17 décembre 2018

Bruno Questel invité spécial de l'émission « C politique » sur la 5


Bruno Questel hier soir à la télévision. (Capture d'écran)
Bruno Questel, député de Louviers, invité de l’émission C politique, sur la 5, a décrit par le menu l’agression de tireurs venus sonner à la porte de son domicile de Bourgtheroulde, vendredi dernier. Des cartouches retrouvées à terre prouvent que les armes utilisées n’étaient pas factices mais bien létales quand bien même les visiteurs du soir n’avaient pas l’intention de tuer qui que ce soit. Cet acte d’intimidation a quel but ? Intimider l’élu de la nation dans ses prises de position, ses convictions, ses votes ? C’est bien mal connaître Bruno Questel.

L’ancien lycéen de Louviers a été suffisamment cabossé dans sa vie politique pour adopter une attitude raisonnée à l’égard de ce fait divers peu banal. Bien sûr, la carapace n’est jamais assez épaisse quand on est à la tête d’une famille et que l’action militante conduit à courir des risques. Sur le plateau de C politique, l’élu de la 4e circonscription avait face à lui un gilet jaune qui, sous un air affable, a durci le ton lorsque le député a mis en cause l’occupation des ronds points, mal sécurisés (on compte plusieurs morts et blessés depuis le 17 novembre) nécessitant la présence des forces de l’ordre qui, par les temps qui courent, ont autre chose à faire.

Bruno Questel, membre de la République en Marche, assume les erreurs commises par le gouvernement et la majorité mais défend bec et ongles les propositions du Président de la République devenu, sous la pression de la rue, plus ouvert au dialogue et plus attentif aux travailleurs pauvres. Mais les gilets jaunes ne veulent pas seulement du pain. Ils veulent aussi une reconnaissance. Une dignité que les propos malheureux du président semblaient ignorer. « Les premiers de cordée, ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien, les fainéants et les gaulois réfractaires…» autant d’expressions symboliques , pour le moins, émanant d’un Jupiter longtemps sourd et aveugle.

Le député de Louviers, en son for intérieur, ne peut que regretter ces saillies présidentielles arrogantes. Lui qui est sur le terrain en permanence, à l’écoute depuis des semaines, mesure la distance qui sépare la France d’en haut et celle d’en bas comme dirait JP Raffarin. Le successeur de François Loncle s’est exprimé, hier soir, avec clarté et responsabilité. Conscient de l’importance de la tâche à venir et du lien à maintenir avec ses électeurs(trices) il a déclaré ne pas renoncer au dialogue avec ses « agresseurs » dont il connaît, pour une partie d’entre eux, l’identité. C’est la preuve d’une conscience claire de la nature des problèmes sociaux, économiques et institutionnels qui sont devant nous.

Et demain ? A l’évidence, Emmanuel Macron va devoir ramer pour retrouver une crédibilité politique. Sa forte majorité à l’Assemblée nationale lui épargne l’angoisse de la mise en minorité. L’opinion publique ? Une autre paire de manches.
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16 décembre 2018

Le député de l'Eure, Bruno Questel, menacé par des « chasseurs » d'un genre particulier


Bruno Questel.©JCH
Bruno Questel, député de l’Eure, successeur de François Loncle dans la 4e circonscription de ce département, a été victime de pressions et de menaces, de la part d’une quarantaine de gilets jaunes venus devant son domicile de Bourgtheroulde (27), ville dont il a été maire pendant longtemps et dans un canton qu’il représente au conseil départemental.

La soirée avait débuté par une réunion publique tenue en fin d’après-midi, ce vendredi, à Louviers dans le quartier de Maison rouge. C’est là qu’il a dû notamment répondre aux questions de quatre avocats venus l’interpeller sur la réforme de la justice voulue par Nicole Belloubet, ministre de la justice et garde des sceaux. Lui-même avocat, Bruno Questel nous a raconté avoir répondu calmement à toutes les interrogations des hommes et femmes à la robe noire même si l’une d’entre elles a tweeté qu’elle avait réussi à « pourrir » la réunion du député ! Il existe sans doute d’autres moyens pour faire connaître son opposition à un projet de loi.

