16 juin 2009

Mi-chèvre, mi-chou…

La déclaration de Noël Mamère, député-maire de Bègles (Verts) me va bien. Il a demandé à ses collègues de boycotter le prochain congrès de Versailles à l'occasion duquel le président de la République fera « sa conférence de presse. » Je suis entièrement d'accord avec lui : il s'agit bien d'une mascarade. Le débat organisé après le discours et le départ du président se fera sans les socialistes qui « ont décidé aller à Versailles et de ne rien dire ». Mi-chèvre, mi-chou…n'érigeons pas l'ambiguïté en pratique politique.

Bongo était mort depuis le 15 mai, je récidive…

L'ambassadeur de France à Libreville, Jean-Didier Roisin, a livré son interprétation des huées adressées à Nicolas Sarkozy à l'occasion de son arrivée au palais présidentiel au Gabon : «Ce n'est pas la personne du président qu'on huait (...) c'est l'image qu'on a donnée de ce pays (le Gabon), la nouvelle du décès annoncée de façon prématurée, cela a été très mal ressenti». Le décès d'Omar Bongo Ondimba a été annoncé par des médias français le 7 juin mais le Gabon affirme qu'il est survenu le lendemain.
Et moi je continue d'affirmer que le président Omar Bongo était mort depuis le 15 mai ce qu'aucun média, n'a pour l'instant, relayé. Je m'étonne qu'aucun quotidien et qu'aucune agence de presse ne se soient intéressés à cet événement tout de même incroyable en 2009 à Barcelone ! On a annoncé la mort du dictateur trois semaines après qu'il est passé de vie à trépas ! Pourquoi ? Ce sont les réponses à cette simple question qui ont de l'importance.

François Bayrou est-il dans les choux ?

La chute de François Bayrou (MODEM) dans les sondages récents sera-t-elle durable ou éphémère ? Qu'il soit sanctionné par les personnes interrogées après avoir commis l'impair que l'on sait à l'égard de Daniel Cohn-Bendit n'est pas vraiment surprenant. Comment va-t-il réagir ? S'il est plus collégial, il va perdre peu ou prou sa parole de « leader présidentiable », s'il joue trop perso, on va l'accuser de continuer à ignorer la collégialité et de n'en faire qu'à sa tête.

Quand on est un chef on n'a pas le droit à l'erreur. D'une certaine façon, c'est ce qui sauve Martine Aubry (qui baisse aussi dans les sondages d'opinions) elle est la première secrétaire du PS mais elle n'est pas le chef au sens présidentiable bien qu'on ne puisse écarter sa future candidature. Hier, Manuel Valls et Pierre Moscovici ont annoncé, à leur façon, qu'ils allaient concourir lors des primaires. D'autres vont les suivre si bien qu'on va se bousculer au portillon.

Primaires internes au sein du PS ou primaires ouvertes à toute la Gauche ? Les militants du Parti socialiste vont-ils se laisser déposséder d'une prérogative importante, la désignation de leur champion à l'élection présidentielle ? Qui empêcherait la droite de participer aux primaires et ainsi de peser sur le choix définitif du candidat de la Gauche ? Cette droite qui souhaitait ardemment la candidature de Ségolène Royal jugée comme « prenable » pourrait-elle aider à adouber le ou la candidat(e) des médias ? Avec un système comme celui-là, Michel Rocard aurait été choisi à la place de François Mitterrand ! Le système des primaires est au centre des préoccupations actuelles des animateurs du PS. Comme l'a précisé Martine Aubry : « ce n'est pas un gadget, cela mérite une réflexion sérieuse. »

15 juin 2009

L'Iran n'est pas une démocratie

« Kalameh Sabz, le journal de Mir Hossein Moussavi, a été suspendu ce matin par les autorités, rapporte le journal réformateur Sarmayeh. Depuis samedi, plusieurs journaux ont été contraints de changer des titres ou de supprimer des articles par des représentants des autorités présents dans les imprimeries. » L'Iran n'est pas une démocratie. Le président sortant (réélu ?) a tous les atours d'un dictateur. Il fait bastonner les manifestants supporters de Moussavi (concurrent de Mamoud Ahmadinejad), fait incarcérer ses opposants, interdire les manifestations de soutien et, cerise sur la gâteau, censure la presse.
Un pays sans presse libre n'est pas une démocratie. C'est aussi simple que cela. Les journalistes paient d'ailleurs un lourd tribut pour garantir cette liberté fondamentale. Le bilan annuel de Reporters sans frontières (RSF), publié en décembre, rapporte ainsi qu'en 2008 soixante journalistes et un collaborateur des médias ont été tués. Ce chiffre est en recul par rapport à 2007, où quatre-vingt-six journalistes et vingt de leurs collaborateurs avaient été tués. Les arrestations ou interpellations ont également reculé, touchant 673 journalistes, contre 887 en 2007.
Rien ne peut nous étonner de la part d'un homme qui appelle à rayer Israël de la carte. Je ne suis pas un suppôt de Benjamin Netanyahou (loin de là) mais un chef d'Etat qui nie l'holocauste et veut se doter de la bombe atomique, en 2009 au Moyen-Orient, est plus que dangereux.

