J'ai publié en commentaire un texte d'Alain Lefeez mais j'ai eu tort. Je considère que ses remarques et le poème de Jacques Prévert méritent une meilleure vitrine. Il écrit à la suite des propos de Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l'UMP :
« Très choquant en effet. Inadmissible. Je me souviens avoir étudier "La chasse à l'enfant" de Prévert quand j'étais en primaire. Prévert avait écrit ce poème pour protester contre les autorités suite à la noyade d'un enfant qui s'était enfui du bagne de Belle-Île. La maîtresse d'école nous avait pourtant assuré que ces temps là n'existaient plus. »
CHASSE À L'ENFANT
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Au-dessus de l'île on voit des oiseaux
Tout autour de l'île il y a de l'eau
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Qu'est-ce que c'est que ces hurlements
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
C'est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l'enfant
Il avait dit j'en ai assez de la maison de redressement
Et les gardiens à coup de clefs lui avaient brisé les dents
Et puis ils l'avaient laissé étendu sur le ciment
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Maintenant il s'est sauvé
Et comme une bête traquée
Il galope dans la nuit
Et tous galopent après lui
Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
C'est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l'enfant
Pour chasser l'enfant, pas besoin de permis
Tous les braves gens s'y sont mis
Qu'est-ce qui nage dans la nuit
Quels sont ces éclairs ces bruits
C'est un enfant qui s'enfuit
On tire sur lui à coups de fusil
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Tous ces messieurs sur le rivage
Sont bredouilles et verts de rage
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Rejoindras-tu le continent
Rejoindras-tu le continent !
Au-dessus de l'île on voit des oiseaux
Tout autour de l'île il y a de l'eau.
JACQUES PREVERT
2 décembre 2008
« Matin brun » par Reynald Harlaut
C’est à la nouvelle de Franck Pavloff que j’emprunte le titre de ce billet. Car ce matin, à lire et à entendre les nouvelles, j’ai le vague à l’âme. La semaine passée, c’était l’entrée en débat à l’Assemblée nationale de la future loi sur l’audiovisuel public avec, entre autres pour objectif, la nomination du président de France-Télévisions par le président de la République. Une régression abyssale de la liberté de l’information.Il y a quelques jours, c’était la décision prise d’abaisser de 13 à 12 ans l’âge minimum d’incarcération des mineurs, après celle de ramener la majorité pénale de 18 à 16 ans. Avant-hier, c’était l’arrestation dans des conditions inadmissibles d’un journaliste de Libération, pourtant pleinement justifiées par Mmes Alliot-Marie et Dati.
Hier c’est Daniel Mermet qui consacrait son émission « Là-bas si j’y suis » à la résurgence à peine déguisée du fascisme en Italie, en Padanie précisément. Ne cherchez surtout pas la Padanie sur une carte : elle n’existe pas. C’est le nom donné à un territoire d’Italie du Nord, centré sur la plaine du Pô, formé des régions du Piémont, de la Lombardie, de l’Émilie-Romagne et de la Vénétie. Sous l’inspiration d’Umberto Bossi, le leader des Ligues Lombardes, des habitants de plus en plus nombreux militent pour la sécession de ces régions, les plus riches de l’Italie, au motif qu’ils rejettent en bloc le transfert des richesses vers les régions moins favorisées comme l’Italie du Sud et la présence des étrangers : albanais, roumains, roms, etc…
Déjà des milices se sont constituées, l’hymne existe : c’est le Chœur des esclaves de Nabucco de Verdi et ils revendiquent leur ascendance celte qui leur garantit ce teint clair. Imaginons-nous en France que la région Île-de-France, la plus riche, déclare qu’elle en a assez de financer la Creuse et la Lozère et qu’elle entend désormais garder son argent pour elle ? Comment aurions-nous pu réaliser la Communauté européenne avec des raisonnements pareils si la solidarité entre pays riches et pays pauvres, à l’époque, à l’exemple de l’Espagne, du Portugal, de la Grèce et de l’Irlande, ne s’était exercée pour leur offrir les moyens de leur développement ?
Et ce matin, c’est le député Frédéric Lefebvre, porte-flingue du président de la République qui remet sur le tapis l’idée du déterminisme génétique à la délinquance et l’idée de ficher et de surveiller les enfants dès l’école maternelle.