Le pire était à venir. Rentré chez lui, assez tard, donc, sa famille et lui-même ont été sortis du domicile par des tirs de fusil manifestement destinés à susciter inquiétude voire angoisse. Des cartouches ont d’ailleurs été retrouvées qui permettront peut-être aux enquêteurs de remonter jusqu’aux tireurs. Bruno Questel, comme d’autres députés du groupe La République en Marche, a donc été menacé parce qu’il appartient au groupe majoritaire à l’assemblée et soutient le gouvernement par ses votes. C’est évidemment scandaleux et déplorable. On peut ne pas être d’accord avec la politique conduite par l’exécutif (1), cela ne justifiera jamais le recourt à des méthodes violentes ou fascisantes destinées à intimider un élu. Bruno Questel, un homme d’expérience, a porté plainte à la gendarmerie d’autant que plus tard après les faits narrés ci-dessus, une quarantaine de gilets jaunes sont venus devant sa porte pour lui dire leur façon de penser…

Ces méthodes, soyons clairs, sont des méthodes dont l’extrême droite, si elle n’en détient pas l’exclusivité, est adepte. J’espère que l’on saura, dans les semaines qui viennent, qui a menacé le député de l’Eure. Ce dernier continuera, il nous l’a confié, à suivre sa ligne de conduite. Les menaces de mort, anonymes, les coups de fusil (en l’air pour l’instant !) et les insultes verbales n’appartiennent pas au registre démocratique. L’agression contre Bruno Questel est donc bien une attaque et un chantage à l’égard d’un élu de la nation. L’idée d’un referendum révocatoire, à la mode dans les récentes manifestations, n’est rien d’autre qu’une copie des régimes sud-américains (Venezuela, Bolivie etc.) dont le degré de violence dépasse largement celui des dernières semaines en France. Est-ce cela que nous voulons ? J’en doute.

(1) Emmanuel Macron a reconnu avoir été blessant…et maladroit dans son expression. C’est bien le moins qu’il pouvait faire. L’arrogance et le mépris reconnus par tous ne sont pas admissibles de la part du Président de la République. Il a promis de changer de gouvernance ? On le jugera à l’épreuve des faits.


15 décembre 2018

Le referendum d'initiative citoyenne n'est pas la panacée…


La France n’est pas la Suisse. Dans la confédération helvétique (par définition composée de plusieurs cantons autonomes) la votation locale fait partie de l’histoire nationale. Pour des raisons économiques, sociétales, culturelles, les citoyens sont souvent invités à donner leur avis et il arrive que les réponses aux questions soient négatives. Transposer ce système démocratique dans l’hexagone me semble pourtant vain.

Pourquoi ? La France est un pays jacobin, encore très centralisé, où l’égalité demeure une valeur fondamentale. Personne n’imagine la région Centre (par exemple) se doter d’une « loi » applicable sur son seul territoire. La constitution veille à ce que l’unité du pays soit préservée et que partout la loi s’applique de la même manière. C’est le produit de 200 années ponctuées d’empires, de monarchies et de républiques lesquelles ont abouti à l’identité nationale actuelle.

Parmi les revendications des gilets jaunes figure une demande de referendum d’initiative citoyenne. Sans que l’on sache vraiment ce qu’il y a derrière, ce besoin de démocratie directe prouve que le suffrage universel actuel ne semble plus suffisant à satisfaire les citoyens en colère. A Louviers, on a expérimenté cette démocratie dite participative entre 1965-1969 et 1976-1983. Des commissions extra-municipales (pas seulement composées d’élus locaux) ont fonctionné de manière à associer les citoyens aux projets municipaux et aux décisions qui les concernent. Avec un succès franchement inégal car la participation nécessitait de disposer de temps libre, d’une information complète et d’une certaine formation par exemple, celle d’apprendre à parler en public ce qui n’est pas aussi simple qu’on le croie.

