15 décembre 2010

« Tout juste bons à emballer le poisson »

les bancs de la presse lors de la dernière séance du conseil municipal(photo JCH)

Dans une saillie dont il a le secret, saillie verbale rapportée par le quotidien Paris-Normandie de ce jour, le maire de Louviers a exprimé son sentiment sur la presse locale : « Ces journaux (NDLR : La Dépêche et Paris-Normandie) tout juste bons à emballer le poisson. » Si le maire faisait les courses plus souvent il saurait qu'on n'emballe plus le poisson dans des journaux depuis fort longtemps.

Mais cette sortie appelle quelques commentaires. Franck Martin exprime, tout d'abord, le dégoût qu'il ressent à l'égard de journalistes libres, non liés à l'histoire politique de Louviers, observateurs neutres des événements et séquences lovériennes. Ensuite, il fait part du mépris avoué pour des journaux locaux dont l'objectif est avant tout de rendre compte de la vie locale au travers du prisme journalistique forcément soumis aux choix éditoriaux des professionnels de la presse et de leur ressenti personnel.

Il n'est pas surprenant que Franck Martin rende publics sous cette forme insultante ses sentiments profonds vis-à-vis de la presse locale. Il fait partie de ces politiciens habitués à être adulés, encensés, imbus d'eux-mêmes et surpris que la vox populi pense différemment. Il n'aime les journalistes que soumis. Il se trouve qu'à Louviers, ces professionnels changent souvent, qu'ils n'ont partie liée avec personne et ne font qu'exprimer leur liberté.

Cela m'amène à corriger quelques erreurs (volontaires ?) commises récemment par le maire de Louviers, dans Paris-Normandie Dimanche justement. Il affirme avoir été journaliste à la Dépêche de 1978 à 1994. Ce n'est pas exact. Il l'a été, en effet, mais seulement de 1978 à 1984. Ensuite s'il a continué d'être salarié de La Dépêche, c'est en tant que secrétaire général, «responsable» (dans le bon sens du mot) de la gestion de cette société contrainte de déposer le bilan dans les années 93-94 après des années de mauvaise fortune.

En 1994, lors de la vente de La Dépêche au groupe Hersant (1) qui a mis 17 millions de francs sur la table (et non 14) Franck Martin n'a pas trouvé quatre millions de francs ! Il a proposé la création d'une SCOP (2) (je l'ai d'ailleurs suivi dans cette aventure) mais nous n'avons pas été capables de rendre crédible notre offre. Peut-être veut-il parler alors de l'offre de La Dépêche du Midi de Jean-Michel Baylet (actuel président du PRG) arrivé dans le dossier bien tardivement et bien faiblement au plan financier.

Les leçons de tout cela ? Il ne faut jamais accuser les journalistes de ses propres turpitudes. Quand on raconte l'histoire, il ne faut pas la réécrire car il se trouvera toujours un témoin pour corriger les erreurs et rétablir la vérité.

(1) Philippe Hersant n'avait, en juillet 1994, qu'un rival sérieux : le groupe Méaulle. Ce dernier mit la même somme que lui devant le tribunal de commerce d'Evreux mais ne fut pas retenu. Ce groupe racheté par Ouest-France depuis est, aujourd'hui, le propriétaire de La Dépêche… comme quoi !

(2) Une Société coopérative et participative (Scop) est, en droit français, une société commerciale, société anonyme ou société à responsabilité limitée. Soumise à l’impératif de rentabilité comme toute entreprise, elle bénéficie d’une gouvernance démocratique et d’une répartition des résultats favorisant la pérennité des emplois et du projet d’entreprise. Ses salariés-coopérateurs y sont en effet associés (ou « co-entrepreneurs ») majoritaires et détiennent au moins 51 % du capital et 65 % des droits de vote. Par ailleurs, quelle que soit la quantité du capital détenu, chaque coopérateur ne dispose que d'une seule voix lors de l'assemblée générale de l'entreprise. (source wikipédia)

14 décembre 2010

Hortefeux recadré par Fillon après sa défense des policiers faussaires

« Quand un ministre me corrige, ça va, c'est quand il y en a plusieurs que ça pose des problèmes. » Voilà ce que pourrait dire Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, désavoué par le Premier ministre François Fillon, hier, après que Michel Mercier, ministre de la Justice, avait déjà assuré que les juges faisaient bien leur travail.

