19 juin 2018

Les « Ecrits de résistance » du « Français libre » Pierre Mendès France à la Fondation Jean Jaurès


PMF et le général De Gaulle à Louviers.
Quelle bonne idée d’avoir fait éditer les « Ecrits de résistance » de Pierre Mendès France. On y découvre plusieurs visages du grand homme. Le combattant rageur, courageux, animé d’une forme d’héroïsme nécessaire, le mari dont l’épouse et les enfants ne sont plus vus depuis plusieurs années, le politique, le « parlementaire » insatiable imaginant la France des années d’après-guerre. Les mois passés au sein du groupe Lorraine, les bombardements effectués sur la France afin de limiter les effets et la durée de la présence allemande ont permis à Pierre Mendès France de retrouver son honneur et sa dignité bafoués par le jugement inique de la justice de Vichy. « Français libre » — comme Romain Gary — PMF sous l’uniforme a retrouvé l’estime de lui-même et la confiance du général De Gaulle, lequel l’a d’ailleurs contraint de le suivre à Alger pour entrer au sein du gouvernement provisoire de la République.
Pour évoquer ces « Ecrits de Résistance », Vincent Duclert, de la Fondation Jean Jaurès avait invité en ce 18 juin — une date précieuse — les petits fils ou fils d’hommes de la France Libre mus par une émotion palpable et des historien(ne)s dont les propos brefs mais ciselés vous projettent dans le monde intellectuel sensible.
Michel Crémieux, Jean-Pierre Worms et Miguel Brossolette Franco se sont souvenus de leur jeunesse, quand parents et grands-parents narraient les récits et les actions de leurs fils dont la vie ne tenait qu’à un fil. Pierre Brossolette se défenestra pour échapper à la gestapo et ses tortures, Jean Worms fut pendu par les Nazis à Flossenburg comme agent des services secrets britanniques, seul Jean-Louis Crémieux-Brilhac put rentrer en France sain et sauf à la Libération, son seul regret étant de ne pas avoir participé les armes à la main au rétablissement de la République et de l’indépendance de la France. 
Les trois historiens invités : Anne Simonin, Stéphane Audoin-Rouzeau et Alain Chatriot, tous professeur(e)s éminents, au CNRS, à Sciences Po Paris ou encore à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales. Chacun(e) dans leur style aussi subtil que documenté ont commenté ces écrits de résistance. Ce qui domine : l’urgence ! L’urgence de combattre, l’urgence de vivre et de survivre, l’urgence de témoigner, pour soi-même et pour les autres. Leur découverte du personnage Mendès France, notamment avec ses carnets de guerre, les a surpris. Cet homme, droit comme un I, eut même l’obsession morale de réduire à néant (en attendant le jugement de cassation qui le maintint comme déserteur !) par le droit, pour le droit, cette atteinte à sa personne qu’il considérait comme un tout : patriote, juif, franc-maçon, homme de gauche, de progrès, parlementaire, aimé des Lovériens (qui le trahirent pourtant en 1958) dont la ville fut presque survolée par le groupe Lorraine…Il faut lire cette page dans laquelle le navigateur PMF, à bord de son bombardier, suggère « sa maison des Monts, ses arbres, son jardin » qu’il pourrait presqu’apercevoir.
Je vous invite, toutes affaires cessantes à vous procurer ces « Ecrits de résistance ». Ils font honneur à l’homme PMF dans toute sa complexité, ses contradictions mais aussi sa sublime solitude quand il lui faudra, plus tard, par exemple affronter des adversaires résolus, souvent antisémites, et qu’il se séparera du général De Gaulle qu’il avait pourtant tant admiré. Pour lui le 13 mai 1958 était un sale coup. Un coup d’Etat.
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18 juin 2018

Emmanuel Macron devrait lire (ou relire) attentivement la charte du Conseil national de la Résistance