Laurent Mauduit auteur de La Caste (1)
Dans un referendum, tout dépend de la question posée et de celui ou celle qui la pose. C’est bien pourquoi ce mode d’expression est à manier avec d’infinies précautions. Il s’agit en effet d’éviter autant le plébiscite que d’enfoncer des portes ouvertes. Je suis personnellement attaché à la démocratie représentative laquelle a souffert lors des dernières élections présidentielle et législative. Emmanuel Macron a en effet été élu par défaut face à Marine Le Pen. On ne peut pas dire que son programme ait été formellement approuvé par les Français. Idem aux législatives lors desquelles les Français ont souhaité demeurer cohérents…mais insatisfaits.

C’est cette frustration qu’on paie aujourd’hui et qui, dans un même mouvement européen voire mondial, favorise les populistes dont l’extrême droite. Les sondages indiquent que la liste RN (ex-FN) arriverait en tête aux prochaines européennes devant la liste LRM derrière à un point et, plus loin derrière encore, les Républicains et la France insoumise avec 12 et 10 points. Le tremblement de terre idéologique de 2017 connaît donc une forte réplique qu’un vote citoyen ne suffira pas à calmer. 

Le gouvernement propose trois mois de débats locaux. Acceptons en l’augure sans avoir aucune illusion sur leurs conclusions et surtout, sur leur éventuelle traduction législative malgré les promesses d'Edouard Philippe. Il sera toujours temps de s’exprimer lors des prochains scrutins nationaux avec, en mars 2020, les élections municipales, élections suprêmes de proximité et, pour le coup, de projets concrets.

(1) « La Caste » (éditions La Découverte), enquête sur cette haute fonction publique qui a pris le pouvoir. On découvre comment Emmanuel Macron et ses collègues inspecteurs des finances ne cessent de faire des allers et retours entre le privé et la haute fonction publique. 

9 décembre 2018

Eric Roussel biographe de Valéry Giscard d'Estaing converse avec les Lovériens

La biographie de « Valéry Giscard d’Estaing »(1), par Eric Roussel, n’est pas une biographie officielle comme l’a écrit imprudemment un journaliste trop pressé. L’ancien président de l’Institut Pierre Mendès France, aux origines lovériennes maintes fois réaffirmées, était présent, ce samedi à la librairie A la Page, pour participer à une conversation avec les quelques auditeurs invités par la SED à l’occasion de la sortie de ce livre il y a maintenant quelques semaines.

Eric Roussel et Claude Cornu A La Page. ©Jean-Charles Houel
L’intérêt d’Eric Roussel pour les hommes importants de notre pays (peut-être écrira-t-il un jour la biographie d’une femme ?) tels que le général De Gaulle,  Pierre Mendès France, Pierre Brossolette ou encore Georges Pompidou ou Jean Monnet, l’a conduit à passer une vingtaine d’heures avec l’ancien président de la République, ancien ministre des finances, qui croyait dur comme fer à sa réélection en 1981 quand il fut pourtant battu par François Mitterrand.
Pour écouter Eric Roussel, Bernard Leroy, ancien député de Louviers et François-Xavier Priollaud, maire, étaient présents parmi le public. Évoquer VGE c’est narrer l’histoire d’un « conservateur libéral » qui osa donner le droit de vote aux plus de 18 ans et permettre aux femmes en détresse d’interrompre leur grossesse grâce aussi à Simone Veil…
D’après Eric Roussel, VGE espérait que des hommes et des femmes de gauche viendraient  un jour secourir sa politique. Il n’en fut rien car Giscard d’Estaing était un homme de droite, au plan économique certes, mais aussi dans son art de vivre malgré les petits déjeuners dès potron-minet avec les éboueurs ou les diners impromptus chez les Français moyens.
La biographie d’Eric Roussel nous apprend que VGE était favorable à l’Algérie Française et qu’à ce titre il refusa de signer les accords d’Evian et de faire partie de la délégation à Evian avec Robert Buron et Louis Joxe. Remplacé par Jean de Broglie, celui-ci mit un pied dans le territoire des affaires qui devait le conduire là où il fut assassiné à Paris.
Elu local, VGE l’était avec conviction dans une Auvergne qui, pourtant, le renvoya à ses chères études. Il avait été député, conseiller général, conseiller régional, à la différence d’un Macron tombé du ciel. Tous deux inspecteurs des finances, le second choisit de pantoufler dans une grande banque d'affaires quand le polytechnicien-ingénieur qu’était VGE préféra servir l’Etat français…et maintenir un lien fort dans la France-Afrique et certains diamants maudits.
(1) Valéry Giscard d'Estaing. Editions de l'Observatoire.

