25 septembre 2016

« Liberté, liberté chérie » le cri de Pierre Mendès France contre l'injustice


Vincent Duclert (à g) et Claude Cornu de la SED.
Ecrit en 1942, édité en 1943 à New York, « Liberté, liberté chérie » de Pierre Mendès France raconte le combat d’un homme pour défendre son honneur bafoué, son attachement viscéral aux valeurs républicaines mais également l’engagement d’un combattant toujours prêt à se placer au service d’un patriotisme actif dans la lutte contre l’occupant nazi. Il aura fallu l’intervention énergique du général de Gaulle pour que Pierre Mendès France cesse ses opérations aériennes à risque.

Homme d’honneur et de principes, Pierre Mendès France le demeurera toute sa vie. C’est sans doute pourquoi la 4e République s’accommoda mal d’un tel dirigeant plus enclin à défendre des idées, des projets et « agir » qu’à se livrer à des jeux stériles conséquence d’un régime des partis qui mena la France au bord du gouffre en 1958. Sa haute idée de la politique le condamna malheureusement à être considéré comme rigide voire austère quand son attitude n’était rien d’autre que de la rectitude et le respect d’une conscience éclairée.

Devant les auditeurs de la Société d’études diverses de Louviers et sa région, Vincent Duclert, historien, chercheur au Centre d'études sociologiques et politiques Raymond Aron (EHESS) a narré avec conviction l’histoire d’un livre écrit par un homme blessé ayant soif de justice et de vérité mais accessible à l’affect si l’on en juge par les pages consacrées à Louviers, sa ville, sa maison des Monts, ses amis fidèles, qu’il survole lors d’une opération de bombardement de son escadrille des FFL (à lire dans les carnets de guerre).

C’est une bonne idée d’avoir réédité le livre de PMF en 2015 (1) et d’y avoir adjoint des annexes permettant de mieux comprendre la démarche de celui qui allait devenir président du conseil et résoudre la coûteuse guerre d’Indochine, réussir la transition en Tunisie sans oublier de laisser en mémoire une méthode fondée sur la nécessité d’informer le citoyen pour qu’il comprenne les actes de ses dirigeants et puisse, le cas échéant, lui demander des comptes. Eric Roussel, ancien président de l’Institut Mendès France, brossa les traits saillants de ces 7 mois et 17 jours qui appartiennent, comme on dit aujourd’hui, au roman national.

Ce livre de guerre avait une autre vocation. Edité aux Etats-Unis (il ne parut en France qu’en 1977 à l’initiative l’éditeur Fayard) Pierre Mendès France voulait également convaincre les Américains que Vichy n’était pas toute la France et que bien des citoyens de notre pays contestaient l’occupation et approuvaient la lutte des Anglais contre l’armée allemande et le régime nazi. A cette époque, bien des Français — et qui n’avaient tous, loin s’en faut — les Gaulois pour ancêtres, s’engageaient dans une résistance active (pour une minorité d’entre eux) ou une passivité, certes moins dangereuse, mais utile pour affaiblir Vichy.

Jean-Denis Bredin et Christiane Rimbaud ont, chacun avec leur talent, raconté le procès Mendès France de Clermont-Ferrand et cette accusation inique de désertion alors que PMF voulait rejoindre l’Afrique du Nord pour y continuer le combat. Son évasion lui permit non seulement de recouvrer sa liberté mais aussi et surtout de faire pièce aux accusations de Vichy et sa justice aux ordres. « Liberté, liberté chérie » demeure donc un livre essentiel dans la compréhension du ressentiment de Pierre Mendés à l’égard d’un pouvoir qui voulait à tout prix accuser et diffamer les hommes du Front populaire.

(1) Gràce à Michel Mendès France (l'un des fils de PMF) et Joan son épouse qui ont compulsé nombre d'archives personnelles ou publiques.



24 septembre 2016

Les propositions de Marine Le Pen pour l'éducation : une vision de cauchemar


L’élection présidentielle arrive à grands pas et les candidat(e)s commencent à exposer leurs programmes. L’éducation étant un chapitre très important — même si certains privilégient les débats sur l’identité nationale — il n’est pas indifférent de connaître les projets de Marine Le Pen et de son parti sur l’éducation.
Disons le tout net et cela n’est pas étonnant, les propositions de Marine Le Pen ont de quoi hérisser le poil des enseignants et inquiéter parents et élèves. Une amie m’adresse le commentaire suivant : « un programme réac de chez réac. » Le port de l’uniforme, mesure emblématique, serait en quelque sorte la cerise sur le gâteau, un gâteau bien indigeste pour tous ceux et celles qui croient aux vertus d’un enseignement prenant en compte l’intérêt des enfants avant celui des gouvernants.
Disons le tout net, ce programme est à l’image du parti d’extrême droite : brutal. Quand on pense que Marine Le Pen prétend être celle qui défend les « oubliés » du système, ce qu’elle propose en accroîtra leurs difficultés au nom bien sûr de l’excellence, un mot que ne récuserait pas Nicolas Sarkozy qui en connaît un rayon surtout dans le domaine judiciaire. Examinons donc le programme de Marine Le Pen en détail grâce au site touteduc.fr que je remercie de m’avoir autorisé à reproduire ses constatations.