Le Général De Gaulle lors de la Libération.
Ayant voté pour Emmanuel Macron, au second tour de l’élection présidentielle, surtout pour barrer la route à Marine Le Pen, je me suis imposé une cure de silence d’un an à l’égard de la politique qu’il conduit. Par souci de cohérence personnelle, je pensais qu’il fallait lui laisser le temps de développer son programme et d’entrer dans l’action avant d’approuver ou de condamner ces derniers.
L’année d’observation est passée. Un premier bilan peut être tiré. Et pour l’homme de gauche que je suis, le compte n’y est pas. Certes, le rayonnement international de la France s’est amélioré eu égard à l’« éclat » individuel du nouveau président et la force de ses poignées de main, mais la politique conduite dans l’hexagone est décevante voire détestable.
Et même si l’économie n’est pas tout, même si le chômage n’augmente plus, que la croissance donne des signes d’amélioration, l’attitude générale du gouvernement Philippe consiste à rogner tous les acquis, à remettre en cause en profondeur la charte du Conseil national de la Résistance de 1944. C’est pourquoi il est important de relire cette charte que beaucoup ne connaissent pas ou connaissent mal. De la relire en considérant que presque 80 ans de notre vie sociale et politique a été bordée par cette charte rédigée par des hommes et de gauche et de droite. Emmanuel Macron a voulu nous faire croire à une fable. Il faudra en attendre la conclusion pour en tirer la morale mais nous ne devons nous faire aucune illusion : les citoyens de gauche qui ont voté pour Macron — en tout cas au cours de cette première année — n’ont rien vu pour une amélioration de leurs conditions de vie, de leur pouvoir d’achat…

Une véritable démocratie économique et sociale
Sur le plan économique il est écrit :  « L’instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie; une organisation rationnelle de l'économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l'intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l'image des États fascistes; l'intensification de la production nationale selon les lignes d'un plan arrêté par l'État après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;
le retour à la Nation des grands moyens de production monopolisés, fruits du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurances et des grandes banques ; le développement et le soutien des coopératives de production, d'achats et de ventes, agricoles et artisanales; le droit d'accès, dans le cadre de l'entreprise, aux fonctions de direction et d'administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l'économie. »

Le droit au travail et au repos
Sur le plan social, que lit-on ? le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l'amélioration du régime contractuel du travail; un rajustement important des salaires et la garantie d'un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d'une vie pleinement humaine; la garantie du pouvoir d'achat national par une politique tendant à la stabilité de la monnaie; la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d'un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l'organisation de la vie économique et sociale; un plan complet de sécurité sociale, visantà assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l'État; la sécurité de l'emploi, la réglementation des conditions d'embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d'atelier; l'élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l'expérience de l'Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu'aux salariés de l'industrie, par un système d'assurance contre les calamités agricoles, par l'établissement d'un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d'accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d'un plan d'équipement rural; une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours; le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste. Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

L’instruction pour tous les enfants
La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l'instruction et d'accéder à la culture la plus développée quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires. »

Ils sont donc nombreux ceux qui veulent remettre en cause cette charte. Des représentants du MEDEF ont souvent protesté contre son contenu, la jugeant d’une autre époque et d’un autre monde. Emmanuel Macron, subtilement, cyniquement, la considère également comme un document dépassé. Sur certains points elle l’est (office du blé, colonies) mais sur d’autres, elle demeure plus que jamais d’actualité compte tenu de ses ambitions — pas toutes atteintes d’ailleurs — et du sentiment d’unité de la nation plus que jamais nécessaire. Je vous invite à méditer ce texte écrit après cinq années de guerre, de sacrifices humains et de destructions massives.

16 juin 2018

Fermer le collège Mendès France a forcément des conséquences sur les autres établissements de l'agglomération Seine-Eure

Il fallait bien que cela arrive. La fermeture du collège Mendès France de Val-de-Reuil a forcément des conséquences sur les effectifs des autres collèges de l'agglomération Seine-Eure. J'ai reçu dans ma boite aux lettres cette invitation à participer à une réunion publique le 19 juin prochain pour qu'il soit rendu compte des discussions entamées avec le Département s'agissant de la circulation et de la sécurité autour du collège du Hamelet de Louviers.
Soyons nombreux pour entendre les arguments de l'autorité du Conseil départemental à l'origine de la fermeture du collège PMF et les demandes des parents et des professeurs du collège local.

