26 mai 2018

Ne désespérons pas de l'Europe : L'irlande autorise (enfin) l'interruption volontaire de grossesse

Dans les rues de Dublin. ©Gautier Houel
Les résultats définitifs ne seront connus que dans la journée de samedi mais, d’ores et déjà, le gouvernement irlandais annonce la victoire du Oui à l’autorisation de l’interruption volontaire de grossesse et ce dans des proportions éclatantes. Voilà donc un pays catholique à 80 % faisant fi des campagnes honteuses menées par les anti-IVG, conservateurs de tous poils, refusant de prendre en compte la détresse de ces milliers d’Irlandaises contraintes de prendre le bateau pour interrompre leur grossesse en Angleterre…ou ailleurs.

Dans une Europe devenue frileuse où les pouvoirs forts prennent de plus en plus de place et la régression des mœurs et des pensées avec (Hongrie, Pologne) cette victoire du Oui met du baume au cœur de tous ceux et surtout de toutes celles qui craignaient la capacité de conviction des mouvements dit « pro vie » (?) qui, après avoir traversé l’Atlantique, faisaient campagne dans les rues de Dublin avec des images et des concepts non scientifiques fondés sur des croyances religieuses ou morales d’un autre temps. Il est temps, en effet, que tous les pays démocratiques reconnaissent aux femmes leur droit de choisir non seulement le chemin de leur vie personnelle mais également de choisir d’avoir ou non un enfant. 

Pour ce faire, il faut absolument que les campagnes favorisant la contraception soient développées, expliquées et comprises. On sait aujourd’hui conjuguer une vie sexuelle épanouie et le désir d’enfant. Cette liberté de choix, interdite jusqu’aujourd’hui aux femmes irlandaises, est devenue réalité après un référendum engagé par le gouvernement dont le premier ministre lui-même, était en première ligne pour le Oui. On a remarqué le silence de l’église catholique officielle empêtrée dans des affaires de pédophilie lui interdisant de délivrer toute leçon de morale.
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15 mai 2018

Bien sûr la nostalgie. Bien sûr les retrouvailles. Le CAG tel qu'en lui-même au Moulin.


Hélène Hatzfeld et moi-même. © Patricia Houel-Deschamps
Bien sûr, il y a la nostalgie. Bien sûr, il y a longtemps qu’on s’était rencontrés. Mais nous avions tant à partager. Quelle belle soirée. Hélène Hatzfeld ! Quelle intelligence, quelle maîtrise des concepts, quelle domination dans l’ordre des idées. Jamais, elle n’a dérogé aux faits, à la chronologie, à la narration historique d’une vérité issue de cinq ans d’enquêtes, de recherches et d’écriture. 

En ouvrant le Moulin à l’histoire du Comité d’action de gauche, François-Xavier Priollaud a laissé se rouvrir la plus grande page d’émancipation que nos citoyens, quel que soit leur âge, ont connue au cours des quatre dernières décennies.
Il est vrai que le livre d’Hélène Hatzfeld (1) est un support indispensable pour comprendre comment une soixantaine d’hommes et de femmes liés par l’action, la nécessité de faire, de servir l’intérêt général, ou par des sentiments élevés ont partagé les meilleures années de leur vie militante. Comment une ville moyenne, menacée par la centralisation des pouvoirs d'Etat, l’ignorance des besoins ou l’agressivité d’une opposition active, est devenue un lieu de non violence pour les bébés, de liens solides entre les générations, et un creuset miraculeux pour l’expression libre, l’art, la culture placés au rang de priorités cela reste encore du domaine du mystère. Même la presse parisienne s'y est perdue !

Le duo formé par Hélène Hatzfeld et moi-même n’avait d’autre objectif que de restituer dans leur pâte originelle, les efforts, les batailles, aussi, conduites par Ernest Martin, d’abord et l’équipe Martin-Fromentin, ensuite, dans la lignée d’un Pierre Mendès France dont les mânes ont plané sur le Moulin pendant toute la soirée d’hier. Si on avait omis de saluer la mémoire du grand Lovérien, Françoise Chapron se serait fait un devoir de nous ramener dans le droit chemin. 