« Pour Marine Le Pen, l'Ecole a pour finalité de "donner à chacun la possibilité de faire valoir son mérite personnel". Elle l'a dit hier 22 septembre en conclusion de la "convention présidentielle" consacrée au "redressement" de l'Ecole et de l'Université. Dénonçant "la situation dramatique de l'Ecole de la République", mêlant idéologie et souci de reprendre les solutions proposées par "les vrais experts" que sont les acteurs de terrain, la candidate à l'élection présidentielle n'a pas donné son programme pour l'Ecole, mais a annoncé qu'elle reprenait déjà à son compte trois des 100 propositions que lui ont présentées les collectifs Racine et Marianne : à l'Ecole primaire, 50 % du temps serait consacré à l'enseignement du français, le collège unique deviendrait un "collège de détermination", où une orientation vers la voie professionnelle serait possible après la cinquième, la sélection serait instaurée à l'entrée de l'enseignement supérieur.

La présidente du Front national (même si le parti n'est jamais cité) s'en prend aux "folies pédagogistes", aux "dogmes" que seraient l'idée que "l'élève créerait son savoir", le collège unique et le refus de la sélection. Elle veut mettre fin aux réformes qui se succèdent "depuis Haby", aux expérimentations prévues par la loi Fillon alors que "les élèves ne sont pas des cobayes" pour en revenir à un enseignement "moins créatif". Le collectif Racine veut d'ailleurs "instaurer le cours magistral à tous les niveaux". Elle dénonce les sciences de l'éducation et les experts qui prétendent "faire la leçon" aux enseignants. Pour elle, c'est à partir de leurs propositions que doit être construit "le cadre" qui serait "issu du terrain", mais dont serait "réaffirmé le caractère national".

Voici les principales propositions qui lui ont été soumises.
— Les écoles primaires deviendraient des EPE (établissements publics d'enseignement) avec un directeur qui aurait un statut ; les collèges et lycées perdraient le L de EPLE (établissements publics locaux d'enseignement). Seraient supprimés les "projets d'établissement", les "conseils pédagogiques" et les "commissions éducatives". L'administration serait "recentralisée" et les Régions n'auraient plus la responsabilité de la carte des formations. 

— Les programmes seraient élaborés par un collège d'enseignants.

— Un nouvel enseignement, "civisme et droit" serait introduit, avec pour mission l'intégration à la nation, chacun sachant ce qu'il lui doit.

— Un enseignement des sciences informatiques serait créé (pour ces deux disciplines nouvelles seraient créés deux CAPES).

— La méthode syllabique "qui a fait ses preuves pendant des générations" serait imposée.

— Les programmes seraient annuels et un élève qui ne les maîtriserait pas à la fin de l'année redoublerait.

— La notation chiffrée serait rétablie.

— L'uniforme (à ne pas confondre avec la blouse) serait imposé.

— Les CPGE (classes préparatoires au grandes écoles), fondées sur "l'excellence", serviraient de modèle à l'ensemble du système scolaire. Elles fourniraient de plus le vivier des futurs enseignants qui, pour ceux qui ne seraient pas admis dans l'une des deux ENS (école normale supérieure), entreraient dans une "école normale régionale" où, loin des "pédagogistes", ils recevraient une "formation disciplinaire d'excellence" pour préparer le CAPES ou l'agrégation, avant de se préparer à enseigner pendant un an avec un tuteur.

— Le système APB serait supprimé.

-— Le port de signes religieux serait interdit à l'Université.

-— Serait supprimée "la spécialisation progressive" à l'Université.

(Paru dans Scolaire, Orientation le vendredi 23 septembre 2016)

23 septembre 2016

A Lille « La Citadelle » ne doit pas devenir une forteresse identitaire


« La LDH de Lille est intervenue auprès du Préfet de Région et de la Maire de Lille pour réclamer la fermeture et l’interdiction du Bar « La Citadelle », rue des Arts au centre de Lille. Nous ne surestimons pas l’audience publique d’un tel lieu qui deviendrait le centre de rencontres d’une poignée de nostalgiques du KKK, de l’apartheid et de la nuit de cristal. Mais nous ne la sous estimons pas non plus : « La Citadelle » contient tous les ingrédients propices au renforcement des atteintes aux principes républicains : xénophobie, homophobie, sexisme, islamophobie, ségrégation, exclusion, incitations à la haine ; toutes idées condamnées explicitement par la Charte de l’ONU, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, le préambule de la Constitution de la République française.
Cela suffirait à justifier la fermeture et l’interdiction d’un tel lieu.

Mais « La Citadelle » va plus loin en prétendant devenir au cœur de la capitale de la Région Nord-PdC-Picardie, le quartier général d’un groupe identitaire qui, de ce lieu, pourrait étendre son réseau de contestation de la démocratie et des valeurs humanistes et troubler l’ordre public par des réunions, des films, des débats provocateurs contre les libertés, l’égalité des droits, les solidarités, la mixité sociale et le « vivre ensemble ».

