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Christophe Castaner. (Var matin) |
Je viens de relire les
comptes-rendus de presse et les conclusions des commissions d’enquête
parlementaires créées après la journée tragique du 6 février 1934. Ce jour-là,
place de la Concorde, des ligues factieuses, des groupes d’extrême droite et
royalistes, à l’image de l’action française, sont partis à l’assaut du Palais
Bourbon avec la ferme intention de déposer les représentants de la nation alors
même que d’autres apprentis fascistes complotaient pour prendre le pouvoir. Il
est vrai que Mussolini avait donné l’exemple et que Hitler était devenu
chancelier.
Les forces de l’ordre, mal
organisées, sous le commandement d’un préfet novice et dépassé, tirèrent sur la
foule entraînant morts et blessés. La République résista mais pas le
gouvernement Daladier dont le président du Conseil décida de démissionner. En
faisant allusion à cette journée marquante de notre histoire, lors de sa
conférence de presse de samedi soir, et après les incidents graves commis par
des éléments incontrôlés, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, a
souligné le rôle ambigu de Marine Le Pen. Dans un tweet, la présidente du RN
(ex-FN) s’est interrogée sur les raisons qui ont conduit le gouvernement à
interdire toute manifestation sur les Champs Elysées, invitant de fait les Gilets
jaunes à se rendre sur la célèbre avenue.
Je ne crois pas que Marine
Le Pen ait jamais eu l’intention de renverser le gouvernement. Je ne crois pas
non plus qu’un danger fasciste imminent menace la République. Mais en rappelant
le 6 février 1934, le ministre de l’Intérieur réveille les mémoires et
réaffirme ainsi que la démocratie est fragile et qu’un réflexe séditieux existe
toujours dans l’ultra droite. Il ne faudrait pas pour autant que le
gouvernement considère qu’il est quitte. La révolte contre l’impôt,
l’augmentation des taxes, la stagnation — ou la baisse — du pouvoir d’achat
demeurent des priorités dans l’esprit d’une grande majorité de Français. La
paupérisation croissante oblige le Président de la République à constater qu’il
n’existe pas que des premiers de cordée. On attend avec impatience et une
certaine anxiété les annonces de demain.
« Make our buying power great again » autrement dit en Français : «
Rendez-nous un pouvoir d’achat consistant »
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