Heureusement, Hélène Hatzfeld n’avait rien oublié : ni « Devenir » ni l’autogestion avec son point d’interrogation, ni Wargny, ni le PSU, ni le fonds Singeot, ni les GAM, ni la démocratie participative, ni le service famille si essentiel dans le dispositif, ni la profession de foi de mars 1965, support définitif des 20 ans à venir, sans oublier le fameux « information, participation, contrôle » toujours d'actualité.

Dans son introduction, le maire s’est dit enrichi d’avoir découvert cette page d’histoire lovérienne qu’il a trouvée passionnante. Nous qui l’avons écrite, raturée, corrigée, embellie sans doute, nous ne nous lassons pas de la lire et de la relire sous la plume de Mme Haztfeld. Racontons la aux citoyens dont le seul devoir « est de ne point espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. » Cette citation attribuée à Guillaume d’Orange, Ernest Martin l’a prononcée devant moi tant de fois. Lui, jamais il ne baissa les bras. Jamais le désir ne fut absent de ses devoirs d’élu même en 1968 quand, stipendié par une droite apeurée, il prit la tête du cortège ouvrier afin d’ouvrir les routes des victoires futures.

(1) La politique à la ville. Inventions citoyennes à Louviers (1965-1983) par Hélène Hatzfeld. Éditions Presses universitaires de Rennes. 25 euros.

13 mai 2018

La mort d'Alain Lantenois, ancien adjoint d'Odile Proust, de 1983 à 1995


Il est difficile d’écrire sur la mort d’un adversaire politique. Trop de complaisance confinerait à l’hypocrisie et un ton par trop agressif ne siérait pas au respect dû à ceux et celles qui disparaissent. Adversaires politiques, nous le fûmes cependant, sans concession, sans compromis. Et les disputes entre nous, par journaux interposés, furent épiques autant que convaincues.
Élu au sein de la municipalité Proust dès 1983, Alain Lantenois avait la charge des finances et il en devint l’adjoint jusqu’en 1995 lors de la défaite de son équipe. Après la gestion Fromentin, le nouvel argentier trouva matière à polémiques. Tous les maires nouveaux s’appuient, en effet, sur des audits qui les arrangent. Dans ses interventions, Alain Lantenois mettait de la passion, de la fougue, habitué qu’il était à diriger une entreprise importante de la région de Gaillon (la CFPI) et à imposer un style qui admettait difficilement la contestation.
Politiquement, Alain Lantenois sans appartenir à ma connaissance à un parti (?) était très clairement favorable au RPR devenu UMP. Ce gaulliste convaincu, comme Odile Proust d’ailleurs, ne ratait pas une occasion de célébrer le souvenir de l'homme de la France libre.
Au plan local, ses accrochages verbaux avec Ernest Martin, d’abord et Franck Martin, ensuite, ont fait vibrer les murs de l’Hôtel de ville. Il m’arriva même, comme journaliste, d’être poursuivi pour diffamation devant le tribunal correctionnel d’Evreux pour avoir osé, dans un article, comparer Alain Lantenois à « un Pinochet au petit pied » dans l’affaire du Drugsport et du musée Wakévitch dont l'inauguration fut marquée par quelques incidents. Le tribunal n’accepta ni ma bonne foi, ni la vérité des faits que j’avais cru pourtant établir. Je fus condamné à lui verser 1000 francs de dommages et intérêts sous la forme d’un chèque que jamais il n’encaissa. Il préférait donc les victoires symboliques à la recherche du profit immédiat.
Dernier sur la liste de François-Xavier Priollaud, lors des dernières élections municipales lovériennes, pour marquer le lien entre la droite ancienne et la droite nouvelle, Alain Lantenois se contentait du rôle du sage, prodigue en conseils, d’autant que sa compagne, Marie-Dominique Perchet occupe le poste d’adjointe en charge des Affaires Générales, de la Politique Sociale, du Logement et de la Démocratie Municipale.
Atteint d’un cancer depuis plusieurs mois, Alain Lantenois est décédé à l’âge de 81 ans. Une cérémonie religieuse aura lieu à l’église Notre-Dame mercredi.