Les lieux animés en région par les identitaires sont surtout connus par la fréquentation de personnages »sulfureux » mêlés à des trafics, à des actes de délinquance graves, à des incitations et à des pratiques de discrimination. 
Les contrôles illégaux dans le métro, la défense violente de la « race blanche », les pratiques de gros bras et d’agressions de militants antiracistes, la création d’un club de « boxe de rue » sont des faits qui montrent qu’au quotidien les identitaires ont l’intention de chercher à s’imposer comme l’expression d’un « ordre nouveau » contradictoire avec l’ordre républicain. Et «La Citadelle » veut être le lieu de contact, de formation, de promotion, d’organisation de ce réseau factieux.

Les laisser s’installer au centre de la ville de Lille – même sous forme d’un club privé - est un renoncement grave que nous ne pouvons cautionner par notre silence et notre apathie. Surtout dans le contexte social actuel. La préfecture du Nord et la ville de Lille disposent de moyens de dépasser la simple analyse juridique commerciale. Les principes constitutionnels et législatifs dépassent la simple application du code du commerce. C’est la raison de notre demande d’interdiction et de mise en œuvre de tous les moyens d’investigation, de contrôle et de répression dont elles disposent pour faire cesser le trouble à l’ordre public que constitue l’existence de ce club-bar dont le but avoué est de contredire le passé d’accueil de notre région et de notre ville au nom d’un repli identitaire passéïste.

Pour sa part, la LDH de Lille entend rassembler les syndicats et les associations républicaines pour organiser une riposte commune et inciter les pouvoirs publics à aller au bout de leurs convictions humanistes et de leur mandat constitutionnel pour briser l’enchaînement de la haine que constitue l’ouverture de « La Citadelle ».

(Communiqué de la section lilloise de la ligue des droits de l’Homme)

22 septembre 2016

Christine Boutin ? Une fanatique bien imprudente…

-->
Christine Boutin aurait fait une bien piètre journaliste. Il est vrai qu’elle ne s’est pas distinguée, non plus, lorsqu’elle était ministre. S’il est une information qu’on doit prendre avec des pincettes, la vérifier, la recouper, la vérifier encore, c’est bien l’annonce de la mort de quelqu’un. En balançant sur Twitter avec nonchalance et une forme de mépris que Jacques Chirac était mort, Christine Boutin a eu beau se défendre en mettant en avant une source sure, elle a commis plus qu’une bévue : une faute grave contre l’éthique et la vérité. Qu’elle se rassure. Jacques Chirac est un homme et comme tous les hommes sont mortels, il finira par mourir un jour. Comme nous. Il suffit de respecter le bon timing.

Ce qui est remarquable dans le tweet mensonger de Mme Boutin, c’est qu’il correspond à une forme de caractère et de personnalité très singulière. Cette femme, homophobe (1), célèbre pour ses saillies contre l’avortement, le mariage pour tous, sa campagne contre le PACS et tout ce qui touche au « sacré » version rétrograde, est une militante sectaire voire fanatique. Qui aura eu tort sur tout. Venue à Louviers, il y a maintenant plus de 20 ans, j’avais eu l’occasion de l’écouter narrer ses fables et sa vision fantasmatique du monde et pu mesurer la distance séparant sa vision de la vie en société avec celle communément admise dans une France au sein de laquelle la laïcité demeure une valeur première. Elle ne changera donc jamais.

Après sa perle regrettable, Christine Boutin va à nouveau être moquée et vilipendée sur les réseaux sociaux. Objet de raillerie, la militante chrétienne aussi caricaturale qu’excessive aurait dû se méfier de ses instincts. En voulant tirer plus vite que son ombre, elle a pris le risque, une fois encore, de faire le buzz. A ses dépens, ce qui n’est rien, et surtout de la vérité, ce qui est beaucoup plus grave.

(1) en déclarant que « l'homosexualité était une abomination » Mme Boutin a été condamnée par la justice de notre pays.


21 septembre 2016

Canal Plus à la veille d'un accident industriel ?