François Fillon reconnaît que les actes des policiers condamnés à plusieurs mois de prison ferme sont « injustifiables ». Et pourtant Hortefeux avait regretté une peine « disproportionnée » pour de faux témoignages, des faux en écritures publiques et surtout la mise en cause d'une personne totalement innocente risquant la prison à perpétuité. Il s'est trouvé deux cent policiers pour manifester leur soutien aux collègues condamnés en première instance avec gyrophares et trompettes ! Il s'est même trouvé des syndicats de police pour soutenir les faussaires !

La police est au service des citoyens et de la République. Elle n'est pas là pour défendre des gens dévoyés. Des gens qui renforcent le sentiment de méfiance à son égard pour ne pas dire un sentiment d'hostilité dans certains quartiers. En rappelant Hortefeux à plus de mesure et de considération pour les institutions, François Fillon veut éviter les dérapages. N'est-ce pas la première fois, en effet, qu'un ministre s'exonère de respecter la séparation des pouvoirs pourtant indispensable à la bonne marche de la démocratie ? Hortefeux a voulu l'Intérieur. Il serait sans doute mieux à l'extérieur.

13 décembre 2010

Monsieur le censeur bonsoir !

La séance du conseil municipal de ce soir était la première depuis celle du 15 novembre. Fameuse séance durant laquelle le maire s'est emporté contre le public et les élus de gauche suite au rassemblement organisé par l'association pour l'amélioration du cadre de vie et de l'environnement.
Ce soir, les élus de l'opposition de gauche ont souhaité expliquer leur position et lire une déclaration ce qu'a empêché le maire dans un nouvel acte de censure. Claudine Duteuil, Nathalie Bellevin et Philippe Thouement ont donc décidé de quitter la séance pour exprimer leur farouche opposition aux méthodes du maire.


Je suis heureux de publier leur texte : « Les incidents qui ont eu lieu lors de la dernière séance du conseil municipal sont révélateurs d’un profond malaise. Depuis des années, cette assemblée ne fonctionne pas normalement.
Le maire ne supporte aucune opposition. Il veut avoir raison sur tout et tout le temps.
Il interrompt les orateurs, ne répond pas aux questions, méprise ses interlocuteurs dès qu’un opposant ou un argument le gêne.
Lors de la dernière séance, dès son début le maire s’est énervé.
Perturbé par le rassemblement auquel certains d’entre nous participaient, il a instauré un climat de tension palpable dans tous les rangs des groupes du conseil.
Nous le disons clairement : cette conduite est inadmissible.
Et pour parachever son œuvre, le maire a censuré les tribunes dites libres des trois groupes d’opposition et destinées au journal municipal.
Nous ne pouvons plus accepter ces dérives antidémocratiques.
Afin de montrer notre réprobation nous ne participerons pas à cette séance.
Monsieur le censeur, bonsoir ! »
Les quatre conseillers d’opposition PS-PC-NPA

Message pour François Fillon

Bulletin météo de ce lundi soir :
« Le froid s’installe sur le pays pour toute la semaine et avec lui la succession de perturbations plus ou moins actives. Ces nouvelles chutes de neige seront faibles dans l’ensemble mardi et mercredi sur certaines régions de la moitié nord. Elles deviendront plus soutenues de jeudi à samedi avant une atténuation dimanche.
Jeudi, il conviendra de surveiller l’évolution de la perturbation pluvio-neigeuse qui arrivera par la Manche. Elle pourrait donner des chutes de neige conséquentes sur la moitié nord en cours d’après-midi et soirée.
Vendredi, risque de fortes chutes neige au sud et averses de neige fréquentes au nord.
Samedi, ce risque de neige concernera un grand quart nord-ouest. Il se décalera dimanche sur les régions du nord-est.
Où que vous soyez, suivez l'évolution de la situation en appelant le numéro court 3201*
A très bientôt sur www.lachainemeteo.com