Le Comité d'action de gauche de Louviers dans « la Fabrique de l'histoire » sur France Culture


Ernest Martin, Henri Fromentin et Gérard Martin. (photo JCH)
L’émission de France Culture « La fabrique de l’histoire » diffusée le matin entre 9 et 10 heures est célèbre. Emmanuel Laurentin, son producteur, veille à ce que des reportages soient connectés à une actualité historique en lien avec les événements sociaux, économiques, politiques, de notre temps. Ainsi, Séverine Liatard, productrice déléguée et journaliste au sein de la chaine publique, est elle venue à Louviers (et autour de Louviers) sur les traces du comité d’Action de gauche et d’Ernest Martin initiateurs d’une politique originale privilégiant les services publics dans toute leur diversité. Accompagnée d’un technicien du son et d’une assistante, Mme Liatard a souhaité consacrer une émission à ce Louviers d’hier et rencontrer d’anciens membres du CAG survivants d’une époque épique qui, de 1965 à 1983, ont vécu de près ce qu’Hélène Hatzfeld a appelé « les inventions citoyennes à Louviers ».
Monique Morelli à la salle des fêtes

Rendons justice à Hélène Hatzfeld. C’est grâce à son livre (1) et sa remarquable analyse des événements lovériens vus au prisme d’une chercheuse spécialiste des mouvements ouvriers et de la démocratie directe que Séverine Liatard a découvert la route de Louviers qu’avaient, avant elle, empruntée Pierre Mendès France et les partisans de l’autonomie communale. L’occasion me fut donc donnée de relire et de remettre au goût du jour le Manifeste de l’Union des Gauches qu’avait rédigé en mars 1965 le Docteur Ernest Martin quelques jours avant le second tour des élections municipales qui le virent prendre la tête d’une liste d’union appelée à battre la liste Montagne. Ce document unique est d’une actualité brûlante. Il produisait avant l’heure une pensée aussi classique que moderne plaçant le citoyen dans l’axe central des préoccupations. Du citoyen comme homme et femme libre mais aussi de la jeunesse, dont l’avenir devait être construit par l’éducation et la formation si essentielles aux yeux de l’ancien président du Conseil et du maire d’alors dont l’aventure prit fin en 1969 après une trahison de ceux (le PCF) qui aurait dû soutenir mordicus la politique conduite.

Les trois grandes périodes du programme d’action du Dr Martin et de ses amis doivent être restituées ainsi : 1965-1969, théorisation pratique de l’union des gauches et de ses principes, 1969-1976, combat idéologique contre une droite dure, 1976-1983, mise en pratique de la notion de services publics à accès libre dans toutes les dimensions de l’action locale avec le renfort d’Henri Fromentin, doté d’une volonté au moins aussi puissante que celle de son premier adjoint.