« Le grand rafraîchissement marketing de Canal+ se poursuit. Alors que le groupe audiovisuel va lancer, en partenariat avec Orange, le 7 octobre, un mini bouquet Canalsat à moins de 10 euros par mois. Avant cela, dès ce mercredi,
Il propose une offre à 20 euros permettant d’accéder à «la chaîne Canal+ et son replay[…] sans engagement, exclusivement sur PC, tablettes et Smartphones », annonce le directeur général, Maxime Saada. Pour Canal+, qui a toujours vécu sur la vente d’une seule offre d’abonnement à prix élevé (40 euros), cela ressemble surtout à un test grandeur nature pour un groupe en perte de vitesse. »
Ce communiqué paru dans Libération de ce jour démontre clairement que Canal Plus n’est pas loin de l’accident industriel. Abonné depuis 1989 à cette chaine, j’ai suivi de très près son évolution pour déplorer, aujourd’hui, combien un abonné d’origine peut être déçu et pourquoi ne pas le reconnaître, révolté, à l’égard d’une chaine payante devenue une catastrophe médiatique.
Vincent Bolloré, en devenant l’actionnaire de référence de Canal Plus, a géré cette entreprise comme il gère les ports africains : en terrain conquis. Il n’a rien compris (ou trop bien ?) à la culture de cette chaine, à ses subtilités, à son insolence contrôlée, à son humour corrosif même si parfois une certaine lourdeur paraît superfétatoire. Et puis, sa gestion des personnels semble totalement inadaptée aux temps modernes. Il a viré, sans plus d’explications, des cadres clés de Canal Plus et imposé le départ de certains et certaines comme on n’ose plus le faire dans une entreprise digne de ce nom. Si bien que le Grand journal est devenu une émission d’une pauvreté affligeante, le petit journal de Eldin une tragique méprise, au point que « Quotidien » de Yann Barthès sur le groupe TF1 démontre une audience toujours croissante. Je ne me croyais pourtant pas capable de rejoindre les rangs des «fans» du groupe Bouygues !
En perdant 500 000 abonnés en un an, Bolloré pouvait croire à un maximum. Pas du tout. La campagne de désabonnement se poursuit et ce n’est pas la médiocrité des matches de football de la ligue 1 qui va pousser l’amateur de football à renouveler son contrat. La première ligue anglaise fait maintenant le bonheur de M. Drahi lequel a compris d’où venait le vent et surtout vers où il poussait le bateau.
Le constat et les initiatives d’aujourd’hui posent un autre problème. Une offre à 20 euros mensuels pour une durée indéterminée crée une disparité énorme avec les abonnés traditionnels. Ceux qui, comme moi, paient 37 euros par mois, vont sans doute juger que la vache à lait a assez donné. L’hémorragie n’est donc pas terminée.

19 septembre 2016

Nuit noire à Louviers : l’économie réalisée en vaut-elle la chandelle ?


Dans un souci d’économie, le maire de Louviers a décidé une expérimentation que d’autres avant lui, ont initié dans leur village ou dans leur ville. Éteindre les feux, dès 22 heures et jusqu’à 5 heures du matin pour réaliser 50 000 euros de gain annuellement. Cette décision fait que des quartiers entiers et des rues importantes ne bénéficient plus de l’éclairage public alors que l’automne va arriver et que l’hiver sévira en son temps.
Le premier souci des Lovériens, face à cette expérimentation est évident : « notre sécurité sera-t-elle assurée ? »
Le maire assure que oui eu égard aux statistiques démontrant que la nuit, même avec l’éclairage, les faits délictueux ne croissent pas. La sécurité étant avant tout un sentiment ou une impression, je ne suis pas certain que les arguments mathématiques pèseront très lourds comparés au ressenti de la population. Les couche-tard, qu’ils soient piétons ou au volant de quelque engin, jugeront peut-être qu’il est plus difficile de déambuler et de circuler sur des places et des rues privées d’éclairage, d’autant que des obstacles connus ou inconnus se dresseront devant eux. Je pense notamment aux aménagements réalisés pour limiter la vitesse et privilégier le stationnement. La route de Pacy, par exemple, ou la route de Saint-Pierre, appartiennent à cette catégorie.
Les astronomes seront, paraît-il, très heureux de cette innovation puisque les étoiles et les galaxies seront plus facilement observables avec un ciel d’encre. Il doit bien en exister une vingtaine dans notre ville. Qu’il ne faille pas systématiquement déplorer le changement est souhaitable. J’espère toutefois que le maire saura dresser un bilan objectif de l’expérience et qu’il nous fera connaître ses conclusions…éclairées.


14 septembre 2016

Vendée globe : le coup d'envoi donné aujourd'hui à Paris


Les 29 skippers étaient tous présents. (photo JCH)
La conférence de presse de présentation du Vendée Globe 2016-2017 s'est tenue ce mercredi 14 septembre dans le cadre du prestigieux Palais Brongniart à Paris, en présence des vingt-neuf skippers. Plateau sportif, internationalisation, médiatisation, parcours, Villages officiels : devant un important parterre de journalistes, Yves Auvinet, Président de la SAEM Vendée, a présenté les points forts de la huitième édition du tour du monde en solitaire et sans escale, dont le départ sera donné aux Sables d'Olonne le 6 novembre à 13h02 par SAS le Prince Albert II de Monaco. Le prochain grand rendez-vous est désormais fixé au samedi 15 octobre, date d'ouverture du Village officiel du Vendée Globe aux Sables d'Olonne.

« Le Vendée Globe reste fidèle à son ADN et à ses valeurs. C'est le secret de son succès et de sa longévité. Un concept d'une grande simplicité au service d'hommes exceptionnels. Au-delà du concept parfaitement connu d'un tour du globe seul sans escale et sans assistance, c'est aussi un événement populaire, ouvert et gratuit, pour que tous puissent partager le rêve que portent ces marins. » C'est par ces mots qu'Yves Auvinet, Président de la SAEM Vendée, a ouvert la conférence de presse du 8ème Vendée Globe organisée ce mercredi 14 septembre à Paris.
Bruno Retailleau (Président de la Région des Pays de la Loire), Patricia Brochard (Co-présidente de Sodebo), Lionel Pariset (en charge des activités nautiques de la Ville des Sables d'Olonne) et Jean Kerhoas (Président de la classe IMOCA) ont ensuite pris la parole. Puis tous les skippers en lice pour le Vendée Globe 2016-2017 ont été présentés un à un et ont répondu à quelques questions sur la scène du Palais Brongniart.
À 53 jours du départ et un mois de l'ouverture du Village officiel aux Sables d'Olonne, cette conférence de presse a permis de rappeler les fondamentaux du Vendée Globe mais aussi de présenter les nouveautés d'une édition prometteuse et plus internationale que jamais.