10 juin 2018

L'hommage de François Loncle à Maurice Séveno, disparu récemment…


Avant d'être député, François Loncle était journaliste à la télévision. Il a présenté le journal télévisé à maintes reprises et a donc côtoyé tous les journalistes de ce qui était la première chaîne voire la chaîne unique pendant longtemps. Il devint l'ami de Maurice Séveno et leur vie fut souvent une aventure partagée. Voici pourquoi Stanislas, le fils de Maurice Séveno, a demandé à François Loncle de dire quelques mots lors de la cérémonie d'obsèques organisée à la semaine dernière Paris en présence de la famille et de nombreux amis.
« Sous le ciel bleu et le soleil de Normandie, dans le paisible cimetière de Trouville, face à la mer, nous avons samedi matin, la famille et quelques amis, dispersé comme on dit les cendres de Maurice Séveno, notre Maurice, Momo comme l'appelaient Dominique  Merlin, Adolphe Drhey et ses bons copains. Maurice était devenu en quelque sorte partout et nulle part, mais nous savions tous et vous tous ici qu'il est désormais dans nos cœurs pour toujours.
Après 93 ans d'une belle et pleine vie, mais huit années d'effacement douloureux pour lui et tous ceux qui l'aimaient, un grand journaliste, un authentique personnage, un homme épatant nous a quittés....Quel rayonnement, quelle carrière, quelle aventure que le parcours de Maurice Séveno ! On ne peut pas tout raconter bien sûr, mais tout de même...
Au sortir d'actes de Résistance dans le Tarn où il combat et s'évade, Maurice entre à la radio (RDF) en 1944. Il y rejoint Pierre Sabbagh, Claude Darget, Jacques Sallebert, Raymond Marcillac et d'autres qui le côtoient dans la célébrité. Puis c'est la télé, rue Cognacq Jay. En 1949, il participe au premier journal télévisé  (vu par moins de 1000 téléspectateurs) avec Pierre Tchernia, Pierre Dumayet, Georges Sabbagh et une poignée de futures vedettes de ce qu'on appelait alors le petit écran.
Mais Maurice ne s'éternise pas. Au delà de la télé, il y a la vie, la liberté à laquelle il tenait tant.  Il devient attaché de presse du Lido, compose des chansons avec Boris Vian, travaille aux cotés d'Eddy Barclay, puis retourne à la radio (France Inter, Europe numéro 1, Radio Luxembourg) , avant de retrouver la télévision, où avec Léon Zitrone, Georges De Caunes, Jean Lanzi, il devient présentateur vedette du journal de 20h00.
Le 22 Novembre 1963, à 20 heures précise, on lui apporte une dépêche au moment même  ou il ouvre le journal comme présentateur unique. Une ligne: Attentat contre Kennedy.  En moins d'une demie heure c'est une incroyable dramatique qui se joue et que Maurice Seveno maitrise parfaitement.  20h29 :  le Président Kennedy est mort.
C'est la belle époque de la télé, celle d'autres grands journalistes, François de Closets, Frédéric Pottecher, Emmanuel de La Taille, Mario Beunat et tant d'autres, celle aussi du service des sports avec Roger Couderc, Thierry Roland, Robert Chapatte, François Janin, Michel Drucker.....Ce sont aussi les magazines d'infos auxquels  Maurice participe comme grand reporter: Ecouter Voir, 5 Colonnes à La Une, avec Pierre Desgraupes, Pierre Dumayet et Igor Barrère, puis Panorama.
C'est précisément la censure exercée par le gouvernement le 10 Mai 1968 à l'encontre d'une séquence de Panorama devant relater la révolte étudiante qui déclenche la longue grève de l'ORTF du 21 Mai au 19 Juillet. Incroyable mouvement civique, comme le qualifie justement François de Closets, qui aboutira à une vraie libération des ondes, un an plus tard grâce au Premier ministre Jacques Chaban Delmas, puis en 1981 avec les lois Fillioud que j'ai eu l'honneur de voter. Mais tout cela au prix du licenciement de 102 journalistes de la radio et de la télévision.
Maurice, président de l'Union des Journalistes de Télévision, a eu un rôle majeur dans ce combat à la fois cruel et victorieux. Exclu de l'ORTF, Maurice travaille alors à Télé Monte Carlo puis RTL,  écrit des livres ( Télé Mon Aventure, La Vie Traversée). Il joue au cinéma grâce à François Truffaut (notamment dans le superbe film "La Nuit Américaine") et Claude Lellouch. Il crée ensuite la structure audiovisuelle du Parti Socialiste UNITELEDIS avec Jean Pierre Locatelli . Il conseille François Mitterrand lors des campagnes présidentielles de 1974 et 1981, siège au conseil municipal de Trouville et réintègre la télévision pour deux années sur France 3. Il entre à mon cabinet du Ministère de La Ville et du Plan en 1992.
Maurice Séveno était fier et heureux d'avoir été fait et décoré Chevalier de La Légion d' Honneur par le Président François Mitterrand à l'Elysée. Puis la vie continue, ses passions, ses loisirs (les courses hippiques, le vélo) et ultime bonheur, la naissance de ses petits enfants....Je terminerai par une invitation, un conseil, regardez sur internet un document INA  (lien ci joint)
http://www.ina.fr/video/I00004312/pierre-tchernia-presente-l-equipe-du-journal-televise-de-1949-video.html
extrait d'une émission réalisée en 1971,  en public et en direct, où Pierre Tchernia célèbre l'anniversaire du premier  journal télévisé de 1949...on y voit Maurice ovationné. Cher Maurice je ne veux pas oublier une chose : nous avons beaucoup, énormément ri avec toi. »
François Loncle