Jusqu’à quand allons-nous nous taire et supporter cela ? Vers quel type de société pensez-vous que nous mène la clique qui aujourd’hui gouverne la France ?
« Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les juifs, je n’ai pas protesté, je n’étais pas juif. Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai pas protesté, je n’étais pas catholique. Puis ils sont venus me chercher. Et il ne restait personne pour protester. »Martin Niemöller (1892-1984)
Reynald Harlaut
Frédéric Lefebvre est un provocateur (suite)
« C’est une idée qui est extraordinairement choquante pour quiconque considère que l’enfance doit être respectée. On ne peut pas prétendre qu’à trois ans la vie d’un enfant soit ainsi jouée». Voilà ce qu'a déclaré François Bayrou, ce matin, en apprenant la suggestion du député Lefebvre (lire ci-dessous) de détecter les délinquants potentiels et les troubles du comportement chez les enfants de trois ans. Je souhaite que le Parti socialiste monte au créneau rapidement pour couper l'herbe sous le pied de cette proposition révoltante.
Marie-Laure Guerrier à la Galerie Complément d’Objet
Pour terminer l’année 2008, Denis Goudenhooft a choisi de présenter les œuvres récentes de Marie-Laure Guerrier. C'est à la fin de ses études d'histoire de l'art et de psychologie que Marie-Laure Guerrier découvre la terre. "Je n'avais jamais touché la terre. Je me suis prise au jeu." Auprès de Jean Girel et de Daniel de Montmollin, elle a appris son métier de céramiste.
Ses sources d'inspiration sont variées et semblent parfois éloignées de la céramique : design, nature, littérature religieuse... Pour elle, l'art doit avant tout servir à essayer d'éclairer ce que c'est que d'être homme. Il existe pour humaniser davantage le monde.
Marie-Laure Guerrier travaille la porcelaine pour ses qualités tactiles et pour son aptitude, grâce à sa transparence, à capter et à réfléchir la lumière. Ce sont ces spécificités alliées à la dureté, qui, au long des siècles, fascinèrent les Occidentaux confrontés au secret de la porcelaine chinoise.
Matériau complexe, il est le plus exigent pour le céramiste, car il réclame la plus haute température de cuisson (autour de 1400°C). Il peut "casser" à chaque stade de l'élaboration d'une pièce : au séchage, au biscuitage, à l'émaillage, à la cuisson et au sortir du four...
Cherchant elle-même ses propres émaux, l'artiste reconnaît la difficulté de sa technique.
En quête de pureté, de sensibilité, les créations de Marie-Laure Guerrier défient l'équilibre et les proportions par leur extrême délicatesse. Semblable à une forme de recueillement, son travail s'effectue dans la solitude, le silence et le dépouillement .
Marie-Laure Guerrier vit et travaille en Bourgogne, entre Cluny et Châlon-sur-Saône.
Reynald Harlaut
Exposition du 30 novembre au 28 décembre 2008
Complément d’Objet, Les Fiefs – 27340 MARTOT
ouvert du jeudi au dimanche de 14h30 à 19h00
contact@denis-goudenhooft.com
M. Lefebvre est un immense provocateur
M. Frédéric Lefebvre, député UMP, est un immense provocateur. Ne vient-il pas de réactiver le débat qui avait mis les psychiatres, enseignants, parents en émoi lorsqu'il était question d'agir « préventivement » à l'école maternelle pour identification des futurs délinquants.
Ce gouvernement et cette majorité ne sont pas raisonnables. Non seulement, ils veulent mettre les enfants de 12 ans en détention mais en plus, ils voudraient qu'à partir de trois ans (voire moins !) on enquête sur la personnalité de bambins jugés (par qui ?) inadaptés à une vie en société, la société des enfants de la crêche ou de l'école maternelle. Je ne connais pas beaucoup d'enfants qui se laissent faire quand on leur prend le jouet qu'ils aiment ou qu'ils ne veulent pas prêter. Je ne connais pas beaucoup d'enfants qui, à un moment ou un autre de la journée, ne se « frottent » pas à un autre bambin parce que ceci ou parce que cela. Sont-ils des criminels en puissance ? Sont-ils condamnés à la marginalité définitive ? Comme le dit avec un humour consommé un lecteur du journal le Monde : « l'enfant que porte ma femme dans son ventre lui a donné un coup de pied, comment dois-je faire pour le dénoncer anonymement ? »
Mais où vit-on ? Dans quel pays sommes-nous ? Quels sont ces gens qui nous gouvernent et qui ne savent pas eux-mêmes se gouverner ? Je souhaite que les paroles de M. Frédéric Lefebvre ne restent pas sans réponse. Un immense mouvement de colère doit se lever. Il faut faire taire ces pré-fascistes. Ils nous annoncent un monde sans pitié.