Un plateau sportif hors-norme
Vingt-neuf skippers ont rempli à ce jour leurs obligations administratives, sportives et techniques et sont donc en mesure de défier l'Everest des mers. A titre de comparaison, ils étaient vingt au départ lors de la précédente édition. La participation est donc en forte hausse (près de 50%).
Le huitième Vendée Globe réunit des marins aux profils et aux objectifs très divers. Quatorze vont découvrir l'épreuve tandis que les quinze autres sont des récidivistes (voir la liste des participants ci-après).
Cinq concurrents vont entrer dans le cercle fermé de ceux qui auront participé à quatre reprises au Vendée Globe. Un ancien vainqueur, Vincent Riou, et quatre autres grandes figures de l'événement, Bertrand de Broc, Jean-Pierre Dick, Jean Le Cam et Alex Thomson. Ces deux derniers ont déjà connu l'honneur du podium, tout comme Armel Le Cléac'h (3ème participation en 2016).
On note aussi que le Vendée Globe 2016-2017 réunit le plus jeune concurrent de l'histoire (le Suisse Alan Roura, 23 ans) mais aussi le plus âgé (l'Américain Rich Wilson, 66 ans).
Cette édition est également marquée par l'arrivée d'une innovation technologique qui a déjà fait couler beaucoup d'encre et qui sera éprouvée pour la première fois dans le Vendée Globe. Sept skippers s'élanceront en effet à bord d'IMOCA60 équipés de foils, des appendices porteurs permettant de sustenter la coque dans la brise au vent de travers, de réduire le frein hydrodynamique et de gagner ainsi en performance. Six marins partent à bord de « foilers » neufs (Jean-Pierre Dick, Pieter Heerema, Sébastien Josse, Morgan Lagravière, Armel Le Cléac'h, Alex Thomson), mais aussi Jérémie Beyou qui prendra le départ avec un monocoque d'ancienne génération modifié dans cette optique. Face à ces foilers, certains marins ayant gardé leurs dérives « classiques » seront également dans le match pour la victoire finale. « Nous attendons avec impatience cet affrontement entre la nouvelle génération de bateaux à foils et le reste de la flotte, qui promet un scénario sportif passionnant, avec très certainement des bagarres acharnées à tous les étages », a déclaré Yves Auvinet.

Dix nationalités représentées : un record dans l'histoire du Vendée Globe
Le Vendée Globe concrétise son objectif d'internationalisation puisqu'on dénombre pas moins de dix nationalités différentes parmi les vingt-neuf inscrits. Jamais le Vendée Globe n'avait réuni autant de pays. Deux continents sont représentés pour la première fois, l'Asie et l'Océanie, grâce au Japonais Kojiro Shiraishi et au Néo-Zélandais Conrad Colman. L'Irlande (avec Enda O'Coineen) et les Pays-Bas (Pieter Heerema) font également leur entrée dans l'histoire du Vendée Globe. Parmi les neuf skippers étrangers en lice, trois sont des récidivistes du Vendée Globe. Il s'agit du Hongrois Nandor Fa, du Britannique Alex Thomson et de l'Américain Rich Wilson. Deux bizuths perpétuent la tradition du Vendée Globe dans leurs nations respectives : l'Espagnol Didac Costa et le Suisse Alan Roura.

Le parcours : une zone d'exclusion pour accroître la sécurité
Le parcours du Vendée Globe reste bien entendu inchangé. Le principe est toujours de partir des Sables d'Olonne et d'y revenir, en effectuant un tour du monde d'Ouest en Est, et en laissant les trois grands caps à bâbord (Bonne Espérance, Leeuwin et Horn). Une nouveauté est toutefois à signaler avec l'instauration par la Direction de Course d'une « zone d'exclusion des glaces » dans les mers du Sud. Cette limite à ne pas franchir a été présentée aux skippers la semaine dernière lors d'une réunion de travail aux Sables d'Olonne. Ce bornage de sécurité pourra être modifié avant le départ voire durant la course en fonction des observations par satellite de l'évolution des glaces. « Nous restons concentrés sur la problématique de la sécurité des hommes qui vont affronter des conditions dantesques à des centaines de milles de toute côte, c'est pourquoi nous collaborons toujours étroitement avec les MRCC (Maritime Rescue Coordination Center) des pays les plus proches du parcours et nous ferons toujours appel à Alain Gautier en qualité de consultant sécurité », a précisé Yves Auvinet.
Site internet, application mobile, réseaux sociaux : un Vendée Globe tout numérique
Pour enrichir toujours plus les contenus mis à la disposition des médias et du public, la huitième édition du Vendée Globe est placée sous le signe du numérique. Concrètement, la version course du site Internet sortira dans un mois. Durant la course, une cartographie permettra de visualiser les bateaux en 2D et 3D immersive. Une nouvelle application mobile est déjà disponible sur les plateformes App Store et Google Play.
Enfin le Vendée Globe sera présent sur les principaux médias sociaux : Facebook, Twitter, Periscope, Instagram, Snapchat, YouTube et Dailymotion (+ d'informations dans le Guide Media).