6 juin 2018

Et maintenant…la classe sixième au lycée Jules Ferry !


Le professeur est M. Hervieux, enseignant en mathématiques. Nous sommes en 1958-59.
Mon ami Jean-François Le Campion me demande de publier ma photo de classe de 6e sur laquelle il figure, évidemment. Je m’exécute donc. On formait une belle et bonne équipe avec Yves Chédeville (trop tôt disparu) et quelques autres dont Jean-François Sicard, le fils du professeur de philosophie et qui nous enseignait l’instruction civique dès la 6e ! J’ai souvenir d’une exposition qu’il avait organisée sur l’art mexicain au Musée de Louviers, à une époque où l’enseignement de l’histoire — et notamment de l’histoire de l’art —occupait une place sensible dans le cadre d’un enseignement général équilibré.

5 juin 2018

« L'attaque » d'un essaim d'abeilles dans le cantal me laisse circonspect


L'essaim rentre à la ruche.©Jean-Charles Houel
Les articles de presse consacrés à la mort d’une nonagénaire du Cantal victime de plus de 200 piqures d’abeilles me laissent circonspect. De plus, trois personnes lui ayant porté secours ont également été piquées des dizaines de fois au visage et sur les membres dénudés. Les articles parlent, en effet, de « l’attaque » d’un essaim.Le mot « attaque » me dérange.

J’ai une petite expérience des essaims puisque j’en récolte un certain nombre chaque année et je peux dire que jamais je n’ai vu un essaim attaquer qui que ce soit. Certes, pour récupérer ce précieux butin d’apiculteur, il faut prendre quelques précautions, comme se voiler le visage par exemple, mais généralement, les abeilles gorgées de miel ne sont pas agressives.

Alors que s’est-il passé pour qu’on en arrive à ce drame ? J’avoue ne pas pouvoir avancer d’explications plausibles à 100 %. Un essaim en déplacement vole à une certaine hauteur et il se moque bien des humains qui vont et viennent en dessous de lui. L’essaim est guidé par des éclaireuses qui n’ont qu’un objectif : trouver un site favorable à l’implantation de la colonie. Comme l’essaim s’est posé non loin de « l’attaque », peut-être a-t-il rencontré la promeneuse fortuitement et il aurait suffi d’une piqure pour déclencher l’alarme générale, l’odeur du venin ajoutant au réflexe de défense (et non d'attaque) collective. Franchement, je pense qu’une autre explication non relatée encore par les témoins pourrait être avancée.

Dans le cas des nids de guêpes ou de frelons, on sait que c’est leur proximité qui déclenche l’acte de défense et donc d’attaque des hyménoptères. Idem pour les alentours immédiats d’une ruche. Mais un essaim n’est pas installé. Il n’a rien à défendre. Alors, s’il faut évidemment regretter la mort et les blessures graves infligées aux personnes du Cantal, il faudra comprendre comment une telle tragédie a pu se produire. Les abeilles suffisamment mises à mal par les maladies et les pesticides n’ont nul besoin d’effrayer le bon peuple surtout quand des campagnes visent à mieux les protéger et à mieux les aider à se développer.
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4 juin 2018

Quelques réflexions au débotté : le portrait de Lénine, « ma poule », pas de complot mais un héros, Diego Ortega futur maire de Louviers ? La classe de Serge Bove en 1956, 14 voix manquent à PMF en 1953…


