Ceux et celles qui s’intéressent
à l’histoire de la seconde guerre mondiale savent que les nazis ont mis du
temps pour aboutir à « la solution finale » de la question juive élaborée par
Heydrich et Himmler lors de la conférence de Wansee. La destruction des juifs d’Europe
a été l’obsession constante des hitlériens jusqu’à leur chute…finale. Lors de l’invasion
de l’URSS en juin 1941 (qui faisait voler en éclat le pacte germano-soviétique signé
par Ribbentrop et Molotov avec le partage de la Pologne) la Wehrmacht était précédée
par des commandos, les einsatzgruppen, dont la tâche immonde était de tuer un
maximum de juifs, enfants, femmes, hommes, de tous les âges dans les villes et
villages. Le leitmotiv était : tout juif doit être considéré comme un
partisan quel que soit son sexe ou son âge ! Pour procéder aux tueries de
masse, les nazis avaient mis au point ce qu’on appelle « la Shoah par balles ».
Mois après mois, les méthodes se sont affinées dans l’abject. Après les tueries
par balles, par définition individuelles, sont venues les tueries collectives
par asphyxie dans des camions transformés à cet effet. On utilisait les gaz d’échappement
quand les moteurs tournaient et les malheureux mouraient dans d’atroces
souffrances. Le point culminant fut évidemment la mise en service des chambres à
gaz avec l’utilisation du trop célèbre Zyklon B. Au total les historiens estiment
que six millions de juifs d’Europe ont été décimés par la folie meurtrière des
nazis.
Ce qui s’est passé en Israël,
le 7 octobre, est une réminiscence dramatique de la shoah par balles. Les
commandos du Hamas ont organisé un pogrom. Ils ont tué enfants, femmes, hommes,
de tous âges dans les mêmes conditions qu’en URSS dans les villages et le
kibboutz situé près de la ligne de démarcation avec Gaza. Des jeunes qui
faisaient la fête dans l’innocence et dans la joie, ont été fusillés, certains
décapités, d’autres enlevés pour servir d’otages. Le Hamas a, en effet, dans
son préambule idéologique, inscrit la disparition d’Israël et des juifs.
Cela étant, je ne comprends
pas que la gauche française, laïque, humaniste, ne soit pas unanime pour
condamner ce qui s’est passé le 7
octobre ! On ne peut pas mettre un signe égal entre ce qui s’apparente à
une forme génocidaire et la colonisation en Cisjordanie, déplorable sur bien
des points. La faute en incombe à Netanyahou. Il a composé un gouvernement des
plus extrêmes ouvrant la route au fanatisme religieux pour se protéger des
poursuites judiciaires engagées contre lui. Depuis des semaines, des centaines
de milliers d’Israéliens manifestaient dans les rues des villes de l’état hébreu
pour fustiger l’« agression » en cours contre le tribunal suprême.
Netanyahou avait la tête
ailleurs. En orientant la focale sur la Cisjordanie où il a massé 31 divisions
jour de shabbat, il a oublié, de
fait, les Palestiniens de Gaza et négligé la sécurité du front sud. Tôt ou tard
les Israéliens lui feront payer l’impéritie qui a conduit à des centaines de
morts et des dizaines d’otages de plusieurs nationalités dont des Français.
En France, l’unanimité s’est
— presque faite — pour condamner ce pogrom. Seule la France insoumise de
Jean-Luc Mélenchon a fait part d’une « pudeur de gazelle » comme l’a dit François
Ruffin (1) pour dénoncer les crimes du Hamas. Cette attitude de LFI ne sera pas
sans conséquences sur la NUPES. De nombreux socialistes ont condamné LFI et s’interrogent
sur la poursuite d’une coalition pétrie de contradictions. Les affaires
Quatennens, Chikirou, les mises à l’écart de militants et d’élus historiques,
le jusqu’auboutisme de Jean-Luc Mélenchon et de Mathilde Panot, présidente du
groupe LFI à l’Assemblée nationale, doivent conduire les partisans de l’Union à
questionner une gauche extrême adepte de la radicalité en tous lieux et en tous
temps.
Je pense à Philippe Brun,
notre député. Jusqu’ici il s’est montré loyal à la NUPES et il souhaite légitimement
que la gauche dans la circonscription ne se divise pas. Je le sais suffisamment
intelligent pour mesurer le gouffre qui, dorénavant, sépare les républicains
sincères des insoumis.
(1) François Ruffin assure
que la parole des insoumis n’a pas été à la hauteur du drame vécu par Israël.