Ce gouvernement et cette majorité ne sont pas raisonnables. Non seulement, ils veulent mettre les enfants de 12 ans en détention mais en plus, ils voudraient qu'à partir de trois ans (voire moins !) on enquête sur la personnalité de bambins jugés (par qui ?) inadaptés à une vie en société, la société des enfants de la crêche ou de l'école maternelle. Je ne connais pas beaucoup d'enfants qui se laissent faire quand on leur prend le jouet qu'ils aiment ou qu'ils ne veulent pas prêter. Je ne connais pas beaucoup d'enfants qui, à un moment ou un autre de la journée, ne se « frottent » pas à un autre bambin parce que ceci ou parce que cela. Sont-ils des criminels en puissance ? Sont-ils condamnés à la marginalité définitive ? Comme le dit avec un humour consommé un lecteur du journal le Monde : « l'enfant que porte ma femme dans son ventre lui a donné un coup de pied, comment dois-je faire pour le dénoncer anonymement ? »
Mais où vit-on ? Dans quel pays sommes-nous ? Quels sont ces gens qui nous gouvernent et qui ne savent pas eux-mêmes se gouverner ? Je souhaite que les paroles de M. Frédéric Lefebvre ne restent pas sans réponse. Un immense mouvement de colère doit se lever. Il faut faire taire ces pré-fascistes. Ils nous annoncent un monde sans pitié.
1 décembre 2008
Dominique de Villepin est-il clair ?
Dans une interview qu'il a donnée au Parisien-Aujourd'hui en France, Dominique de Villepin met sévèrement en cause Nicolas Sarkozy. Il l'accuse d'être juge et partie. Il lui reproche d'être le maître du tempo judiciaire. Il va jusqu'à affirmer que rien dans le dossier ne met directement en cause l'actuel président de la République, qu'on y trouve seulement le nom de son père et que Nicolas Sarkozy n'a subi aucun préjudice. Selon l'ancien Premier ministre, la justice a été instrumentalisée pour lui nuire et le réduire politiquement avant les élections présidentielles.
Si je m'intéresse à cette interview, comme tout citoyen ordinaire, c'est parce qu'il s'agit de tout autre chose que de choisir la première secrétaire d'un parti politique que j'accompagne dans son évolution. Les télévisions, la presse écrite, les radios, en ont fait des tonnes sur le congrès de Reims, la discorde « permanente » entre les chefs socialistes. Depuis que Martine Aubry a pris les rênes de la direction du PS, bien des bémols ont été écrits sur la partition médiatique. Il ne s'agit, après tout, que de la conclusion d'un débat démocratique tranché démocratiquement. Les rieurs devraient d'ailleurs observer avec attention le fonctionnement des autres partis politiques français et s'interroger sur leurs pratiques (voir l'UMP) et sur le degré de démocratie qui y règne.
Revenons à Dominique de Villepin. J'écris qu'il s'agit de tout autre chose qu'une simple péripétie judiciaire. L'affaire clearstream met en cause un ancien Premier ministre, son ancien ministre de l'Intérieur et accessoirement l'ancien président de la République française qu'était Jacques Chirac. Et si M. Galouzeau de Villepin avait raison ? J'ai longtemps été intimement persuadé qu'il avait été plus ou moins complice de la mise en cause de M. Nagy-Bocsa sur le listing de la société luxembourgeoise Clearstream. Le temps passant, la lecture des notes du général Rondot aidant, les mises en cause de MM. Gergorin et Lahoud — qui vient de déclarer publiquement être celui qui a ajouté le nom du père du Président de la République sur la liste — confirmant des manœuvres destinées à nuire à ce dernier, me troublent. Peut-être sommes-nous abusés et aveuglés par la personnalité des deux adversaires ? Peut-être ne sommes-nous pas assez interrogatifs sur la personnalité de notre président quand on lit ce que certaines gazettes (françaises ou tchèques) lui font dire notamment quand il évoque les chefs d'état arabes ?