10 mai 2018

"Embaumer l'héritage pour mieux s'en débarrasser" : Le NPA de Louviers joue les redresseurs de torts à peu de frais


Lors du conflit Zimmerfer le CAG n'a pas attendu la LCR pour aider les grévistes en lutte. © Jean-Charles Houel
Je me demandais d’où viendrait l’attaque. Je ne suis pas déçu, elle vient du NPA. Comme disait Ernest Martin, le propre des partis politiques c’est de s’occuper du contenant et rarement du contenu. Pourquoi cette réflexion ? Parce que le NPA (voir La Dépêche d’aujourd’hui) juge iconoclaste le fait d’avoir accepté du maire de Louviers un débat public autour d’un livre sorti (1) récemment et consacré à l’action du Dr Martin, ancien maire, d’abord et du comité d’action de gauche ensuite. Pour le NPA, il s’agirait d’un embaumement, de quoi torturer les mânes de ceux et celles qui sont disparu(e)s et surtout les âmes de ceux qui survivent. Je ne sache pas que le NPA ou son ancêtre, la LCR, ait été directement partie prenante de l’action du Comité d’Action de Gauche sauf à participer, ici ou là, à des défilés et des cortèges…de protestation ce que le NPA sait le mieux faire.

Le NPA remarque avec sagacité que le maire porte l’étiquette UDI. Une étiquette droitière. Et que donc, son but serait d’enterrer définitivement l’histoire du CAG et celle de ceux qui la racontent. Voilà donc une vision simpliste et sectaire de l’histoire. Personne n’est dupe : ni le maire, ni Hélène Hatzfeld, ni moi-même. Il faudrait en effet être bien naïf pour ne pas imaginer que l’offre d’ouverture du maire est dénuée de toute arrière-pensée. François-Xavier Priollaud est Parisien. Il n’a pas toute la mémoire des dernières décennies lovériennes dont celles qui nous intéresseront lundi soir 14 mai à 20 h 30 au Moulin. Pourquoi n’en profiterait-il pas pour faire preuve d’une largesse institutionnelle qui ne l’engage pas politiquement ? Pour lui et pour nous-mêmes, il s’agira d’évoquer un moment d’histoire. Pourquoi Hélène Hatzfeld et moi-même refuserions-nous la proposition d’un maire élu démocratiquement par les Lovériens et qui n’impose ni n’exige quoi que ce soit des orateurs invités ? Comment le contraire serait-il même imaginable ? 

Dans l’interview qu’elle donne à La Dépêche aujourd’hui, Hélène Hatzfeld précise bien les rôles de chacun : « Cette soirée, nous l’avons préparée ensemble, Jean-Charles Houel et moi. Il va présenter des photos, rappeler qui sont les personnes photographiées et à quelle occasion ces photos ont été prises. Je ferai les commentaires historiques et politiques. »

Ensuite, il y aura débat. Chacun (même un membre du NPA) pourra prendre la parole librement soit pour abonder en remarques, soit pour préciser le récit, soit encore pour exprimer des critiques et notamment celles concernant l’organisation de la soirée. Hélène Hatzfeld et moi nous répondrons à toutes les questions liées à ces inventions citoyennes qui, à l’évidence, marquent encore durablement l’histoire de notre ville.

(1) « La politique à la ville, inventions citoyennes à Louviers (1965-1983). Editions Presses universitaires de Rennes. Le livre sera en vente lors de la soirée de lundi.
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6 mai 2018

La fête à Macron ou la fête aux « journaleux » ?


Le métier de François Ruffin (notre photo Libération) c’était, si j’ai bien compris, journaliste. Avec son journal Fakir, il avait réussi à fédérer un certain nombre de Français, ceux de Nuit debout et ceux favorables aux thèses économiques de Frédéric Lordon notamment. Quand on est un vrai journaliste on l’est pour toujours. Entre temps il est devenu député de Picardie, membre du groupe de la France Insoumise. Ce groupe est dirigé de main de maître par un Jean-Luc Mélenchon au mieux de sa forme surtout quand il s’agit de « se faire » les journalistes.