Ce qui frappe, c’est l’actualité de cette pensée. Alors que des gilets jaunes qui « ne sont rien » comme dirait Emmanuel Macron, exigent une reconnaissance, une dignité et de meilleures conditions de vie, la geste du CAG resurgit pour rappeler que les élus, à tous les niveaux de responsabilité : local, régional, national, ne doivent pas se contenter des rythmes électoraux. Pour être vivante, la démocratie doit constamment s’appuyer sur les associations, les corps « intermédiaires », les élus devenant les réceptacles des revendications individuelles ou collectives. Sans nier, certes, le programme pour lequel ils ont été choisis puisque les élus sont tout de même là où ils sont pour agir au service du bien public et de l’intérêt général à  toujours placer au-dessus des intérêts individuels.

A Louviers, Séverine Liatard m’a entendu puisque j’ai eu l’honneur de rappeler ces souvenirs si vivants, Reynald Harlaut (dessins affiches), Sabine Anquetin (service famille), François Bureau (adjoint), ainsi qu’Isabelle Martin (fille d’Ernest, très engagée auprès de son père et de ses idées) et le couple que forment Simone (animatrice d’ateliers d’expression libre et Jacques Etienne (architecte). Tous et toutes ont participé à la belle aventure lovérienne à une période où la solidarité politique s’appuyait sur des hommes et femmes exceptionnel(le)s qui formaient une équipe solide aux origines multiples. La date de diffusion de « La fabrique de l’histoire » à la mode lovérienne n’est pas encore connue. On sait qu’elle aura lieu au mois de janvier…le 14, le 17…ou à une autre date. Je ne manquerai pas de signaler sur ce blog le rendez-vous que nous propose France Culture, une chaîne du service public dont l’audience ne cesse de croître à l’image de choix éditoriaux courageux.
(1) « La politique à la ville » inventions citoyennes à Louviers (1965-1983) éditions PUR.



28 novembre 2018

A Louviers l'ex-FN veut récupérer le mouvement des gilets jaunes


Qu’on ne vienne pas nous dire que le Rassemblement national ne souhaite pas récupérer politiquement le mouvement des gilets jaunes. Si, sur certains sites, les membres de l’ex-FN se font discrets ce n’est pas le cas à Louviers où, hier soir, Jacky Vassard, conseiller municipal et donc élu, bloquait la circulation des véhicules venant d’Evreux et désirant emprunter le rond-point du Béquet. Marine Le Pen se fait discrète, plus que ses militants qui eux, n’hésitent pas à battre le rappel. M. Vassard n’était donc pas le seul de son mouvement, d’autres visages bien connus de l’ex-FN, lui apportant une aide conséquente.

Dans l’Eure, le mouvement des gilets jaunes est important. Notre département compte de nombreux points de blocages. Finalement les statistiques publiés par l’INSEE et analysées par Hervé Le Bras, démographe, montrent que l’Eure est au niveau des territoires de « la France vide » entre les Ardennes et les Pyrénées atlantiques sur un axe est sud-ouest. Partout ou le FN d’hier a réalisé des scores élevés lors des consultations électorales, les Gilets jaunes sont de sortie. Pourquoi ? Conséquence de la paupérisation déjà évoquée sur ce blog et abandon de nombreux services publics entraînant un mécontentement croissant ?

Les élections européennes approchent. Le parti de Marine Le Pen se sent pousser des ailes. Bien que sa mise en examen dans l’affaire des assistants parlementaires tendrait plutôt à la discréditer eu égard à l’utilisation privée de fonds publics, le RN est en tête des sondages et mise sur la mobilisation des Gilets jaunes les plus durs pour attirer les voix. L’appel à manifester à Paris, samedi, sur les Champs Elysées, apparaît dès lors comme une réplique su séisme de la semaine passée. Les pavés ont volé haut et les lacrymogènes aussi. Bis repetita placent ?

27 novembre 2018

A vec la SED de Louviers : « Le sport : un héritage inattendu de la Première Guerre mondiale » .