Vouloir « suspendre son adversaire à un croc de boucher » est une image forte, excessivement violente et barbare. Ce n'est qu'une image mais elle est de notre président. Le même qui répond au philosophe Michel Onfray : « Je ne suis pas d'accord avec vous. J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense. » L'homme qui privilégie la part de l'inné sur l'acquis (le savoir, la culture, le vivre ensemble) est un pessimiste. Chez cet homme la part de sincérité et de scrupule s'affaiblit. En un mot : à quoi bon puisque l'homme ne serait pas ou peu perfectible ? Et c'est le même qui veut libérer quarante détenus particulièrement méritants ! Que de contradictions ou de démagogie.
Que nous réserve l'année 2009 ? Dominique de Villepin part pour six mois en Bulgarie, en mission. Il aura le temps, sur les rives de la mer noire, de méditer, de ressasser, de préparer sa défense qu'il dit vouloir assumer totalement. Le duel ne fait donc que commencer.
Si je m'intéresse à cette interview, comme tout citoyen ordinaire, c'est parce qu'il s'agit de tout autre chose que de choisir la première secrétaire d'un parti politique que j'accompagne dans son évolution. Les télévisions, la presse écrite, les radios, en ont fait des tonnes sur le congrès de Reims, la discorde « permanente » entre les chefs socialistes. Depuis que Martine Aubry a pris les rênes de la direction du PS, bien des bémols ont été écrits sur la partition médiatique. Il ne s'agit, après tout, que de la conclusion d'un débat démocratique tranché démocratiquement. Les rieurs devraient d'ailleurs observer avec attention le fonctionnement des autres partis politiques français et s'interroger sur leurs pratiques (voir l'UMP) et sur le degré de démocratie qui y règne.
Revenons à Dominique de Villepin. J'écris qu'il s'agit de tout autre chose qu'une simple péripétie judiciaire. L'affaire clearstream met en cause un ancien Premier ministre, son ancien ministre de l'Intérieur et accessoirement l'ancien président de la République française qu'était Jacques Chirac. Et si M. Galouzeau de Villepin avait raison ? J'ai longtemps été intimement persuadé qu'il avait été plus ou moins complice de la mise en cause de M. Nagy-Bocsa sur le listing de la société luxembourgeoise Clearstream. Le temps passant, la lecture des notes du général Rondot aidant, les mises en cause de MM. Gergorin et Lahoud — qui vient de déclarer publiquement être celui qui a ajouté le nom du père du Président de la République sur la liste — confirmant des manœuvres destinées à nuire à ce dernier, me troublent. Peut-être sommes-nous abusés et aveuglés par la personnalité des deux adversaires ? Peut-être ne sommes-nous pas assez interrogatifs sur la personnalité de notre président quand on lit ce que certaines gazettes (françaises ou tchèques) lui font dire notamment quand il évoque les chefs d'état arabes ?
Vouloir « suspendre son adversaire à un croc de boucher » est une image forte, excessivement violente et barbare. Ce n'est qu'une image mais elle est de notre président. Le même qui répond au philosophe Michel Onfray : « Je ne suis pas d'accord avec vous. J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense. » L'homme qui privilégie la part de l'inné sur l'acquis (le savoir, la culture, le vivre ensemble) est un pessimiste. Chez cet homme la part de sincérité et de scrupule s'affaiblit. En un mot : à quoi bon puisque l'homme ne serait pas ou peu perfectible ? Et c'est le même qui veut libérer quarante détenus particulièrement méritants ! Que de contradictions ou de démagogie.
Que nous réserve l'année 2009 ? Dominique de Villepin part pour six mois en Bulgarie, en mission. Il aura le temps, sur les rives de la mer noire, de méditer, de ressasser, de préparer sa défense qu'il dit vouloir assumer totalement. Le duel ne fait donc que commencer.
Arrestation musclée d’un journaliste : sale temps pour les libertés
La Ligue des Droits de l'homme communique :
« Le 28 novembre 2008 à 6h30 du matin, la police sonne au domicile d’un journaliste du journal Libération. Il est, devant ses jeunes enfants, menotté, humilié, traité de manière insultante. En garde à vue, il sera contraint de se déshabiller entièrement et soumis à deux fouilles intégrales. Motif : 2 ans plus tôt, un commentaire avait été laissé sur le site de Libération par un internaute à propos d’une procédure judiciaire ; la personne visée par cette procédure avait porté plainte pour diffamation contre le journaliste, à l’époque directeur de publication. Affaire banale, la justice de la République en a traité des centaines.
