses moyens, ce qui sous-tend de revoir la fiscalité telle qu’elle s’établit actuellement. Et de ne plus seulement faire porter les efforts sur le peuple, mais aussi sur les gros portefeuilles. À partir de cela, ceux qui ne sont pas contents peuvent s’en aller. Ils vont fuir la France. Que leur répondre ? Eh bien, je leur dis au-revoir ! Qu’ils s’en aillent ! La vraie richesse ce pays, elle est dans son peuple. Ce sont les conditions matérielles, réelles. Vous ne partez pas avec une usine sous le bras. Cela ne marche seulement que lorsque qu’on vous laisse déménager les machines. Mais sinon, les travailleurs et leur savoir-faire, il est là. Il ne faut pas se laisser intimider par des menaces de cet ordre. Selon M. Patrick Artus de la société Natixis, si l’on taxait aujourd’hui les revenus du capital comme on taxe le travail, ce qui n’est pas une hypothèse déraisonnable, il rentrerait environ 100 milliards d’euros par an dans les caisses de l’État. Ce sont là les 10% qu’il manque dans la répartition des richesses au détriment du travail.

Ce qui est difficile à faire passer, c’est de faire admettre aux possédants que c’est leur tour de payer. Mais cela, c’est la question du rapport de forces qui repose sur le vote des citoyens. Si les citoyens le veulent, s’ils le décident, alors, ils méritent d’avoir un gouvernement qui le fasse. S’ils votent pour un gouvernement de Front de Gauche, cela sera fait ».

Reynald Harlaut
Parti de Gauche

24 septembre 2010

Jean-Luc Touly réintégré chez Véolia !


Jean-Luc Touly a eu les honneurs de la dernière page de Libération, hier. Ce n'est que justice. Le grand quotidien national souhaitait saluer la réintégration du pourfendeur des multinationales de l'eau au sein de la société…Véolia. Jean-Luc Touly, que nous avions invité à Val-de-Reuil pour une conférence sur les méthodes de Véolia qu'il connaît bien, a depuis roulé sa bosse. Non seulement il est devenu conseiller régional (Europe Ecologie) d'île de France mais en plus, il vient d'être désigné par l'assemblée que préside Jean-Paul Huchon pour occuper un siège au sein du comité de bassin de l'agence de l'eau Seine-Normandie. Une nomination qui a eu le don de mettre M. Santini en colère, lui qui avait réussi à l'éjecter du SEDIF où il représentait la commune de Wissous.

Que peut-on lire dans Libération ? « Ce sera un premier bouquin, l’Eau de Vivendi, les vérités inavouables (Alias). «J’allais au-devant des ennuis, licenciement programmé, convient-il. Mais ma femme m’a encouragé.» La CGT lui ayant chichement mesuré son soutien, suivra un second, l’Argent noir des syndicats (Fayard). De l’art de se faire deux ennemis pour le prix d’un.
Son licenciement sera motivé par une condamnation en diffamation. C’est du moins le prétexte que prendra le ministre du Travail d’alors, Gérard Larcher, actuel président du Sénat, pour autoriser son éviction en dépit de ses mandats syndicaux et prud’homaux. «Le ministre a commis une erreur de droit, a rectifié cet été la cour administrative d’appel. L’autorité n’est pas dispensée de rechercher si les faits reprochés au salarié sont d’une gravité suffisante pour justifier son licenciement.» Sinon, c’est la double peine pour délit d’opinion syndicale.
Entre-temps, Jean-Luc Touly n’a pas mégoté ses engagements. D’abord chez Attac : «Une bouffée d’oxygène, je pouvais enfin parler des enjeux de l’eau sans qu’on me regarde de travers.» Puis chez Anticor (une association anticorruption) et surtout auprès de Danielle Mitterrand. Jusqu’à se faire élire au conseil régional d’Ile-de-France sous l’étiquette Europe Ecologie.
C’est donc un activiste tous azimuts que Veolia est contraint de récupérer en son sein. A mi-temps, l’autre restant consacré à Tatie Danielle, particulièrement remontée contre la marchandisation de l’eau, un concentré à ses yeux de la mondialisation. Dans le sillage de sa fondation, France Libertés, ils ont créé l’Acme (Association pour un contrat mondial de l’eau). »
Il gère les 166 fontaines publiques de la rive droite de Paris, l’un des derniers marchés conservés par Veolia dans la capitale. Le Paris de Bertrand Delanoë étant en pleine phase de retour en régie municipale grâce aux aimables conseils de Jean-Luc Touly…
«…Désormais intraitable sur la question des fontaines, leur alimentation, leurs horaires de fonctionnement, Jean-Luc Touly conserve un agenda militant plutôt chargé en compagnie de Danielle Mitterrand. Une visite à Martine Aubry, maire de Lille, qui vient de réclamer 110 millions de pénalités à son distributeur d’eau, une descente chez Bernard Poignant, maire PS de Quimper, qui entend rempiler avec Veolia. Et grosse mobilisation à venir sur la diffusion du film Water Makes Money (1) nouvelle salve en mode audiovisuel contre les marchands d’eau. Toujours avec sa même méthode : débonnaire, souriante, discutante. Mais également intransigeante. Ne jamais oublier qu’il a baptisé l’un de ses trois enfants Andreas, comme Baader, de la bande du même nom.
Cet omnimilitant est aussi élu local de Wissous (Essonne), réussissant à se faire nommer représentant auprès du Sedif (Syndicat des eaux d’Ile-de-France), regroupant 144 communes de la banlieue parisienne. Le premier marché de distribution d’eau en France, bastion historique de Veolia. Aux bons soins d’André Santini qu’on aurait tort de résumer à ses cigares ou à ses blagues : président du Sedif depuis un quart de siècle, c’est l’homme de l’eau par excellence. »

(1) Film que nous avons diffusé en avant-première, mardi, au cinéma Forum de Louviers.