Ainsi, une manifestation organisée par un journaliste ( Ruffin et la fête à Macron) se transforme en une manif contre la presse, manif que Benoit Hamon juge « festive, apaisée, joyeuse. » De « la Fête à Macron » on est passé à « la fête aux journaleux » : Camion de télévision viré, pare brise de la voiture de France Info cassé, voiture de BFM vandalisée, jet d’œufs sur les photographes et sur les reporters, manquerait plus qu’une femme de presse ou qu’un membre d’une rédaction soit molesté. Quand je pense que Jean-Luc Mélenchon vantait la non violence comme moyen politique de conviction. Il est vrai qu'il n'est pas l'auteur des bavures.

Dans une démocratie normale, dans une démocratie républicaine donc, la presse jouit du privilège de bénéficier de la liberté. La liberté ? On a vu ce que cela donnait chez Charlie Hebdo. Il arrive que le prix à payer pour cette liberté soit très élevé en dignité et en vies humaines. Alors, pourquoi s’en prendre à la presse quand il s’agit surtout de contester la politique d’un gouvernement élu démocratiquement et qui devra un jour dégager, s’il dégage, après le verdict des urnes. Même le général De Gaulle en mai 1968, bien mal en point, s’est résolu à solliciter les suffrages des Français qu’il a d’ailleurs convaincus.

« La démocratie c’est un état d’esprit » affirmait Pierre Mendès France. Jupiter semble n’avoir retenu de la 5e République que la verticalité celle que permet une constitution écrite pour le général De Gaulle et dont ses successeurs de sont accommodés. Il va sans dire que la violence et le mépris de certains des propos présidentiels ne favorisent pas la recherche du compromis ou mieux du consensus. Cela tombe bien : Jean-Luc Mélenchon n’aime ni le compromis ni le consensus. C’est tout ou rien. Il lui faudra cependant attendre son tour, patiemment, jusqu’aux élections européennes, d’abord et municipales ensuite, pour tenter de faire une vraie (cette fois) fête à Macron. Si je lis les sondages les plus frais, Jean-Luc Mélenchon n’a pas encore atteint le seuil de crédibilité susceptible de lui ouvrir les portes du pouvoir. Il n’est pas tout seul d’ailleurs puisqu’il a vu 160 000 participants, hier à Paris, alors qu’un comptage indépendant…des journalistes n’en a constaté que 39 000…à quelques unités près. La crédibilité commence par la vérité.
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28 avril 2018

Trois réflexions au débotté : l'interdiction des «néonics» La LDH et les lycéens, la soirée politique du 14 mai

 Fini les néonics
 L’interdiction des néonicotinoïdes votée, récemment par la commission européenne est évidemment une grande et bonne nouvelle. Depuis des années, les apiculteurs responsables se battent contre ces produits dont la toxicité est désormais avérée. Malgré les intenses campagnes des lobbys phytosanitaires, les gouvernements des principaux pays européens dont la France, en première ligne, se sont ralliés aux conclusions des scientifiques faisant de ces « néonics » des produits dangereux pour les abeilles dont rien ne prouve par ailleurs qu’ils concouraient à l’augmentation du volume des récoltes.
Cette victoire sur le lobby chimiste est due, en particulier, à l’unité du combat mené depuis plusieurs années par les apiculteurs, certes, rejoints par un grand mouvement citoyen puisque plus des 5 millions d’Européens ont signé les pétitions demandant l’interdiction des produits dangereux.


Les participants au concours de plaidoiries. ©A.dePréville
Les lycéens avocats
Chaque année, la section de Louviers de la Ligue des droits de l’Homme organise un concours de plaidoiries ouvert aux lycéens des deux établissements de Louviers : Les Fontenelles et Decrétôt. J’ai eu le privilège de participer au jury chargé de classer les intervenants. Sans  entrer dans le secret des délibérations, j’ai apprécié l’extrême sérieux avec lequel des problèmes aussi complexes que le harcèlement scolaire voire plus, les mariages forcés, la situation des Rohingyas, la justice en Pologne, ont été traités. On imagine mal la difficulté réelle que représente le fait de parler en public devant 100 personnes (les élèves des classes concernées étaient présents) le trac inhérent, sans oublier la construction d’un texte lu ou appris à restituer avec le maximum de précision et de contenu. Un classement a été établi qui a reflété le sentiment général d’un jury très heureux de constater que l’Education nationale (donc les professeurs) sait s’intéresser au monde qui va sans nier le tragique de l’Histoire.