Quelques jours plus tôt, la police recherche en Limousin les auteurs de plusieurs sabotages, dont la ministre de l’Intérieur elle-même reconnaît qu’il n’ont mis aucune vie en danger. Là encore, intrusion violente en pleine nuit dans les domiciles ; fouilles et arrestations d’une brutalité qui a provoqué l’indignation dans toute la région. Les personnes arrêtées, pourtant présumées innocentes, sont présentées à l’opinion comme de dangereux terroristes, en violation délibérée du secret de l’instruction.
Une semaine auparavant, le 17 novembre 2008, quatre gendarmes et un maître-chien font irruption à l’improviste dans dix classes du collège de Marciac, dans le Gers. Sans un mot, le chien est lancé à travers les classes. Les enseignants ne peuvent obtenir aucune explication. Trente jeunes « suspects » sont regroupés dans une salle, fouillés, parfois déshabillés ; leurs témoignages relatent des propos humiliants, menaçants et agressifs face à ces élèves tous traités comme des dealers présumés. En sortant, les gendarmes, qui n’ont rien trouvé, félicitent tous les élèves pour avoir « caché leur came et abusé leur chien ».
Point commun entre ces trois affaires : un journaliste à Paris, quelques villageois en Limousin, quelques dizaines de collégiens dans le Gers, sont présumés être de dangereux malfaiteurs et traités de manière brutale, humiliante et pour le moins disproportionnée par rapport aux missions de la police judiciaire.
Liberté de la presse, présomption d’innocence, droit des justiciables et simple respect en toute circonstance de la dignité des personnes : qu’est ce qui, dans l’attitude des autorités politiques, laisse croire à des magistrats, à des gendarmes, à des policiers qu’ils peuvent impunément ignorer toutes ces règles constitutionnelles et internationales de production des droits de l’Homme ?
La LDH considère qu’il est urgent de réagir contre des dérives de plus en plus inacceptables de pratiques judiciaires et policières qui deviennent incompatibles avec l’Etat de droit. »
« Le 28 novembre 2008 à 6h30 du matin, la police sonne au domicile d’un journaliste du journal Libération. Il est, devant ses jeunes enfants, menotté, humilié, traité de manière insultante. En garde à vue, il sera contraint de se déshabiller entièrement et soumis à deux fouilles intégrales. Motif : 2 ans plus tôt, un commentaire avait été laissé sur le site de Libération par un internaute à propos d’une procédure judiciaire ; la personne visée par cette procédure avait porté plainte pour diffamation contre le journaliste, à l’époque directeur de publication. Affaire banale, la justice de la République en a traité des centaines.
Quelques jours plus tôt, la police recherche en Limousin les auteurs de plusieurs sabotages, dont la ministre de l’Intérieur elle-même reconnaît qu’il n’ont mis aucune vie en danger. Là encore, intrusion violente en pleine nuit dans les domiciles ; fouilles et arrestations d’une brutalité qui a provoqué l’indignation dans toute la région. Les personnes arrêtées, pourtant présumées innocentes, sont présentées à l’opinion comme de dangereux terroristes, en violation délibérée du secret de l’instruction.
Une semaine auparavant, le 17 novembre 2008, quatre gendarmes et un maître-chien font irruption à l’improviste dans dix classes du collège de Marciac, dans le Gers. Sans un mot, le chien est lancé à travers les classes. Les enseignants ne peuvent obtenir aucune explication. Trente jeunes « suspects » sont regroupés dans une salle, fouillés, parfois déshabillés ; leurs témoignages relatent des propos humiliants, menaçants et agressifs face à ces élèves tous traités comme des dealers présumés. En sortant, les gendarmes, qui n’ont rien trouvé, félicitent tous les élèves pour avoir « caché leur came et abusé leur chien ».
Point commun entre ces trois affaires : un journaliste à Paris, quelques villageois en Limousin, quelques dizaines de collégiens dans le Gers, sont présumés être de dangereux malfaiteurs et traités de manière brutale, humiliante et pour le moins disproportionnée par rapport aux missions de la police judiciaire.