Le portrait de Lénine dans la salle à manger
Faut-il faire tout un pataquès, comme Michel Onfray ne s’en est pas privé parce que Mme Garrido et M. Corbière, député de la France Insoumise, vivent avec le portait de Lénine dans leur salle à manger ? Pour le philosophe, cette présence imagée du dictateur du prolétariat en dit long sur l’admiration que peuvent porter les nostalgiques de la Révolution de 1917 en Russie ! Onfray affirme, sans crainte d’être démenti, que les théories de Lénine ne répondent pas aux critères démocratiques que certains révolutionnaires voulaient pourtant mettre en œuvre si bien que cette dictature a entraîné des millions de morts au nom d’une pureté théorique ou tout simplement en fonction de la folie d’un Staline…trop bon élève de son maître.
J’en connais qui vivent avec le portrait de Mao dans leur salon. Dans les années soixante dix et après mai 68, des esprits aussi purs que durs ont admiré le grand timonier lequel à force de révolutions culturelles aux métaphores poétiques, a permis l’assassinat programmé de tous ceux et toutes celles allergiques au régime forcé.
Attention, il y a portrait et portrait. Si l’auteur de l’un d’eux est Andy Warhol, il ne s’agit plus seulement d’opinion politique mais bien d’une œuvre d’artiste dont l’originalité mérite un regard particulier. Mme Garrido et M. Corbière nous apprendront-ils qui a signé la peinture ou la photo de leur environnement domestique ?

« Ma Poule » n’est pas la tienne
En appelant Brune Poirson, secrétaire d’Etat du ministère de l’écologie, « ma poule » dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, un député socialiste (pardon nouvelle gauche) a usé d’un ton familier quelque peu déplacé. Certes, l’honorable parlementaire s’est excusé auprès de la ministre mais quand même. A l’heure où la parole des femmes se libère, que des lois sont votées contre le harcèlement, les agressions sexuelles, le viol des mineur(e)s, on attend des représentants de la nation un langage plus châtié et surtout moins sexiste.
« Ma poule » a affirmé le député, est une expression qu’il attribue aux femmes…et aux hommes. Autrement dit, il s’agit d’un tic de langage qui, hier, portait moins à conséquence qu’aujourd’hui. La facilité et le sens étaient les mêmes mais le député avait moins conscience de catégoriser ses interlocuteurs(trices). Le monde change. Il serait bon que nos élus suivent le mouvement.

Pas de complot mais un vrai héros
Des médailles, une nationalité expresse, un travail chez les pompiers de Paris, Mamadou Gassama, le Spiderman du 18e arrondissement n’est plus un migrant sans papiers mais un Français admiré pour son courage. Comme il fallait s’y attendre, des esprits chagrins et d’extrême droite ne se sont pas privés pour inventer une théorie complotiste heureusement dénoncée en temps et en heure. Pour ces racistes et xénophobes, le sauvetage du petit garçon de quatre ans ne serait qu’une mise en scène destinée à valoriser ce Malien malin et à lui permettre d’intégrer la communauté nationale.
Au moment même où on apprend que des dizaines de migrants sont morts noyés en Méditerranée ce week-end suite au naufrage de leur embarcation et alors que le ministre de l’Intérieur italien Salvini leur promet la valise et un coup de pied quelque part, le geste de Mamadou Gassama nous incite à une réflexion posée. Elle n’exclut aucunement la responsabilité de l’Europe sur laquelle la Commission et le Conseil des chefs d’Etats et de gouvernements devraient s’interroger. Faute de solutions négociées, l’Europe court à la catastrophe humanitaire et politique.


Souvenir, souvenir…
Une classe de CM2 à l'école Jules Ferry de Louviers.
Comme vous le savez, j’ai fait don de mes archives photographiques au Musée de Louviers. En conduisant mes recherches dans des cartons pas ouverts depuis des décennies, j’ai redécouvert des photos de classe qu’on regarde toujours avec affection puisqu’il s’agit de notre enfance scolaire primaire.
J’ai plaisir à publier cette photo de mon CM2 dont l’instituteur était Serge Bove, un grand maître s’il en fut. J’ai également redécouvert les cahiers de cette année-là (1956-57). On apprenait et on savait beaucoup de choses qu’on appelle l’apprentissage de la culture générale. Tout simplement.

