2 mars 2017

L'assassinat judiciaire dont parle François Fillon est surtout son suicide politique

Une pause ou une trêve judiciaire ! Voilà ce que Marine Le Pen et François Fillon exigent des magistrats. Empêtrés qu’ils sont dans des affaires qui les menacent, les deux candidats du FN et des Républicains cherchent par tous les moyens à éviter de faire face aux juges comme s’ils n’avaient pas la conscience tranquille. Et pourtant. L’occasion était belle de prouver leur innocence. N’est-il pas légitime, dans une démocratie digne de ce nom, que les Français soient complètement et correctement informés des conduites licites ou illégales de ceux et celles qui aspirent à les représenter ? C’est bien le moins qu’on puisse attendre des candidats à l’élection suprême alors que l’élu devra nommer les membres du CSA, du Conseil constitutionnel ou présider le Conseil supérieur de la magistrature…et assurer le fonctionnement normal des institutions.

Il me paraît aberrant que Marine Le Pen et François Fillon osent évoquer des « coups d’états institutionnels », un climat de « guerre civile », ou encore un acharnement judiciaire ciblé. Le Front national fait, depuis qu’il est présidé par Marine Le Pen, l’objet d’une quinzaine d’enquêtes pour détournements de fonds publics, emplois fictifs, favoritisme, entraînant plus d’une dizaine de mises en examen. La fille de JMLP menace même, aujourd’hui, de représailles les fonctionnaires au service de l’Etat (magistrats, policiers etc.) et non au service d’un « état patriote ». Cela promet si elle est élue, la chasse aux sorcières et d’ores et déjà ouverte ! François Fillon (bientôt mis en examen ?) son épouse et ses enfants vont, de leur côté, devoir affronter les questions de trois juges d’instruction animés par un seul objectif : la recherche de la vérité. Le reste n’est que poudre aux yeux et vaine tentative de passer pour des victimes. Quant à l’assassinat judiciaire, il vaudrait mieux pour François Fillon, utiliser le terme de suicide. Ses soutiens le lâchent un à un le condamnant soit à l’obstination soit à l’isolement.

J’ai la conviction que les noyaux durs des électeurs de Marine Le Pen et François Fillon ne bougeront pas d’un iota et que leur vote ira à leur candidat si ce dernier notamment, va jusqu’au premier tour. Mais il y aura un second tour, le tour décisif. Il importera, dès lors, que les électeurs(trices) soient correctement éclairés pour choisir en toute connaissance de cause celui ou celle qui les représentera pendant cinq ans. Je ne doute pas, comme aurait dit VGE, que les Français sauront alors faire le bon choix. A condition que les juges aient pu faire leur travail sans menaces ni entraves. Ils en ont la ferme intention.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Le pompon, dans ce contexte juridico-politique très tendu, c'est tout de même Hollande qui le tient selon le bouquin écrit pas 2 journalistes du Monde (un président ne devrait pas dire ça). L'Elysée n'a pas démenti les paroles : "Cette institution, qui est une institution de lâcheté...parce que c'est quand même ça tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux...On aime pas la politiques".
Alors venir faire la leçon à Fillon aujourd'hui pour dire qu'il ne peut devenir le garant de ce genre d'institution, alors que ce dernier réclame l'application de la présomption d'innocence et dénonce aussi le fait que le secret de l'instruction ne soit pas respecté (fuite vers la presse) et qu'inversement il y ait des auto-saisissements du parquet à partir d'articles de journaliste d'investigation (mais de manière très sélective...) montre bien qu'il y un hiatus ou que certains médias ont vraiment la mémoire courte. Les français s'en souviendront-ils le moment venu pour en tirer les conséquences ?