Pour le CAG, la culture a beaucoup compté. ©jean-charles Houel
Politique au Moulin
A l’évidence, la soirée du 14 mai à 20 h 30 au Moulin, sera une date importante dans ce mois du cinquantième anniversaire des événements de mai 1968. Même s’ils ne seront pas le pivot de la présentation du livre d’Hélène Hatzfeld, ils ne pourront être éludés tant ce qui s’est passé à Louviers et en France a pesé sur des décennies de vie sociale et politique. Le contenu du livre de celle qui a enquêté à Louviers pendant plusieurs années malgré la difficulté de trouver des sources diversifiées, met en exergue une tentative concrète de changer la vie à l’échelle d’une commune dont les habitants-citoyens auront été les acteurs plutôt que de simples…électeurs. La période couverte par « La politique à la ville, inventions citoyennes à Louviers » va de 1965 à 1983. Deux périodes de pouvoir et une longue traversée dans l’opposition. Elles seront décrites avec photos (de moi-même) et explications contextualisées localement et nationalement.
François-Xavier Priollaud, maire UDI, n’a pas hésité, malgré la personnalité des intervenants, à programmer une Grande Rencontre municipale démontrant un esprit d’ouverture certain. Il est vrai que ce jeune maire n’a pas vécu ces périodes agitées à Louviers quand les murs avaient autant la parole que les élus et les groupes aspirant à gouverner. Je ne doute pas qu’il s’imprègnera du climat d’alors ainsi que l’exprimeront sans doute les acteurs et actrices d’une époque d’un combat politique conduit sans concession, avec humour, mais clairement révélateur des soubresauts de la société qui se poursuivent aujourd'hui.


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25 avril 2018

« Inventions citoyennes à Louviers (1965-1983) » : une histoire à deux voix le 14 mai à 20 h 45 au Moulin



À l’occasion de la sortie du livre d’Hélène Hatzfeld « La politique à la ville, inventions citoyennes à Louviers (1965-1983) »(1) et dans le cadre des grandes rencontres municipales,  une histoire à deux voix » aura lieu le 14 mai à 20 h 45 au Moulin avec la participation de l’auteur et en s’appuyant sur la projection d’une partie des archives photographiques de Jean-Charles Houel, ancien journaliste à La Dépêche de Louviers. 
Les deux invités de la soirée souligneront l’originalité de « L’imagination au pouvoir » à Louviers comme l’affirmait Le Nouvel Observateur, en 1969, dans un reportage sur « l’aventure du docteur Martin » élu maire en 1965. Quelques années plus tard, un livre demanda même : « Louviers, sur la route de l’autogestion ? »(2)
 
Un demi-siècle s’est écoulé, l’histoire de la ville interpelle toujours. Que s’est-il passé pendant près de vingt ans ? Hélène Hatzfeld a enquêté dans les archives et auprès des acteurs de l’époque. Elle en fait le récit en historienne dans son livre. Elle resitue expériences, espoirs, débats et désenchantements dans leur temps. Sans nostalgie, ce livre questionne cette expérience : ce qui a été inventé alors fait-il écho aux questions d’aujourd’hui ? Quelle participation, quels pouvoirs pour les citoyens dans la cité ? Tous les Lovériens sont invités à cette soirée dont la programmation en mai ne doit rien au hasard.
Hélène Hatzfeld est docteur d’État en science politique et agrégée de Lettres classiques. Elle a publié notamment Faire de la politique autrement ? Les expériences inachevées des années 1970, Presses universitaires de Rennes, Adels, 2005 et Les légitimités ordinaires. Au nom de quoi devrions-nous nous taire ?, L’Harmattan, Adels, 2011.
   Jean-Charles Houel a été rédacteur dès 1966 auprès du Dr Martin, maire, avant de devenir journaliste puis rédacteur en chef adjoint à La Dépêche en 1971. Il a milité activement au sein du CAG (comité d’action de gauche) au pouvoir à Louviers jusqu’en 1983. »
1 1) Publié aux Presses universitaires de Rennes avec le soutien de l'Institut Pierre Mendès France, de la Fondation Jean Jaurès et du CRH-Lavue UMR CNRS 7218.
L    Le livre sera en vente lors de cette soirée, le 14 mai.
(  2) Christophe Wargny, édition Syros, 1976