Diego Ortega, maire de Louviers ? Pourquoi pas ?
Diego Ortega annonce qu’il est partant pour les futures élections municipales à Louviers. Il a reçu le soutien de Franck Martin et de Marc-Antoine Jamet. Dans un texte mesuré et modéré, il explique pourquoi il veut changer la municipalité actuellement dirigée par François-Xavier Priollaud.
Diego Ortega connaît bien la ville de Louviers et la communauté d’agglomération Seine-Eure. Il a été cadre dans la fonction publique pendant 22 ans et continue d’apporter ses lumières aux futurs dirigeants des collectivités locales. Dans son programme, forcément succinct à ce stade, il veut briser les murs et rapprocher les citoyens des centres de décisions. Il lui reste deux ans pour constituer une équipe et composer une liste d’union à gauche qui n’est pas un gros mot. Il dit en effet appartenir à la fraction la plus à gauche des anciens radicaux de gauche. Comme le PRG a fusionné avec les radicaux valoisiens, il faut espérer que les électeurs sauront séparer le bon grain de l’ivraie.

Il manqua 14 voix à Pierre Mendès France
François Chapron m’écrit : « Le 3 juin 1953 Pierre Mendès France manquait de 14 voix sa première investiture comme Président du Conseil. Dommage que tant de vies aient été sacrifiées notamment à  Dien Bien Phu avant qu'il puisse mettre fin au conflit d'Indochine  et aux souffrances endurées des deux côtés. Sa volonté de paix et son courage manquent terriblement à  notre monde déboussolé, plein de dangers de violence, d'intolérance et de misère. »

30 mai 2018

Les copains-coquins du FN, Eric Woerth aime le liquide, Hulot avale le glyphosate, l'héroïque ami-migrant et sans papiers s'il vous plaît…


Vous reprendrez bien une rasade de glyphosate !
J’ignore si Nicolas Hulot utilisera ce prétexte pour rendre son tablier de ministre d’Etat mais le camouflet que lui a infligé l’Assemblée nationale sur le vote de non interdiction du Glyphosate devrait accroître son contentieux avec les lobbies de l’agriculture et le Ministre Travert. On sait que ce produit est dangereux pour la santé humaine et animale. On sait que cet herbicide puissant recèle des propriétés cancérigènes et que l’Europe a appelé à la fin de l’utilisation (dans trois ou cinq ans selon les pays) de ce produit.
Les députés qui, en majorité, ont refusé l’interdiction du glyphosate, ont donc été sensibles aux pressions, qu’elles soient extérieures à l’Assemblée nationale ou internes. L’argument avancé par le gouvernement est : «tant qu’on n’a pas trouvé de substituts au glyphosate », on permet aux agriculteurs d’utiliser leur stock ou de le renouveler. Pendant ce temps-là, on pollue à tout va et on va dans le mur en klaxonnant.

Pauvre Eric Woerth, la justice lui voudrait du mal ?
Moi aussi j’apporte mon soutien plein et entier à ce pauvre Eric Woerth, président de la Commission des finances de l’assemblée nationale et ancien trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy, notamment en 2007. Il vient d’être mis en examen dans le cadre de l’affaire dite du financement libyen de la campagne présidentielle de son ami Sarko. La police anticorruption a constaté une circulation d’espèces extravagante et le trésorier de la campagne aura à apporter des réponses aux questions des juges d’instruction. Quand je dis que je soutiens Woerth, c’est évidemment une plaisanterie. Il faut lire le communiqué de soutien de l’appareil des Républicains : à mourir de rire tellement il est hypocrite. J’imagine la tête du sénateur Roger Karoutchi. Elle doit être identique à celle qu’il faisait quand il a appris la victoire de Fillon lors de la primaire de la droite ! Une moue de dépit comme on en voit rarement !

Le FN soigne bien ses copains-coquins
Les comptes de campagne des candidats à la dernière élection présidentielle n’en finissent plus d’être disséqués, analysés, commentés par des journalistes scrupuleux qui ont bien raison de passer des heures et des jours à chercher la vérité. A vrai dire, aucun des candidats importants n’a présenté de compte impeccable. Tous et toutes font l’objet de remarques et de corrections mais à des degrés différents.
Ainsi, Marine Le Pen se fait remonter les bretelles après la découverte renouvelée d’un système de surfacturation habituel pour le FN. Les petits-copains-coquins de la présidente du parti d’extrême droite s’en sont donné à cœur joie pour récupérer l’argent du contribuable puisque, finalement, le financement des campagnes est assuré par tous les Français. Certaines dépenses sont remboursées, d’autres pas…il arrive même que la commission passe la patate chaude au parquet financier après la découverte de possibles délits. Une enquête préliminaire a même été ouverte pour éplucher les comptes de Jean-Luc Mélenchon qui crie à la vengeance, à l’injustice, à l’inanité…Victime il est, victime il reste. Comme d’habitude.