Le Vendée Globe et ses Villages aux Sables d'Olonne et à Paris
Comme lors de chaque édition, le Village officiel installé sur 25 000 m2 à Port Olona accueillera des centaines de milliers de visiteurs mais aussi plus d'un millier de journalistes. Ce Village ouvrira ses portes au grand public du 15 octobre au 6 novembre, de 10h à 20h. Des nocturnes seront organisées les samedi soir jusqu'à 22h. Le public pourra admirer les IMOCA60 amarrés au ponton de Port Olona. De nombreuses animations et expositions ponctueront également les trois semaines qui précéderont le top départ du 6 novembre.
Dès le 7 novembre, le PC Course du Vendée Globe prendra ses quartiers à Paris, mail Branly, sur les bords de Seine, au pied de la Tour Eiffel.
Véritable centre névralgique de la course, cet espace de 1700m2 sera ouvert au public 7 jours sur 7, de 8h à 20h. Ce PC parisien accueillera l'ensemble des équipes du Vendée Globe (Direction de Course, équipe éditoriale, production vidéo, service de presse) qui feront vivre la course au quotidien, en temps réel. Le grand public pourra assister aux émissions quotidiennes et hebdomadaires diffusées depuis le plateau TV du Vendée Globe. Enfin, une Salle de Presse accueillera l'ensemble des journalistes français et internationaux qui suivent l'événement dans leurs médias respectifs.

Ils ont dit

Kojiro Shiraishi (Spirit of Yukoh) :
« Je suis très honoré de faire partie des skippers qui prendront le départ du prochain Vendée Globe. En tant que premier Asiatique engagé dans l'épreuve, mon rôle principal sera de montrer au peuple de ce continent la valeur et l'ampleur de cet événement. »

Alex Thomson (Hugo Boss) :
« Ce sera mon quatrième Vendée Globe mais il est toujours aussi difficile de savoir ce qu'il va se passer une fois en course. J'ai retenu de mes précédentes participations que nous devons nous attendre à l'inattendu. Mais mon objectif est clair : remporter le Vendée Globe. »

Eric Bellion (COMMEUNSEULHOMME) :
« Le Vendée Globe est un rêve que je porte en moi depuis longtemps. Pour relever ce défi, 14 entreprises et 80 000 collaborateurs me soutiennent, avec une même volonté : démontrer que la différence est un facteur d'innovation et de réussite collective. Nous n'avons rien à vendre, juste une conviction que nous voulons partager avec le plus grand nombre. »

Jérémie Beyou (Maître CoQ) :
« Mon équipe a réalisé un sacré challenge en installant des foils sur un IMOCA d'ancienne génération. J'ai pris le bateau en main en un temps record, sans déplorer d'avarie et en remportant la Transat New York-Vendée. Je prends le départ du Vendée Globe avec des ambitions, mais aussi beaucoup d'humilité. »

Kito de Pavant (Bastide Otio):
« Ne pas avoir terminé les deux derniers Vendée Globe reste une grosse frustration. Je repars avec un nouveau projet, en racontant une nouvelle histoire. Je suis confiant en mes capacités à terminer. Je sais que je suis capable de le faire, et de le faire bien. »

Yann Eliès (Quéguiner - Leucémie Espoir) :
« Je reviens sur le Vendée Globe huit ans après ma première tentative, animé par la même passion, la même envie de boucler le parcours. Nous participons tous au Vendée Globe pour remonter le chenal des Sables d'Olonne, pour vivre ce moment extraordinaire. »

Armel Le Cléac'h (Banque Populaire VIII) :
« Je ne suis pas passé loin de la victoire il y a quatre ans (2e place). On remet les compteurs à zéro et l'objectif pour cette édition est affiché : gagner ! »

Vincent Riou (PRB) :
« Trois ingrédients sont essentiels pour participer au Vendée Globe. Le premier est la passion, c'est ce qui nous réunit tous. Le deuxième est le sérieux, notamment en amont de la course. Le troisième ingrédient est le partage avec nos partenaires, notre équipe et bien sûr le public. »

Le plateau du Vendée Globe 2016-2017

4ème participation
- Bertrand de Broc / MACSF (France - abandons en 1992-1993 et 1996-1997, 9e en 2012-2013)
- Jean-Pierre Dick / StMichel-Virbac (France - 6e en 2004-2005, abandon en 2008-2009, 4e en 2012-2013)
- Jean Le Cam / Finistère Mer Vent (France - 2e en 2004-2005, abandon en 2008-2009, 5e en 2012-2013)
- Vincent Riou / PRB (France - vainqueur en 2004-2005, 3e ex-aequo en 2008-2009, abandon en 2012-2013)
- Alex Thomson / Hugo Boss (Grande-Bretagne - abandons en 2004-2005 et 2008-2009, 3e en 2012-2013)