Deux millions d’euros par an, le «confortable» salaire de M. Proglio

Un salaire de deux millions d’euros par an. Vous avez bien lu. Deux millions d’euros par an, c’est le salaire que recevait M. Henri Proglio jusqu’à la fin de 2009, en tant que PDG de Veolia.

M. Henri Proglio a été nommé par l’Élysée PDG d’EDF à la fin de 2009 avec un salaire de seulement 1.600.000 euros par an. C’est pourquoi il voulait conserver la double casquette EDF et Veolia. Devant le tollé que cette exigence totalement indécente a suscité, le gouvernement lui a donné un an pour abandonner totalement ses fonctions au sein de Veolia. Ce qui lui a permis d’empocher de cette dernière en 2010, comme président du conseil d’administration, la somme de 450.000 euros. Et de ne subir en 2010 aucune perte de salaire à la suite de son changement d’employeur.

Avouez qu’avec seulement quelques 10.000 euros par mois, l’écrêté de la rue au Coq nous la joue petit bras. Mais, solidarité oblige, il continue de défendre bec et ongles Veolia. Ira t-il jusqu’à lancer une souscription en 2011 afin de venir en aide à ce malheureux Proglio qui va ainsi perdre 450.000 euros ? Le verra t-on tenir la sébile sur le marché de Louviers comme l’ont fait certains de nos camarades pour venir en aide aux grévistes en difficulté ? C’est la question que nous pourrions lui poser. Notre écrêté qui a déclaré au dernier conseil municipal qu’en raison du montant très confortable des indemnités qui leur ont été accordées, les salariés licenciés de chez Henkel n’avaient vraiment pas à se plaindre.

Tout de même, qui peut aujourd’hui, quel qu’il soit, justifier un salaire de 2.000.000 d’euros par an ? Payé par nous tous dans le prix du mètre-cube d’eau qui nous est facturé. Et pour lequel le président de la CASE nous affirme sans sourciller que c’est là le juste prix.

Reynald Harlaut
Parti de Gauche

Une question écrite de François Loncle : « il en va de la réputation de la France »

M. François Loncle attire l'attention de M. le Premier ministre sur le fait que le Président de la République aime se déplacer régulièrement à l'étranger, soit pour entreprendre une visite officielle soit pour participer à des réunions internationales. Ces voyages lui sont certainement très profitables et instructifs, car ils ouvrent de nouveaux horizons, permettent d'appréhender d'autres réalités, d'approfondir ses connaissances géographiques, historiques et culturelles.

Néanmoins, l'attitude du chef de l'État doit être exempte de tout reproche, car il fait figure, aux yeux des populations étrangères, de premier ambassadeur de la France. C'est souvent à travers sa personne qu'est jugé notre pays. C'est pourquoi il lui demande de veiller au comportement du Président de la République à l'étranger, afin que celui-ci n'oublie pas la dignité qui sied à sa fonction. Il insiste notamment sur le respect par le Président de la République d'un principe de décence auquel ses cinq prédécesseurs n'ont jamais dérogé, à savoir : ne jamais aborder à l'extérieur des questions de politique intérieure.