A la force du poignet
Le geste du jeune Malien venu au secours d’un petit garçon de quatre ans suspendu dans le vide a été apprécié à sa juste valeur : celle d’une forme d’héroïsme que tout un chacun admire. Agé de 22 ans, sans papier, ce migrant a été reçu en grandes pompes à l’Elysée où Emmanuel Macron lui a appris qu’il devenait Français et qu’il allait faire son entrée chez les Pompiers de Paris puisque tel est le choix qu’il voulait faire dans son imagination la plus délirante !
Si ce jeune homme a réussi, à la force des poignets à escalader quatre étages, le président de la République en a fait un peu trop devant caméras et appareils photographiques eu égard au peu de cas réservé à tous et toutes ces anonymes qui, après avoir quitté le Mali, le Soudan, le Niger…prennent tous les risques pour gagner l’Europe, ce coin de paradis qu’on atteint après avoir vécu l’enfer. Il faudra bien, un jour, que les Français  — pas seulement eux d’ailleurs — constatent le fait que de plus en plus d’étrangers originaires de l’Afrique, notamment, désireront vivre (ou survivre) en Europe occidentale. Il faudra bien que les gouvernants adaptent le pays, ses structures, ses usines, ses mentalités, pour apprendre une nouvelle vie, moins blanche mais pas forcément moins riche en échanges et en cultures partagées.


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Maurice Séveno, journaliste, est décédé à l'âge de 92 ans. A Louviers, il comptait quelques amis.


Maurice Séveno à Louviers aux côtés de JM Leloup. ©Jean-Charles Houel
L'ancien journaliste Maurice Séveno, l'une des figures de la grève de mai 1968 à l'ORTF, est décédé dans le Calvados à l'âge de 92 ans, a annoncé mardi l'ex-député François Loncle. Maurice Séveno, né le 6 juin 1925, a notamment participé à la présentation du premier journal télévisé en 1949 sur l'ORTF. Il a également présenté le Soir 3 au début des années 80 et dirigé l'information de FR3 (de 1981 à 1984).
Il a été l'un des meneurs de la grève de 1968 à l'ORTF, ce qui lui a valu d'être licencié et interdit d'antenne. Il fonde alors l'Union des journalistes de télévision, qui regroupe 70 journalistes (dont F. Loncle) licenciés comme lui de l'ORTF et qui se battent pour retrouver leur travail. Car Maurice Séveno était un militant, avec tout ce que ce terme réclame de courage et d'optimisme.
Il revient heureusement à l'antenne en 1981 à l'arrivée du Parti socialiste au pouvoir. Adhérent au PS, Maurice Séveno a été le conseiller de François Mitterrand pour la télévision, notamment lors de la campagne de 1981. Il s'investit aussi dans la radio, notamment la création des "radios libres". Il a aussi été conseiller municipal de Trouville-sur-Mer de 1989 à 2001. C’est dans une maison de retraite de cette ville qu’il a fini ses jours après y avoir passé quelques années au cours desquelles sa santé a décliné malgré les soins précieux qu’on lui prodiguait.
Parallèlement, il apparaît dans plusieurs films ("Le Soleil des voyous", "Vivre pour vivre", "La Nuit américaine"...) et est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages.
Proche de François Loncle, Maurice Séveno est souvent venu à Louviers où Claude Bellevin, récemment disparu, l’accueillait et où il comptait quelques amis parmi lesquels j’ai eu le bonheur de compter. Maurice était un homme cultivé, séducteur, il aimait irradier les groupes et les communautés qu’il animait avec brio. Et surtout avec beaucoup d’humour, ce qui manque tellement aujourd’hui. (avec AFP)


27 mai 2018

LERM veut imposer sa ligne, la bourde de Gérard Collomb, Adieu Pierre Bellemare, photo souvenir de médaillés lovériens

Pierre Bellemare est décédé
« Vous êtes formidables ! » C’était l’époque sans télévision. Le soir, les familles écoutaient la radio et certaines émissions devenues cultes au fil des années. Je me souviens de la voix de Pierre Bellemare, animateur radio exceptionnel, notamment avec une émission sur Europe N° 1 (ou radio Luxembourg ?) intitulée « Vous êtes formidables. » Il s’agissait déjà d’associer les auditeurs à des opérations humanitaires, c’est du moins le souvenir que j’en conserve. Comme Marcel Fort et Zappy Max, Pierre Bellemare appartenait à cette catégorie de voix particulières, familières, qui reste marquée dans les mémoires.
Pierre Bellemare est mort à l’âge de 88 ans. Il a bien mérité du grand service que fut la radio, sous sa forme publique ou privée. Depuis, il vendait sa notoriété sur des sites moins attractifs que la radio d’antan. Amener le téléspectateur à acheter un aspirateur ou un monte-escalier, c’est joindre le commerce au consumérisme, c’est aussi une façon de gagner sa vie. Pierre Bellemare est un exemple de longévité, un ami de plusieurs générations. Elles lui pardonneront des écarts pas toujours magnifiques mais modestes dans sa longue vie finalement interrompue.

