20 juillet 2011

« Mon seul tort est d'avoir été transparent »

Dans une déclaration faite à une journaliste de La Dépêche de Louviers qui l'interrogeait sur l'écrêtement de ses indemnités au bénéfice de sa compagne Ghislaine Baudet, elle-même adjointe au maire de Louviers, Franck Martin a eu cette réponse historique : « mon seul tort est d'avoir été transparent. » Que je sache, la transparence, pour une homme politique, est une vertu et non un défaut ou un tort. D'ailleurs, cette transparence n'est pas une faveur accordée au public puisque la loi impose aux écrêtés de désigner les bénéficiaires des sommes qu'ils ne pourront pas toucher. C'est ainsi que le conseil municipal de notre ville a eu à examiner une délibération faisant de Ghislaine Baudet la bénéficiaire des 1425 euros de « trop perçu » par Franck Martin, délibération qui, comme chacun sait, suscita la réprobation des oppositions mais aussi l'abstention de certains membres de la majorité. Ce qui se passe après dans le couple est une affaire privée. On sait seulement que Franck Martin récupère une part de la somme, le solde permettant à sa compagne d'améliorer ses revenus compte tenu de sa «faible» retraite…

Dans la même interview, le maire de Louviers affirme que ses indemnités sont réinvesties en politique. Heureusement pour lui que ce n'est totalement le cas. Il s'appuie même sur un exemple caricatural en affirmant que la campagne des législatives de 2007 lui a coûté 40 000 euros ! C'est tout de même bien sa faute s'il n'a pu être remboursé par l'Etat de ses frais de campagne compte tenu du fait qu'il ne réussit pas à atteindre les 5 % de suffrages. Je sais bien qu'il voulait envoyer François Loncle au cimetière des éléphants du PS mais le fait est que les 4,7 % des voix obtenus par le candidat PRG furent pour ce dernier un enterrement électoral de première classe. Il a coutume de dire méchamment que « je suis mort politiquement »…(ce qui ne serait pas grave en soi) il se trouve que mon score des cantonales m'a permis de bénéficier du remboursement des sommes que j'avais engagées pour mener campagne soit plus de 10 000 euros. Il n'y aurait donc pas de quoi se plaindre.

La morale de l'histoire ? Le maire de Louviers est favorable au cumul des mandats et des indemnités. René Dosière, le député apparenté PS de l'Aisne qui veut moraliser la vie publique en luttant contre ce cumul a été rejoint par la majorité des militants du PS lesquels en ont fait une priorité pour les prochaines élections. Quand on sait l'attachement des élus à leurs mandats, on mesure la somme d'efforts qu'il faudra réaliser pour aboutir à cette évidence : moins les élus se dispersent, plus ils sont efficaces et disponibles.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

On sait ce qu'aurait fait F. Martin des amendements de René Dosière, s'il avait été député. Des amendements qui visent à limiter les privilèges des élus, en prévoyant notamment de laisser la part écrêtée dans les caisses de la collectivité plutôt que de la reverser à un proche, ne peuvent lui convenir. Il pourra continuer à écrêter en paix, sans perdre de plumes, les sénateurs de droite et le gouvernement de Sarkozy veillent au grain!
Sophie Ozanne

Anonyme a dit…

Dans un encadré de son dernier numéro, l'hebdomadaire Marianne aborde la question de l'écrêtement sous le titre : "Les Ceausescu du 92" :
"Député apparenté PS, René Dosière a planché sur un projet de loi visant à supprimer les petits arrangements des élus cumulards, autorisés à reverser le surplus de leur indemnités à un ou plusieurs élus de leur collectivité territoriale. Le plus bel exemple d'abus provient, comme par hasard, de Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine. Le maire Patrick Balkany, étant également député, dépasse le plafond autorisé. Il verse donc le surplus à une élue, qui n'est autre qu'Isabelle Balkany, première adjointe au maire. Les Balkany ne déçoivent jamais.
Les Martin-Baudet ne voulaient pas être en reste...
Reynald Harlaut