23 avril 2018

Mariani veut un accord entre LR et le FN. Il est en train de gagner


Des activistes de Génération identitaire ont joué les montagnards des collines à vaches pour créer une frontière entre la France et l’Italie et montrer aux migrants errants qu’ils ne sont pas les bienvenus dans notre pays. Quand ils ont occupé Nevache, dans le val Claret (Haute-Alpes) j’ai pensé à Maurice Pons qui y a vécu pendant quelques années et s’est inspiré de l’air ambiant pour écrire ce magnifique roman que furent « Les Saisons ». Justement. Dans « Les Saisons », l’étranger est confronté aux clichés et lieux communs des habitants fort méfiants. 
 
Les membres de génération identitaire appartiennent à la frange nationaliste de la droite extrême. Ils ont souhaité, la semaine dernière, faire un coup de communication alors même que Gérard Colomb, le ministre de l’Intérieur, faisait voter sa loi durcissant les conditions d’accueil et d’hébergement des étrangers. Les sanctions contre les aidants seront allégées mais à quel prix ! Même des députés LRM ont refusé de voter la loi ou se sont abstenus.

Le plus dur et le plus difficile à vivre sont pourtant devant nous. La pression aux frontières va inexorablement grossir. Conditions climatiques, déclassement économique, l’Europe occidentale est vécue comme un eldorado. Il faudra bien que les autorités européennes se préoccupent d’une situation que l’anarchie actuelle n’aide pas. 

Mais le coup de com de Génération identitaire colle aux déclarations et autres boniments des groupes LR et FN de l’Assemblée nationale, qui, comme par hasard, émettent sur la même longueur d’onde. Tant mieux. Que la droite extrême de Wauquiez et l’extrême droite de Le Pen marchent ensemble, cela a le mérite de la clarté. Finalement Mariani, en proposant un accord politique LR-FN ne fait qu’entériner un état de fait. On le verra, semaine après semaine, la similitude de pensée deviendra copie conforme d’un programme, non de gouvernement, mais d’opposition forcenée.

21 avril 2018

Comment perdre la nationalité française qu'on n'a jamais eue !


Une femme d’origine algérienne voulait obtenir la nationalité française. MAIS, car il y un mais, pour des raisons religieuses, elle a refusé de serrer la main du représentant de l’autorité préfectorale et de l’élu d’une commune chargés de la parrainer lors de la cérémonie d’intronisation dans la nationalité de notre pays. Face à ce refus, la décision de la naturaliser a été modifiée dans un sens négatif, décision que la jeune femme a attaqué devant le Conseil d’Etat.
La plaignante ne bénéficiera pas de la nationalité française. Le Conseil d'Etat a en effet validé le rejet de la naturalisation de cette Algérienne selon une décision datée du 11 avril, et rendue publique jeudi 19 avril.
Cette affaire était pendante depuis 2010. Ainsi, pour avoir appliqué à la lettre un code religieux lié à une certaine pratique de l’Islam, cette Algérienne conservera sa nationalité d’origine alors même que son mari est Français. Elle pourra continuer de ne pas serrer la main aux hommes.

20 avril 2018

Concours de plaidoiries avec des lycéens et la Ligue des droits de l’Homme le 24 avril


La section de Louviers de la Ligue des droits de l’homme vous invite à assister au 3e concours de plaidoiries qui aura lieu le mardi 24 avril à 9 heures au Cinéma Forum boulevard de Crosne à Louviers.
Agréé par le ministère de l’Education nationale en tant qu’association prolongeant l’action de l’enseignement public, la section locale de la ligue des droits de l’Homme collabore pour la seconde fois avec les deux lycées de Louviers dans le cadre de l’éducation à la citoyenneté.
Les Lycéens appelés à réfléchir aux divers aspects du respect des droits humains fondamentaux ont ainsi exploré des thématiques variées sous la conduite active de leurs professeurs. Ils présenteront publiquement dans le cadre d’un concours de plaidoiries les travaux réalisés durant l’année scolaire 2017-2018 devant un jury composé de diverses personnalités des mondes enseignant, juridique, associatif…
Soyez nombreux à la soutenir. L’entrée sera libre. Le début des plaidoiries aura lieu à 9 h 15 très précises.