Vive l'autonomie locale !
Pour bénéficier de l’étiquette « La République en Marche » les futurs candidats aux élections municipales devront signer une charte dans laquelle ils s’engageront à soutenir la politique du gouvernement et donc à approuver les actions d’Emmanuel Macron. Etonnant, non ? Pour m’être battu pendant des années en faveur de l’autonomie de l’action municipale, je récuse le fait de devoir mélanger les torchons et les serviettes, la politique étrangère et l’avenir de l’agglomération Seine-Eure par exemple.
Des photos, des affiches, des journaux…
Que la constitution de listes locales nécessite quelque homogénéité, soit. Que des accords entre partis, mouvements, groupes (que sais-je ?) soient passés, fort bien. Que des leaders se distinguent à tel ou tel niveau, pourquoi pas ? Mais je conteste absolument cet alignement national et vertical. Pourquoi, pour être élu à Louviers ou ailleurs, devrait-on signer un contrat national à l’opposé de cette autonomie de gestion si bien développée au soir du 14 mai par Hélène Hatzfeld ? Au fait, j’ai omis, ce soir-là d’inviter les Lovériens ou d’autres, possesseurs d’archives anciennes ou récentes, à les déposer au service municipal spécialisé. Elles seront analysées, classées et mises à la disposition des chercheurs ou de toute personne intéressée par l’histoire, qu’elle soit petite ou grande.

La bourde de Gérard Collomb
Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, est un chouchou du président Macron. L’ancien maire de Lyon a soutenu le président depuis ses débuts et il considère avoir œuvré (avec raison) à sa crédibilité et donc à sa victoire. Mais un ministre de l’Intérieur doit savoir utiliser les bons mots et tenir compte du contexte dans lequel il s’exprime. Avoir un micro en main et déclarer qu’il regrette que les manifestants soient les complices des casseurs en ne les empêchant pas d’agir est manifestement une déclaration plus que maladroite : une grosse bourde.
Une représentante de la CGT affirmait même que cette affirmation était « scandaleuse ». Elle l’est en effet. Le droit de manifester est un droit constitutionnel. Il appartient à l’Etat régalien (avec préfet et ministre) de veiller à la sécurité des manifestants et des biens. Faire respecter l’ordre et la loi, cela relève des forces de police et de gendarmerie. Le service d’ordre des syndicats ou des partis n’est pas une milice ou pire, un commando chargé de…charger les blacks blocs. Cela c’est le boulot des forces de l’ordre étatiques. Surnommé « son altesse sénilissime » par les mauvaises langues, la déclaration de M. Collomb va alimenter le moulin à sarcasmes. Avec raison cette fois.

Photo-souvenir des médaillés lovériens en 1968-69
Au cours de la soirée du 14 mai, il a fallu faire des choix cornéliens pour tenter de tenir dans une durée raisonnable. Lors de mes recherches, j’ai constaté avec bonheur, être possesseur de plusieurs photographies de la période 1965-1969 alors que je n’étais pas encore journaliste. Les négatifs en ma possession m’ont été donnés par les journalistes locaux de cette époque dont Jean Ouin-dit-Lacroix, Journaliste à La Dépêche et décédé prématurément en 1971.
Je propose à votre curiosité cette photographie de remise de médailles d’honneur départementale et communale par le maire d’alors, Le Dr Ernest Martin, agissant en compagnie de Serge Bove, premier adjoint et Paul Astégiani, secrétaire général de la mairie, en arrière sur le cliché.
On reconnaît : de gauche à droite : Mmes Farceau, Batrel, Langlois, Marinier, (une dame âgée dont je ne connais pas le nom) Le Dr Martin, MM. Marie et Marinier. Cette photographie date de 1968 ou 1969. Si quelqu’un peut me donner le nom de la dame située au centre du cliché, je lui restituerai son identité et sa fonction.