Or le Président de la République ne cesse, au cours de conférences de presse ou de déclarations publiques, de multiplier les références à des affaires domestiques, voire évoquer des scandales internes qui ne concernent nullement les Portugais, les Coréens ou les Américains lorsqu'il se trouve dans leur pays. Il souhaite également qu'il rappelle au Président de la République qu'il doit manifester la plus élémentaire courtoisie à l'égard de ses hôtes étrangers, en évitant d'arriver en retard aux réunions internationales, en ne partant pas prématurément, en respectant les traditions culinaires des pays visités, en ne paraissant pas s'ennuyer lors des cérémonies officielles, en n'ayant pas des altercations ou des gestes inappropriés à l'égard de ses homologues auprès desquels il risque de passer pour « impulsif », « susceptible » ou « autoritaire ». Il en va de la réputation de la France.

Quelques réflexions d'actualité

La déclaration de Marine Le Pen comparant la prière des Musulmans marseillais dans une rue, faute de mosquée, à l'occupation nazie pendant la dernière guerre mondiale relève d'une pure provocation et d'un remarquable sens politique. Elle est bien la fille de son père constatent les commentateurs médiatiques et politiques. Qui en doutait ? Marine Le Pen a vocation à diriger le Front national en exprimant la même xénophobie, les mêmes fantasmes, les mêmes obsessions que son père.
Qu'on ne s'y trompe pas. Ces déclarations reprises en boucle par les médias ne désarmeront pas les 27 % de Français qui ont une opinion favorable de Mme Le Pen-fille. Au contraire, plus on en parle et plus on favorise la propagation d'idées nauséabondes. Je ne crois pas un seul instant que Marine Le Pen sera présente au second tour de l'élection présidentielle de 2012. Ce que je crains, c'est la surenchère de la droite dite populaire. Ces Vanneste et autres Ciotti, ces UMP prompts à dégainer leurs tasers et leurs flashs balls idéologiques avec un seul but : faire mourir le message humaniste du siècle des Lumières. Marine Le Pen joue sur les peurs, les angoisses, les inquiétudes.

Météo-France annonce des chutes de neige copieuses en milieu de semaine avec une couche épaisse, notamment en région parisienne. Après la pagaille de la semaine dernière et les déclarations imprudentes autant que mensongères de François Fillon accusant les prévisionnistes au lieu de balayer la neige devant sa porte, le ministre des transports prend ses précautions.
Il a déclaré ce matin qu'il fallait s'attendre à de gros problèmes si la neige attendue se décidait à tomber. Plutôt que de prendre les décisions adéquates avec la mise en place d'un plan préventif au plus haut niveau politique et technique, M. Mariani préfère se faire le devin de mauvaises nouvelles. Il pourra toujours dire comme Nathalie Kosciusko-Morizet le fit : « On doit attendre que la neige tombe pour qu'on puisse la ramasser. »

Brice Hortefeux, le ministre de l'Intérieur, vient au secours des sept policiers condamnés à de la prison ferme pour fausses déclarations et faux témoignages. Il juge la peine infligée par le tribunal de Bobigny « disproportionnée ». Un syndicat de policiers a osé déclaré au sujet d'un syndicat de magistrats : "Connu pour receler les pires idéologues de la culture de l'excuse quand il s'agit de remettre dehors à tour de bras les trafiquants de stupéfiants, braqueurs, auteurs de tentatives d'homicide".
Le ministre et les policiers sont-ils au-dessus des lois ? Peuvent-ils tout se permettre ? Un état de droit peut-il résister à de pareilles agressions ? Heureusement, M. Mercier, ministre de la Justice, a remis les pendules à l'heure en indiquant que les juges de Bobigny travaillaient dans des conditions tendues, difficiles et que leur décision n'était en aucun cas attaquable. C'est si vrai qu'une Cour d'appel vient de confirmer la décision d'un juge d'application des peines de Bobigny insulté et vilipendé pour une remise en liberté fort critiquée mais conforme au droit !