Liberté de la presse, présomption d’innocence, droit des justiciables et simple respect en toute circonstance de la dignité des personnes : qu’est ce qui, dans l’attitude des autorités politiques, laisse croire à des magistrats, à des gendarmes, à des policiers qu’ils peuvent impunément ignorer toutes ces règles constitutionnelles et internationales de production des droits de l’Homme ?
La LDH considère qu’il est urgent de réagir contre des dérives de plus en plus inacceptables de pratiques judiciaires et policières qui deviennent incompatibles avec l’Etat de droit. »
François Deluga élu député en Gironde
On disait le Parti socialiste à l'agonie. C'est tout juste s'il vivait encore. Les querelles de chefs, les votes sur les motions A, B,C,D… etc. qui plaisaient tant à François Fillon, les larmes de crocodile de Patrick Devedjian « sur la disparition d'une opposition crédible qui fait le jeu des extrêmes », tout cela a été effacé dimanche dernier, lors du second tour de l'élection législative partielle qui a eu lieu dans la 8e circonscription de Gironde (Arcachon) jusque là détenue par Marie-Hélène des Esgaulx, élue sénatrice en septembre. François Deluga, qui avait occupé ce siège de 1997 à 2002 l'a emporté largement avec 54,28% des voix contre 45,72%. Le taux d'abstention s'est élevé à 56,89%.
Il avait déjà créé la surprise dimanche dernier en arrivant en tête du premier tour dans cette circonscription du sud du bassin d'Arcachon, dont l'une des principales communes, La Teste-de-Buch, a basculé à droite lors des dernières municipales.
Jeudi, le Premier ministre François Fillon était venu soutenir en personne Yves Foulon, candidat du parti présidentiel, maire d'Arcachon et proche de Nicolas Sarkozy, lors d'une brève visite.
François Deluga sera évidemment accueilli chaleureusement par ses collègues du groupe SRC, demain, lors de son retour à l'Assemblée nationale. Ceux qui le connaissent conservent le souvenir d'un député travailleur et engagé. Il renforcera le groupe socialiste.
Il avait déjà créé la surprise dimanche dernier en arrivant en tête du premier tour dans cette circonscription du sud du bassin d'Arcachon, dont l'une des principales communes, La Teste-de-Buch, a basculé à droite lors des dernières municipales.
Jeudi, le Premier ministre François Fillon était venu soutenir en personne Yves Foulon, candidat du parti présidentiel, maire d'Arcachon et proche de Nicolas Sarkozy, lors d'une brève visite.
François Deluga sera évidemment accueilli chaleureusement par ses collègues du groupe SRC, demain, lors de son retour à l'Assemblée nationale. Ceux qui le connaissent conservent le souvenir d'un député travailleur et engagé. Il renforcera le groupe socialiste.
Monsieur de la palette…
La section socialiste de Louviers fermait la marche.(photo JCH)La municipalité de Louviers avait délégué ses représentants les plus emblématiques lors de la manifestation de soutien aux salariés de Tayco International. L'agglomération Seine-Eure était représentée par son président lequel avait pris, récemment, une initiative jugée à sa juste valeur par les syndicalistes mobilisés sur le front de la lutte sociale pour le maintien des emplois. Dans la semaine, le président avait fait livrer des palettes permettant d'entretenir la flamme du combat alors que des dizaines de palettes sont à disposition des salariés en lutte ! Ils en rient encore. « On aurait préféré qu'ils nous paient un coup de café chaud » a ironisé un syndicaliste bon connaisseur de la solidarité matérielle indispensable pour tenir des semaines sans salaire puisque la grève n'est, par principe, pas payée.
S'agissant du soutien des politiques, une discussion s'est engagée entre deux représentants syndicaux sur la place à leur laisser dans le défilé. L'un les voulait en queue de manifestation l'autre au milieu du cortège. L'évidence est que les travailleurs, d'abord, tiennent leur destin dans leurs mains. La seconde évidence est que des membres de partis politiques de gauche sont également syndicalistes et qu'ils tiennent bien leur place dans les organes représentatifs appelés à défendre les intérêts des futurs licenciés. La troisième évidence est que les élus de gauche assurent naturellement le relais entre le préfet, le chef d'entreprise, les salariés et qu'il sont là aussi pour pallier — dans la mesure de leurs moyens légaux et financiers — les conséquences sociales et économiques des licenciements.