3ème participation
- Jérémie Beyou / Maître CoQ (France - abandons en 2008-2009 et 2012-2013)
- Arnaud Boissières / La Mie Câline (France - 7e en 2008-2009 et 8e 2012-2013)
- Kito de Pavant / Bastide Otio (France - abandons en 2008-2009 et 2012-2013)
- Nandor Fa / Spirit of Hungary (Hongrie - 5e en 1992-1993, abandon en 1996-1997)
- Sébastien Josse / Edmond de Rothschild (France - 5e en 2004-2005, abandon en 2008-2009)
- Armel Le Cléac'h / Banque Populaire VIII (France - 2e en 2008-2009 et 2e en 2012-2013).

2ème participation
- Louis Burton / Bureau Vallée (France - abandon en 2012-2013)
- Tanguy de Lamotte / Initiatives - Coeur (France - 10e en 2012-2013)
- Yann Eliès / Quéguiner - Leucémie Espoir (France - abandon en 2008-2009)
- Rich Wilson / Great American IV (Etats-Unis - 9e en 2008-2009)

1ère participation
- Fabrice Amedeo / Newrest - Matmut (France)
- Romain Attanasio / Famille Mary - Etamine du Lys (France)
- Eric Bellion / COMMEUNSEULHOMME (France)
- Conrad Colman / 100% Natural Energy (Nouvelle-Zélande)
- Didac Costa / One Planet One Ocean (Espagne)
- Sébastien Destremau / TechnoFirst - faceOcean (France)
- Pieter Heerema / No Way Back (Pays-Bas)
- Morgan Lagravière / Safran (France)
- Stéphane Le Diraison / Compagnie du Lit - Boulogne Billancourt (France)
- Paul Meilhat / SMA (France)
- Enda O'Coineen / Kilcullen Voyager - Team Ireland (Irlande)
- Alan Roura / La Fabrique (Suisse)
- Thomas Ruyant / Le Souffle du Nord pour le projet Imagine (France)
- Kojiro Shiraishi / Spirit of Yukoh (Japon)

Les concurrents étrangers dans l'histoire du Vendée Globe
- 1989-1990 : 2 concurrents sur 13 (soit 15%) / 3 nationalités au départ
- 1992-1993 : 6 concurrents sur 14 (soit 43%) / 6 nationalités au départ
- 1996-1997 : 5 concurrents sur 16 (soit 31%) / 5 nationalités au départ
- 2000-2001 : 12 concurrents sur 24 (soit 50%) / 7 nationalités au départ
- 2004-2005 : 7 concurrents sur 20 (soit 35%) / 6 nationalités au départ
- 2008-2009 : 13 concurrents sur 30 (soit 43%) / 7 nationalités au départ
- 2012-2013 : 8 concurrents sur 20 (soit 40%) / 6 nationalités au départ
- 2016-2017 : 9 concurrents sur 29 (soit 31%) / 10 nationalités au départ

Les dates à retenir
. 14 octobre : Présence des skippers et des bateaux aux Sables d'Olonne
. 15 octobre : Ouverture officielle du Village aux Sables d'Olonne
. 6 novembre : Départ du Vendée Globe (à 13h02)
. 7 novembre : Ouverture du PC Course à Paris

13 septembre 2016

Vespa velutina est arrivé à Louviers


Vespa velutina est reconnaissable à sa couleur orangée.
C’est officiel ! Du moins à Louviers. Le frelon asiatique — vespa velutina — pour ceux et celles qui ne le connaissent pas, est donc arrivé dans notre ville. Pour preuve cette photo prise hier après que j’ai capturé l’hyménoptère flânant devant mes ruches. Il a eu tort, certes, d’avoir trop tardé à rentrer à son nid. Il n’avait pas prévu que l’apiculteur de service viendrait rendre une petite visite à ses amies et lui tomberait dessus.

Le frelon asiatique est différent du frelon autochtone. Mais ces deux-là ont un point commun. Ils sont tous les deux prédateurs d’abeilles puisque carnivores pour élever leurs larves. Le frelon asiatique, comme son nom l’indique, est originaire d’Asie, de Chine certainement, et est arrivé en France il y a une douzaine d’années, débarqué, semble-t-il, d’une cargaison de poteries dans le port de Bordeaux. Il lui a fallu du temps pour gagner la Loire et la dépasser.

Mais il est maintenant là et bien là. Il a rejoint la cohorte des ennemis des abeilles nécessitant une vigilance accrue de la part des apiculteurs à la peine pour en venir à bout. Un conseil cependant, si vous découvrez un nid de frelons, asiatiques ou pas, ne prenez pas d’initiatives intempestives. Comme tous les frelons, le frelon asiatique pique et les colonies savent défendre leur nid. Appelez une société spécialisée dans la destruction des nids de guêpes ou de frelons.