Le conseil municipal de Louviers se réunit ce soir. Au programme, le schéma de cohérence territoriale approuvé par les délégués de la CASE. Il sera donc approuvé par les élus de Louviers. Plus intéressant sera de voir comment se comporte le maire. Sera-t-il apaisé et détendu ? Sera-t-il remonté et prêt à en découdre dès la première seconde ? Souhaitons qu'il laisse au repos son cerveau reptilien et fasse appel à son intelligence évoluée. Ce n'est pas si difficile.

12 décembre 2010

« Il n'y a qu'un seul président : Alassane Ouatara » par Oulai Bertrand Goué

Suite aux articles publiés par François Loncle et Marc-Antoine Jamet, j'ai reçu ce texte d'un étudiant ivoirien, Oulai Bertrand Goué, vivant en France mais en lien direct avec son pays. Son éclairage est plus qu'intéressant.

«Laurent Gbagbo n'est porté ni par une légitimité populaire ni par une légalité constitutionnelle. Alors qu'une importante majorité d'Ivoiriens a désigné Alassane Ouattara comme Président de la République, avec 54,10% des voix, Laurent Gbagbo compte sur le soutien de certains officiers de l'armée pour imposer un pouvoir illégitime et illégal.

Le Conseil constitutionnel, en annulant le vote d'environ 600 000 électeurs répartis dans sept départements de Côte d'Ivoire (soit 13% des suffrages exprimés) a fait preuve d'une profonde injustice et a renforcé l'idée à l'origine de la crise sociopolitique; idée selon laquelle il existe deux classes d'Ivoiriens : ceux qui ont le droit de vote et ceux qui ont l'obligation de vote. Le Professeur de Droit et Président du Conseil constitutionnel a décidé de baillonner la volonté de démocratie de tout une partie de la population ivoirienne là où le droit lui donnait la possibilité de faire reprendre les élections si tant est que des irrégularités ont été constatées ; lesquelles ont été contestées par le camp de La majorité Présidentielle du candidat sortant Laurent Gbagbo.

La portée d'une telle décision est infiniment importante pour le peuple de Côte d'Ivoire lorsque l'on se rappelle le caractère décisif de cette élection qui a pour but de régler le problème de la crise identitaire fortement ressentie par nos compatriotes du Nord du pays. L'enjeu de ce scrutin c'était aussi de rassembler les Ivoiriens, dire aux uns et aux autres que dans la nouvelle Côte d'Ivoire que nous construisons, tous comptent autant les uns que les autres.

Il nous a semblé que c'était cela l'objectif des 1.500 soldats des Forces Armées de Côte d'Ivoire déployés dans la partie Nord du pays : sécuriser le deuxième tour de l'élection dans le but d'éviter la fraude et permettre que les résultats qui seront proclamés soient acceptés par toutes les parties. Qu'est-il advenu du mandat de ces soldats payés par le contribuable ivoirien ? Comment expliquer que nos militaires n'aient pu protéger le scrutin et que des irrégularités et violences aient pu avoir lieu au point ou Yao N`dré et le Conseil constitutionnel aient décidé d'annuler le vote de tous ces Ivoiriens ?

En fait de « graves irrégularités qui auraient entaché la sincérité du scrutin », il n'en est rien. Ou du moins les irrégularités constatées n'ont pu de par leur ampleur empêcher l'expression du choix des Ivoiriens. Comme au Nord, quelques violences ont été constatées, avec regret, dans le Sud mais sans que le vote n'ait pour autant été annulé dans cette partie du pays. Parlant des violences, Young-Jin Choi, Le représentant du Secrétaire général et Chef de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) indique avoir demandé au commissaire de police de l'ONUCI de collecter les rapports sur les violences le jour de l'élection et qu'il en ressort que « sans aucune incertitude, il y a eu moins d'actes de violence au Nord qu'à l'Ouest. » Encore une fois pourquoi le vote à l'Ouest du pays n'a-t-il pas été soumis à la logique du Conseil constitutionnel de Yao N'dré ?