Trois précisions : lors de la publication de mon article appelant à la manifestation de samedi dernier, j'ai publié une photographie sans indiquer que les deux personnes qui distribuaient des tracts à l'entrée de l'usine appartenaient au NPA (nouveau parti anticapitaliste). Pierre Vandevoorde a jugé que cette omission pouvait laisser penser qu'ils étaient socialistes. Non pas. Les socialistes sont à l'intérieur de l'usine (au CE notamment) et à l'extérieur, dans les équipes d'élus mobilisés pour soutenir les salariés et leurs familles.
D'autre part, j'ai omis de signaler la présence à la manifestation de Michel Ranger, vice-président du conseil régional et ancien premier secrétaire fédéral du Parti socialiste.
Enfin, la manifestation a pris fin dans les jardins de l'Hôtel de ville où Franck Martin, François Loncle et Marc-Antoine Jamet ont pris la parole après les interventions des représentants des différents syndicats impliqués dans la lutte.
30 novembre 2008
« Ici France télévisions, à vous l'Elysée »
La réforme de l'audiovisuel en cours d'examen à l'Assemblée nationale mérite que chaque Français la connaisse et la commente. Lorsque Nicolas Sarkozy déclarait en 1995 « Si je ne faisais pas attention , tous les jours je serais à la télévision jusqu'à ce que les télespectateurs en aient la nausée » il fallait le prendre au sérieux. C'est dire l'attention obstinée que porte le Président de la République à un outil dont il a compris tous les avantages. Sarkozy maîtrise ses prestations télévisées. Il les maîtrise d'autant mieux que les propriétaires des chaines privées, notamment TF1 et M6, appartiennent à sa coterie.
Ses déclarations récentes démontrent le mépris dans lequel il tient les présidents et personnels des chaines publiques : « Personne n'est là pour m'accueillir, toute cette direction il faut la virer. Je ne peux pas le faire maintenant mais ils ne perdent rien pour attendre. Ça ne va pas tarder. » Voilà comment le président s'exprimait en mars 2007 alors qu'il allait pénétrer sur le plateau du journal de France 3. Toujours en mars 2007, sur France 3 Lille, à propos d'un reportage sur un conflit à l'Imprimerie nationale, il commentait en direct : « J'ai déjà vu des reportages malhonnêtes mais de cette nature c'est assez rare. Je vous félicite, Madame…c'est quand même plus compliqué que le reportage sommaire quelque peu politique que vous avez osé présenter. »
Ces pressions sur les médias, elle existent à tous les niveaux. A Europe N°1, au Journal du Dimanche avec le limogeage d'Alain Genestar qui avait autorisé la publication en Une de Cécilia Sarkozy et de son ami. Depuis 2006 tous les membres du CSA (conseil supérieur de l'audiovisuel) ont été nommés par la droite. Le pluralisme dans l'audiovisuel n'a plus de superviseur. Nicolas Sarkozy entretient des relations amicales et fraternelles avec Martin Bouygues (TF1, LCI, Eurosport) Bernard Arnault (Les Echos, Investir, Radio classique…) Serge Dassault (Socpresse, Le Figaro) qui expliquait dans le Monde en 2004 : « les journaux doivent diffuser des idées Saines, car nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche. » C'est brutal, c'est direct mais ça le mérite de la franchise. Ajoutons Lagardère (Europe 1, Europe 2, RFM…) Bolloré (Direct 8, Havas, journaux gratuits) l'homme du yacht et la désormais célèbre croisière à Malte, Pinault, (Le Point)… sans oublier les menaces permanentes sur les journalistes avec les perquisitions qui se multiplient (Voir la garde à vue musclée du journaliste de Libération) les accréditations retirées (à une journaliste de l'AFP) le lilogeage de PPDA qui avait osé comparer Nicolas Sarkozy à une petit garçon lors d'une interview.
La loi présentée devant l'Assemblée nationale va priver les chaines publiques de ressources publicitaires soi-disant compensées par une taxe sur les recettes publicitaires des chaines privées et une autre taxe sur le chiffre d'affaires des nouveaux moyens de communication comme l'accès à Internet ou la téléphonie mobile. Les socialistes protestent contre l'absence de toute concertation préalable. Ils précisent : « Il est impossible de laisser le privé se développer sans donner les moyens nécessaires au secteur public. » Nicolas Sarkozy susbtitue une dépendance politique et financière à une soi disant dépendance de la publicité.