12 septembre 2016

Un saule pleureur près du banc de Maurice Pons…et Agathe !


Bernard Queysanne, Suzanne et Charlotte Lipinska. (photo JCH)
Le banc de Maurice. La Seine dans ce qu’elle offre de meilleur. Les amis et la famille. Le décor est planté. Ce 11 septembre ne sera plus seulement la date des attentats de New York mais le jour où aura été mis en terre un saule pleureur enrichi des cendres de celui qui a eu la mauvaise idée de mourir.
Maurice Pons, assure Suzanne Lipinska, n’aura pas passé une seule journée de sa vie au Moulin sans venir s’asseoir quelques minutes sur le banc où il rêvait, méditait, imaginait les récits et nouvelles dont nous, lecteurs, nous repaissons et enrichissons notre bagage émotif.
Quelle magnifique initiative que de répandre les cendres de Maurice Pons au pied d’un arbre. Non seulement elles contribueront à favoriser sa croissance mais, en plus, elles composeront à jamais ces poussières d’étoiles bien cachées comme autant de petits signes adressés de l’au-delà.
Pour rehausser la cérémonie, Bernard Queysanne, le neveu de Maurice Pons, Suzanne et Charlotte Lipinska, ont lu des extraits d’une nouvelle du recueil « Douce amère » et intitulée le testament d’Agathe. Ce fut un vrai bonheur de réentendre la phrase, le style, l’humour, le testament en un mot de Maurice si tant est qu’un écrivain vit pour l’œuvre qui lui survit.
Les volontaires s’emparèrent alors des pelles pour recouvrir de la terre andéenne les cendres du défunt et permettre à l’arbre choisi de s’adapter au lieu magnifique des bords de Seine. Il va sans dire que le choix d’un saule pleureur n’était pas dû au hasard. Car le saule est un arbre « beau mais plein de mélancolie, séduisant, très emphatique. Les amoureux des saules aiment tout ce qui est de bon goût, ils aiment voyager, ils sont rêveurs, agités, capricieux, honnêtes, peut être influencés. Ils ne sont pas faciles à vivre, sont exigeants, possèdent une bonne intuition, souffrent en amour mais trouvent quelquefois un partenaire qui leur sert de point d'ancrage. »
Je ne sais si cette description colle exactement à la personnalité et au caractère de Maurice Pons. Qu’importe, le fait est qu’il aimait les saules et que les pleureurs ne se consoleront jamais de sa disparition.

7 septembre 2016

Jérôme Cahuzac n'hésite pas à remuer les cendres de Michel Rocard. Honteux.


Je suis très en colère contre Jérôme Cahuzac. Non seulement il a menti effrontément devant l’assemblée nationale et caché sa situation fiscale au gouvernement mais en plus il continue de se défendre comme un gamin pris en flagrant délit : il accuse autrui de ses propres turpitudes. C’est lâche. Aller chercher les cendres de Michel Rocard pour expliquer l’ouverture d’un compte en Suisse, voilà qui ne va pas améliorer l’image de celui qui a porté un coup fatal à la République exemplaire prôné par François Hollande.

Le quinquennat aura traîné comme un boulet les mensonges de l’ancien ministre et j’ai toujours dit qu’il s’agissait d’un tournant essentiel portant atteinte à la crédibilité du pouvoir actuel. Car choisir Cahuzac comme ministre revenait à démontrer soit une méconnaissance coupable de l’homme et de son histoire, soit une légèreté également coupable à l’égard de ses agissements soi-disant connus localement depuis des années. Il aura fallu trois mois à François Hollande pour se séparer de Cahuzac quand il aurait fallu agir vite et bien. Il est vrai que M. Woerth, ancien ministre, dans le secret semble-t-il, a lui-même été étrangement complice des agissements de M. Cahuzac.

La discrédit de la gauche est tel que les déboires et les écarts de Sarkozy semblent atténués dans leurs conséquences morales puisqu’un homme dit de gauche a été capable d’agir comme l’a fait Cahuzac. Cette fameuse gauche exemplaire en  a pris un sacré coup quand Médiapart a sorti l’affaire et l’enregistrement de Jérôme Cahuzac évoquant son compte UBS en Suisse. Bien sûr, il est naturel que l’accusé se défende et que ses avocats trouvent un moyen d’atténuer sa responsabilité. Je ne suis pas certain qu’aller chercher un financement — éventuel — d’une campagne électorale — éventuelle — de Michel Rocard en 1995 soit le meilleur moyen de convaincre les juges appelés à sanctionner des comportements coupables.

Manuel Valls, rocardien bien connu, se dit dégouté par le système de défense de Cahuzac. On le serait à moins. Aujourd’hui même les juges du tribunal correctionnel ont fait part de leurs sérieux doutes quant à la véracité des déclarations de l’ancien ministre. Il est vrai que ni devant les policiers, ni devant les juges d’instruction « les yeux dans les yeux » l’ancien ministre du budget n’a fait allusion à Michel Rocard. Il est vrai qu’à cette époque, l’ancien Premier ministre vivait encore…