 La prochaine conférence de la Société d’Études Diverses aura lieu le samedi 15 décembre, à 16 heures, dans la salle Pierre Mendès France, à l’Hôtel de Ville de Louviers. Pour clore cette dernière année de la commémoration de la Grande Guerre, nous avons voulu évoquer un aspect original et totalement méconnu du conflit. Notre invité, Michel Merckel, professeur honoraire d’EPS et grand sportif (il fut international de judo) mais aussi historien, a consacré un livre, fruit d’années de recherches, au rôle de la Grande Guerre dans le développement du sport, et c’est le sujet qu’il abordera dans sa conférence : « Le sport : un héritage inattendu de la Première Guerre mondiale » .
Cette longue période de souffrances et d’horreurs a effectivement permis au sport, jusqu’alors réservé à une élite sociale, de conquérir les couches populaires. C’est au départ pour remonter le moral des troupes entre deux assauts que de jeunes officiers, reprenant l’initiative de quelques soldats, eurent l’idée de recourir à la pratique sportive. Pour les Poilus, souvent issus du monde rural, ces séances, bien plus ludiques que les manœuvres, furent l’occasion de toucher pour la première fois un ballon de football ou de rugby. Ils purent aussi parfois découvrir la compétition au contact de leurs frères d’armes britanniques ou américains. De plus, 14-18 contribua à l’éclosion du sport féminin et du handisport, né pour gérer les séquelles laissées par l’effroyable conflit.

Valéry Giscard d’Estaing par Eric Roussel à la librairie à La Page
Eric Roussel (©photo JCH)
Avant cette date, en marge des manifestations organisées par la SED, nous vous rappelons que le samedi 8 décembre, à 17 heures, la librairie À la Page, rue du Matrey, accueillera l’historien Éric Roussel. Il présentera, au cours d’une rencontre avec les lecteurs qu’animera Claude Cornu, son dernier livre, Valéry Giscard d’Estaing, biographie de l’ancien président de la République. Éric Roussel est bien connu des Lovériens et du public de la SED, devant lequel il a eu l’occasion de prononcer plusieurs conférences, à l’occasion notamment de la publication des ouvrages qu’il a consacrés à Pierre Mendès France et à François Mitterrand.

L'Equerre d'argent pour le quartier des Noés à Val-de-Reuil


Construire l'avenir en protégeant l'environnement. (capture d'écran)
L’Equerre d’argent, équivalent du prix Goncourt pour les architectes, a distingué cette année pour son architecture  le Centre de consultation de soins psychiatriques de Metz conçu par Pascale Richter et ses associés. Les jurys de l’Equerre d’argent ont remis un nouveau prix, celui de l’aménagement du paysage attribué à l’Ecoquartier des Noés, à Val-de-Reuil réalisé par Philippe Madec  pour le compte de la Société immobilière de logement de l’Eure, car il « apporte une réponse à l’urgence écologique et à la nécessité sociale ».

Le dynamisme et la vision à long terme de l’urbanisme par le maire, Marc-Antoine Jamet sont, une nouvelle fois, récompensés, et s’inscrivent dans les traces des principes fondateurs de la ville nouvelle par ses concepteurs dont Gérard Thurnauer, architecte conseil, décédé l'an dernier.

Cette volonté se traduit également dans « les détails ». Ces détails qui donnent à la ville une image positive : pas de laisser aller dans l’entretien des espaces verts tous inscrits harmonieusement dans le paysage. Pas de rond-point imaginé sans cohérence avec l’environnement, pas de plantation d’arbres irréfléchie pour justifier un engagement écologique de vitrine ou de mobilier urbain déglingué toujours disparate… Ici aucune trace de verres en plastique abandonnés pas plus que de palettes brûlées, de papiers gras laissés trois jours après une manif. Urgence écologique et nécessité sociale obligent.