Du Berry aux ponts de Rouen

Court voyage dans le Berry. Courtes rencontres avec des artistes de la céramique. Visite du Musée de la Borne, du centre de céramique contemporaine et étape émouvante chez Jean Linard, disparu cette année. Son œuvre lui survivra-t-elle ? Que vont devenir sa maison construite de ses mains, sa cathédrale, œuvre mystique, œcuménique et monument pour la paix ? Anne-Marie son épouse cherche une collectivité responsable capable de mesurer l'apport unique de Jean Linard à l'art contemporain…ou un mécène dont le coup de cœur lui interdirait de résister à l'achat de l'immobilier et au lancement d'une nouvelle étape de vie de ce lieu insolite ?

La soirée cinéma (1) consacrée aux pratiques des grandes multinationales de l'eau et de l'assainissement a été un très beau succès. Plus de 70 personnes étaient présentes au cinéma Forum pour « contempler » Véolia et Suez environnement à l'œuvre dans tous les pays du monde. Pour ce qui nous concerne, un débat franc, parfois vif, a opposé les dirigeants régionaux et locaux à des spectateurs majoritairement désireux de voir tous les services publics revenir dans le giron des élus. Le travail mis en œuvre par l'Association pour l'amélioration de l'environnement et du cadre de vie se poursuivra avec patience et opiniâtreté.

La preuve ? Au cours de la réunion de la commission consultative des services publics tenue au siège de la CASE, Patrice Yung, vice-président a reconnu que, si les élus le souhaitent, la date butoir des contrats en cours avec Véolia tombera le 2 février 2015 en application de l'arrêt du Conseil d'Etat dit arrêt Olivet qui interdit de passer des contrats de plus de vingt ans dans les domaines de l'eau et de l'assainissement. C'est ce que nous affirmons depuis des mois malgré les affirmations contraires du président de la CASE. Pour lui, l'échéance demeure 2024, contre toute évidence. Nous ne doutons pas que le premier vice-président de la CASE saura ramener le président à la raison.

Arrivée dans le monde des blogs d'un Saint-Thomas à la fois touché par la grâce et déjà en disgrâce. Sous des dehors aimables l'auteur des textes se livre à des attaques frontales nourries d'une connaissance plus que sommaire de l'histoire locale. Il ne croit que ce qu'il voit : nous aussi mais alors qu'il dise son nom et ne se réfugie pas, lâchement, derrière un anonymat malheureusement de plus en plus répandu sur la toile! Il ajoute être parti de rien et arrivé à pas grand-chose. Qu'il y retourne comme dirait Pierre Dac.

Immense succès des manifestations régionales contre la réforme des retraites. A Evreux, on comptait 12 à 13 000 manifestants. A Rouen, où je me trouvais, les ponts sur la Seine étaient noirs de monde. Cette opposition majoritaire dans le pays, va finir par porter ses fruits. Si le gouvernement ne recule pas, il percutera de plein fouet le mur de l'incompréhension.

(1) Soirée organisée par l'Association pour l'amélioration du cadre de vie et de l'environnement et le retour en régie publique des services délégués.

23 septembre 2010

Dérive sécuritaire à l’école.

Image Agora vox

« Jusqu’à présent, le partenariat entre l’école et la police se limitait à la désignation d’un policier référent, en poste dans le commissariat le plus proche. La Ligue des droits de l'homme n’est pas, par principe, hostile à un travail conjoint entre ces deux institutions. Encore faut-il que cette collaboration soit rigoureusement encadrée et ne donne pas lieu à des dérives comme celles qui se sont produites l’an dernier dans plusieurs établissements du Gers.
Lors de cette rentrée, cette collaboration prend toutefois un tour différent avec l’installation dans l’enceinte même des établissements scolaires d’un policier en tenue et en arme. Cinquante-trois établissements devraient être concernés par cette initiative. Tout comme la suppression des allocations familiales pour les parents considérés comme démissionnaires, cette mesure constitue l’un des volets du plan de lutte contre la violence scolaire annoncé par Nicolas Sarkozy en mai dernier. Outre le fait que le choix du premier établissement concerné par le dispositif semble contesté par l’ensemble de l’équipe éducative, la LDH s’inquiète de voir qu’une fois de plus, le gouvernement préfère mettre en avant une mesure démagogique, qui brouille les missions respectives de l’école et de la police, plutôt que de s’attaquer aux vrais problèmes de l’école.
Ce n’est pas de policiers dont l’école a besoin et cette mesure ne correspond ni aux demandes des parents, ni à celles des enseignants, ni à celles d’ élèves qui se sentent lourdement stigmatisés. L’école a besoin d’un renforcement des équipes éducatives, d’enseignants formés, et dans les établissements difficiles, ce n’est pas la présence, quelques heures par semaine, d’un policier armé qui pourra résoudre les problèmes.
La LDH constate qu’une fois de plus, le gouvernement de Nicolas Sarkozy fuit ses responsabilités et se contente d’une réponse essentiellement sécuritaire qui, heureusement, trompe de moins en moins nos concitoyens. »

(Communiqué de la Ligue des droits de l'homme)