Maintenant supposons que l'ONU soit le méchant «machin» que les Occidentaux et notamment notre meilleur ennemi la France ont mis en place en vue de déposséder les Ivoiriens de toutes leurs richesses sur toute l'étendue du territoire national. Comment expliquer que dans leurs rapports, certains Préfets de l'Etat de Côte d'Ivoire et notamment ceux des Savanes, de la Vallée du Bandama et du Worodougou n'aient indiqué aucune violence majeure tendant à influencer le choix des électeurs le jour du scrutin ? Ces préfets vont même plus loin lorsque lors d'une conférence de presse post-élection (le 8 Décembre 2010), ils disent « seulement réaffirmer aux yeux du monde et de nos compatriotes que les élections se sont bien déroulées dans nos circonscriptions comme l’attestent les différents rapports à la hiérarchie et publiés dans la presse. » Il ne s'agit donc pas de fraudes et d'irrégularités comme à la base de la décision du Conseil constitutionnel de Yao N'dré, mais bien d'une manœuvre tendant à confisquer le pouvoir.

Et même lorsque l'on fait un retour en arrière pour observer la célérité exceptionnelle avec laquelle le Conseil constitutionnel de Yao N'drée s'est saisi de la proclamation des résultats de l'élection au motif que la Commission Electorale Indépendante (CEI) aurait été au-delà du délai de trois jours à elle imparti, on est amusé du manque de logique des animateurs de cette institution. Car en réalité, les résultats du premier tour de l'élection ont été proclamés par cette même CEI bien au-delà du délai imparti sans que le Conseil constitutionnel de Yao N'dré ne s'en émeuve.

Mais la question qui mérite d'être posée à notre sens c'est de savoir comment Laurent Gbagbo, au nom du démocrate qu'il prétend être peut-il justifier son coup de force et s'arcbouter sur le fait qu'il ait, lui, décidé de « suivre le droit et ses procédures subséquentes », en portant simplement réclamation auprès du Conseil constitutionnel de Yao N'dré alors que son adversaire aurait été passif, ignorant des procédures légales ?

La manœuvre est trop facile et nous amène à penser que, pour peu, Yao N'drée aurait fait annuler le vote dans le Nord du pays s'il était advenu une pluie le jour du scrutin. Laurent Gbagbo sait que l'investiture ou plus exactement cette mascarade qui tient lieu d'investiture ne se fonde sur aucune légitimité issue du scrutin mais qu'elle n'est que pure invention et la manifestation d'un dictateur qui se révèle sur le tard.

Il y a aussi le fétichisme qu'une frange d'Ivoiriens voue au Conseil constitutionnel arguant que cette institution est le dernier recours et que sa décision est irrévocable et que si jamais Laurent Gbagbo n'était pas en fonction les Dieux nous tomberaient sur la tête. Soit. Mais que se passe-t-il si le Conseil constitutionnel ne respecte pas la Constitution de l'Etat de Côte-d'Ivoire qui dans son préambule indique que le peuple de Côte-d'Ivoire est « profondément attaché à la légalité constitutionnelle et aux institutions démocratiques » et qui dans son article 30 poursuit : « La République de Côte d'Ivoire est une et indivisible, laïque, démocratique et sociale. » Or dans le cas d'espèce, nous avons affaire à un déni de démocratie et donc les institutions qui sont prétendument représentées notamment celle du Président de la République sont mort-nées. On peut dire que l'acte d'investiture est réputé n'avoir jamais eu lieu parce que basé sur aucun fondement démocratique. Il est réputé n'avoir jamais été constitué.

