Sophie Montel, une députée du Front national, est
devenue spécialiste de la délation. Elle considère que son parti ne doit pas
être le seul à être inquiété judiciairement pour une suspicion d’emplois «
détournés » d’assistants parlementaires de députés européens. Alors que Marine
Le Pen, députée française, et quelques autres sont mis en examen et que le
Parlement européen ne peut plus soustraire ce qui lui est dû des indemnités
parlementaires des élus mis en cause, Mme Montel, après avoir dénoncé des élus
du MODEM, a passé la surmultipliée. Elle a, il y a quelques jours déjà, nommément
mis en cause Jean-Luc Mélenchon et des élus du Parti de Gauche, qu’elle accuse
d’avoir employé des assistants au service d’un parti politique et non des élus
européens.
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Le Parlement européen. |
Jean-Luc Mélenchon conteste
ces affirmations. Il a décidé de poursuivre Sophie Monel pour dénonciation
calomnieuse. Il jure ses grands dieux que jamais son parti n’a tiré un
quelconque profit du travail des assistants parlementaires payés par l’Europe
donc par les contribuables européens. Il ne comprend pas qu’on cherche à
pratiquer un amalgame pas très aimable pour celui qui demandait aux
journalistes animateurs des débats présidentiels télévisés de ne pas avoir des
« pudeurs de gazelle » et surtout de ne pas mettre tous les partis dans le même
sac de l’opprobre. Une enquête préliminaire a été ouverte. On verra plus tard ce
que décide le parquet.
D’ici à ce que d’autres
délations mettent en cause le Parti socialiste ou d’autres partis représentés à
Strasbourg, il y a un grand pas que je ne saurais franchir. Les instructions
judiciaires en cours parviendront peut-être à établir la réalité des emplois
qu’il faudrait bien appeler fictifs si les salariés en cause accomplissaient
des tâches autres que celles pour lesquelles ils étaient payés. J’imagine que les
responsables des partis en cause (FN, MODEM, PG…) ont préparé leurs arrières et
établi les contrats de travail en conséquence. François Bayrou avait l’air très
affirmatif et serein lorsqu’il a dû quitter le gouvernement mais comme le
diable se niche dans les détails et qu’une information judiciaire est désormais
ouverte, qui sait si un juge d’instruction plus rusé ou plus curieux, ne mettra
pas le doigt sur une anomalie coupable ?
Il est vrai que ces
pratiques — si pratiques il y a — appartiennent au monde d’avant. Un monde qui
n’avait pas encore fait de la transparence le nec plus ultra du comportement
politique individuel. Cette forme de terrorisme moral que la philosophe Anne Dufourmantelle décédée
accidentellement ces jours derniers en portant secours à un enfant qui se noyait, avait dénoncée dans
un livre essentiel.
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