26 novembre 2018

A la Société libre de l’Eure : « De Louviers à Jargeau (1940-1945)…des nomades internés »


Dans le cadre de ses conférences mensuelles, la Société libre d’agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l’Eure, association laïque fondée en 1798 sous le Directoire, accueille samedi 1er décembre 2018  Vanina Gasly, responsable du service des Archives de la Communauté d’agglomération Seine-Eure.
Cette conférence intitulée : « De Louviers à Jargeau : parcours de nomades eurois internés (1940-1945) », aura lieu comme de coutume aux Archives départementales de l’Eure à Évreux, 2 rue de Verdun, à partir de 14 h 30.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, pas moins de 110 nomades du département de l’Eure ont été inquiétés par les autorités françaises et d’occupation. Du 22 novembre 1940 au 7 mai 1941, environ 90 d’entre eux, hommes, femmes et enfants, furent internés dans une carrière désaffectée de Louviers (Eure), dans des conditions inhumaines.

La plupart furent ensuite dirigés vers le camp d’internement de Jargeau (Loiret), d’où certains ne furent libérés qu’à la fin de l’année 1945. Tous étaient Français, tous avaient un travail, leur seul tort était d’être nomades. Toujours douloureux dans l'esprit des familles, cet épisode méconnu a fait l'objet d'un important travail de recherche de la part du service des Archives de la Communauté d'agglomération Seine-Eure. En mémoire, un livret retraçant l’histoire du camp a également été rédigé avec le concours d’historiens et d’élèves du lycée Marc-Bloch (Val-de-Reuil), tandis que le 17 mars 2018, une stèle commémorative était posée sur le site-même du camp de Louviers.

Cette conférence sera illustrée par la projection de photographies et documents d’époque.
Entrée libre et gratuite.
Société libre de l’Eure, 2 rue de Verdun 27025 Evreux cedex. – http://societe-libre-eure.org

« Make our buying power great again » ou rendez-nous du pouvoir d'achat !


Christophe Castaner. (Var matin)
Je viens de relire les comptes-rendus de presse et les conclusions des commissions d’enquête parlementaires créées après la journée tragique du 6 février 1934. Ce jour-là, place de la Concorde, des ligues factieuses, des groupes d’extrême droite et royalistes, à l’image de l’action française, sont partis à l’assaut du Palais Bourbon avec la ferme intention de déposer les représentants de la nation alors même que d’autres apprentis fascistes complotaient pour prendre le pouvoir. Il est vrai que Mussolini avait donné l’exemple et que Hitler était devenu chancelier.

Les forces de l’ordre, mal organisées, sous le commandement d’un préfet novice et dépassé, tirèrent sur la foule entraînant morts et blessés. La République résista mais pas le gouvernement Daladier dont le président du Conseil décida de démissionner. En faisant allusion à cette journée marquante de notre histoire, lors de sa conférence de presse de samedi soir, et après les incidents graves commis par des éléments incontrôlés, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, a souligné le rôle ambigu de Marine Le Pen. Dans un tweet, la présidente du RN (ex-FN) s’est interrogée sur les raisons qui ont conduit le gouvernement à interdire toute manifestation sur les Champs Elysées, invitant de fait les Gilets jaunes à se rendre sur la célèbre avenue.

Je ne crois pas que Marine Le Pen ait jamais eu l’intention de renverser le gouvernement. Je ne crois pas non plus qu’un danger fasciste imminent menace la République. Mais en rappelant le 6 février 1934, le ministre de l’Intérieur réveille les mémoires et réaffirme ainsi que la démocratie est fragile et qu’un réflexe séditieux existe toujours dans l’ultra droite. Il ne faudrait pas pour autant que le gouvernement considère qu’il est quitte. La révolte contre l’impôt, l’augmentation des taxes, la stagnation — ou la baisse — du pouvoir d’achat demeurent des priorités dans l’esprit d’une grande majorité de Français. La paupérisation croissante oblige le Président de la République à constater qu’il n’existe pas que des premiers de cordée. On attend avec impatience et une certaine anxiété les annonces de demain.  « Make our buying power great again » autrement dit en Français : « Rendez-nous un pouvoir d’achat consistant »