La réalité du projet de loi est qu'on aboutit à l'étranglement financier de France télévisions. La publicité sera supprimée dans la tranche horaire 20 heures-6 heures dès le 5 janvier 2009. Au 1er janvier 2001, toute ressource publicitaire sera supprimée. Cela entraînera une perte de recette d'un milliard d'euros pour les chaines publiques alors que l'instauration des deux taxes sur la publicité des chaines et des fournisseurs d'accès rapporteront 450 millions d'euros sans être directement affectées à France télévisions. Le PDG, Patrice de Carolis a pu déclarer : « le compte n'y est pas. » Le contat dressé par les députés socialistes qui se battent bec et ongles contre ce projet de loi c'est la sévère cure d'austérité à laquelle va être confrontée France Télévisions, la sous-évaluation des programmes de remplacement de la publicité, la privation de ressources pour développer France Télévisions dans les nouvelles technologies. Le fameux Frédéric Lefebvre, porte parole de l'UMP et relais direct de la pensée présidentielle, juge « nécessaire un plan social à France Télévisions. »
Si l'on ajoute que le projet prévoit la nomination des présidents de chaines par décret du président de la République, le contrôle parlementaire des nominations avec une domination de la droite outrageuse au Sénat qui rend ce contrôle totalement inoffensif, on en revient aux heures dangereuses de l'ex ORTF, cela ruine les acquis de la gauche qui, dès 1982, assurait la liberté éditoriale du service public de l'audio-visuel. Si le projet actuel est adopté, les présidents de chaine seront sous la tutelle directe du président de la République et du Gouvernement. On voit cela d'ici : les copains et les coquins vont s'en donner à cœur joie.
On a même entendu un certain Thierry Saussez, délégué interministériel à la communication du gouvernement, avancer l'idée de « préempter un espace sur les chaines publiques pour produire une émission expliquant la politique gouvernementale aux Français. » On a compris : la télé devient l'annexe du pouvoir, les médias télévisés sont à nouveau aux ordres. Le 26 juin 2008, Nicolas Sarkozy ne déclarait-il pas ? : « Mon souhait est que les groupes audiovisuels privés soient puissants. » Le groupe TFI a soutenu la campagne du président de la République actuel, il subit une sévère chute d'audience et une baisse de son chiffre d'affaires. TF1 récupèrera 300 millions d'euros de publicité ! Les patrons-amis peuvent dire tous ensemble : « Merci Nicolas ! »
Les propositions socialistes, par la bouche de Didier Mathus et François Loncle, principaux intervenants à l'Assemblée nationale contre le projet Sarkozy, sont simples : équilibre des nominations au CAS entre majorité et opposition, rénovation du CSA pour une faire une Haute autorité du pluralisme. Le secteur audio-visuel est un enjeu de démocratie, c'est un acteur du lien social et culturel, il doit être protégé et défendu comme n'importe quel autre élément du patrimoine français. Les socialistes préconisent des médias libres avec un financement pérenne du service public de l'audiovisuel, un développement assuré dans le secteur des nouvelles technologies, ils proposent de favoriser le développement des médias locaux, associatifs, coopératifs.
Quelques propositions pour la presse écrite : réforme des financements de la presse écrite en indexant les aides sur de nouveaux critères (volume du rédactionnel, nombre de journalistes, place réservée aux sujets sociétaux) fiscalité incitative pour réduire les prix et l'abonnement.
Autres propositions : création d'un statut des entreprises de presse s'apparentant à celui des fondations, attribution du statut d'entreprise aux entreprises éditrices du numérique avec toutes ses composantes, renforcement des droits des journalistes (protection des sources, reconnaissance juridique) développement des logiciels libres…
Ce court dossier a été réalisé grâce au document édité par le Groupe SRC, socialiste, radical et citoyen.
Après avoir lu toutes ces propositions qui seront votées et appliquées par la majorité de droite, on mesure combien le combat pour une télévision et une presse libres, indépendantes, pluralistes est aujourd'hui essentiel. « La victoire » idéologique de la droite (même provisoire) a emprunté le chemin des médias aux mains des grands goupes financiers de l'armement et adeptes de la concentration maximum. Nicolas Sarkozy est un homme dangereux puisqu'il fait ce qu'il dit et qu'il avait annoncé depuis des années des projets qu'il concrétise aujourd'hui. La gauche doit s'opposer frontalement à ce projet et le faire savoir aux Français.
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