Rappelons-nous un instant au fait pour une personne majeure de signer un contrat avec une personne mineure. Ce contrat serait qualifié de nul et nul effet parce qu'en violation du droit des contrats ; il serait dit n'avoir jamais été constitué. Si être Président de la République c'est signer un contrat avec une majorité des électeurs, Laurent Gbagbo n'a signé de contrat qu'avec lui-même ou à tout le moins qu'avec une minorité d'Ivoiriens qu'il veut imposer à une majorité. Laurent Gbagbo s'est autoproclamé Chef de l'Etat par le fait d'un acte de dictateur, avec la bénédiction de certains officiers de l'Armée qui se sont écartés de leur rôle de garant du caractère républicain de cette institution. Mais le fait est qu'en Côte-d'Ivoire il n'y a qu'un seul Président de la République, celui des urnes, et c'est Alassane Ouattara.

Oulai Bertrand Goué est Doctorant en Science de l'information, Diplômé de Science politique et de Commerce international
oulaibertrandgoue@gmail.com

11 décembre 2010

La pêche aux voix passe par la mare de Vironvay



Dans La Dépêche de cette semaine, le candidat PRG aux prochaines élections de mars 2011 dans le canton de Louviers-Nord fait six propositions censées améliorer la sécurité dans les communes du canton. Les six travaux d'Hercule PRG en quelque sorte. Je ne vais pas m'amuser à commenter l'ensemble du programme des candidats désireux de « virer » Leslie Cléret tant ils vont être nombreux à se bousculer au portillon du premier tour.

Simplement, je sélectionnerai, ici et là, tel ou tel élément démontrant le sérieux et la crédibilité des propositions avancées. Ayant moi-même une certaine expérience des campagnes électorales, je sais maintenant trier le bon grain de l'ivraie. Prenons donc, par exemple, l'implantation de caméras de vidéosurveillance dans les communes rurales !

Ah, citoyen, que ne ferait-on pas pour lutter contre le sentiment d'insécurité qui t'assaille, t'angoisse, t'étrangle ! Ah citoyen de Vironvay, comme tu dois être heureux, comme tu dois nager en plein Nirvana ! Hercule PRG nous apprend en effet que deux caméras de vidéosurveillance ont été implantées dans le village, autour de la mare ! Et Hercule PRG d'ajouter qu'il serait bon de poursuivre cet effort ailleurs…

Je me suis rendu sur place pour vérifier cette affirmation. Hercule PRG dit vrai. Les deux caméras (photo) orientées vers la mare surveillent un mannequin à bord d'une barque, un jet d'eau continue, une crèche de Noël…et des poissons tapis au fond de l'eau (photo). Encore heureux que l'investissement n'ait été supporté que par les contribuables de Vironvay. Ils pourront toujours demander des comptes à leur maire et s'interroger sur l'utilisation des impôts locaux. Vous vous rendez compte : des caméras pour filmer la mare 24 heures sur 24 !

Les campagnes électorales sont propices à la démagogie. Le maire de Louviers s'était distingué avec ses prises de position sur la réouverture (ou non) de la ligne de chemin de fer Evreux-Louviers. Son «non» autoritaire s'est transformé en «non mais» devenu un «oui mais». Lecteur-électeur, attention : la pêche aux voix peut aussi passer par la mare de Vironvay. Souriez, Hercule PRG, vous serez filmé !

10 décembre 2010

Imaginons que le président de la République vienne en visite dans l'Eure

Imaginons que Nicolas Sarkozy vienne prochainement dans l'Eure. Imaginons que ce soit mardi prochain par exemple. Imaginons qu'il effectue une visite dans la région de Vernon, je cite cette ville au hasard évidemment, va-t-on interpeller préventivement les responsables syndicaux les plus actifs et les moins dociles ?
Ce ne serait pas une vue de l'esprit après ce qui s'est passé au cours d'un voyage récent du président de la République en province. Pour avoir été moi-même présent à Bernay, dans le cadre de mon métier de journaliste, lors d'une visite du ministre de l'Intérieur d'alors, je peux dire que les mesures de protection de Môssieu Sarkozy sont efficaces, solides et aptes à maintenir tout protestataire à bonne distance. Nul besoin de coffrer en amont les suspects animés par la colère sociale et économique !