Délit de solidarité ? Deux « aidants » doivent être jugés prochainement

« Après l’interpellation en février d’un responsable de la communauté d’Emmaüs de Marseille et d’une militante de Terre d’Errance à Coquelles, les ministres successifs de l’immigration et de l’identité nationale ont nié qu’il existe en France un délit de solidarité. Pourtant, le 17 juin, un homme comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Rodez pour avoir hébergé, nourri et conservé les documents d’un ami venant, comme lui, de Guinée. Ce gouvernement transforme la solidarité en délit.
Pourtant, le 21 juillet 2009, une femme comparaîtra devant le Tribunal Correctionnel de Foix pour avoir hébergé et soutenu un mineur, jeune afghan de 16 ans. Or, elle a réclamé longtemps, et en vain, que la collectivité publique assume sa responsabilité en le prenant en charge. Et la Convention internationale des Droits de l’enfant et les lois françaises font obligation de venir en aide à un mineur isolé et égaré. Ce gouvernement transforme l’assistance aux mineurs en délit.

M. Besson affirme que le délit de solidarité n’existe pas. Or c’est bel et bien sur le fondement de cette qualification pénale que ces poursuites sont engagées. M. Besson doit le reconnaître : ce délit existe et la loi doit changer.
Nos organisations, unies avec beaucoup d’autres dans un même combat pour faire changer la loi, réclament que les aidants, qu’ils soient associatifs ou simples citoyens, ne puissent plus être poursuivis sur le fondement de l’article 622-1 du code CESEDA. Elles assurent les deux personnes poursuivies de leur solidarité et de leur soutien. Elles exhortent les tribunaux à résister à cette politique pénale scandaleuse, et à prononcer des relaxes. Elles encouragent les citoyens à signer la pétition « délinquants solidaires » sur le site http://www.delinquants-solidaires.org/ Elles demandent aux parlementaires de la majorité comme de l’opposition d’unir leurs efforts pour que la loi française en matière d’immigration respecte les règles minimales de décence, d’humanité et de respect des droits. »
(Communiqué de la Ligue des droits de l'homme et de RESF)

Chantal Jouano candidate UMP aux législatives dans l'Eure ?

Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, Chantal Jouano, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, ne cache pas ses ambitions politiques. Membre de l'UMP, en première ligne eu égard aux résultats de la liste Europe Écologie et à l'influence grandissante des thèmes développés par les Verts, Chantal Jouano évoque sa possible candidature aux prochaines élections législatives.
Comme elle est originaire de Vernon, elle indique qu'elle pourrait être candidate dans l'Eure « chez moi » assure-t-elle, sans préciser la circonscription susceptible de l'intéresser.
S'agit-il de celle de Franck Gilard, député UMP comme elle ? De celle de Jean-Pierre Nicolas que l'UMP veut mettre à la retraite ? De celle de Louviers où Françoise Miquel n'a fait qu'une brève apparition pour finalement disparaître totalement du circuit ? Les deux autres circonscriptions sont détenues par Hervé Morin et Bruno Le Maire, ministres du même gouvernement. Ce n'est pas chez eux que Chantal Jouano irait se perdre. Cette annonce discrète nous réserve de bien belles empoignades.

La droite poursuit son offensive anti-sociale : malheur aux vaincus !

Brice Hortefeux, ministre du Travail) se vante d'avoir d'excellents rapports avec les syndicats. Il va pourtant devoir faire face à quelques difficultés relationnelles dans les semaines et les mois à venir. N'a-t-il pas annoncé publiquement, hier, que parmi les pistes à étudier par le gouvernement et les partenaires sociaux, « il fallait songer à l'allongement de la durée du travail et faire comme les Allemands qui, en trois décennies, ont porté l'âge de la retraite légale à…67 ans » alors qu'il est encore à 60 ans en France.

Si Brice Hortefeux (il a été obligé de rédiger une dépêche d'agence quelques minutes après sa déclaration pour assurer que cette position était personnelle et n'engageait pas le gouvernement) a évoqué cette solution, comme il dit, c'est qu'il y a anguille sous roche. Et une anguille bien vivante. Après le résultat des Européennes, Nicolas Sarkozy veut profiter d'un second état de grâce et engager un nouveau plan de profondes réformes. Le bouclier fiscal a été créé et voté quelques semaines après l'élection du nouveau président. Jean-Pierre Raffarin, ancien premier Ministre, suggère d'engager la bataille des régionales dès maintenant. Bayrou et le PS sont à terre : tuons les ! Vae victis ! Le Canard enchaîné, toujours bien informé, a rapporté des propos du président de l'UMP et de la République. Ils sont sans ambages : « Il faut achever Bayrou ! »

Le pouvoir voit donc sa route dégagée (pour combien de temps ?) et compte en profiter. L'apathie des couches populaires le sert et la refondation du PS va demander plus que quelques semaines. Les manifestations (par le faible nombre de participants) de samedi ont montré la limite des rassemblements à répétition. Si le niveau des agressions du pouvoir monte d'un cran, la résistance devra elle aussi monter de plusieurs crans. Nous en sommes là. Tenons-nous prêts.

14 juin 2009

Un député aurait employé « fictivement » son ex-épouse

Vice-président de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales du Palais-Bourbon, Pierre Morange, député UMP des Yvelines affirmait le 5 mai à la tribune de l'Assemblée nationale : « Qui, à l’heure où notre pays connaît des déficits publics importants, n’a jamais éprouvé un sentiment d’injustice, voire de colère, en voyant des individus ou de véritables réseaux profiter de notre système fiscal et social pour s’enrichir illégalement au détriment non seulement de la collectivité publique, mais aussi de l’ensemble des citoyens ? »
Il se trouve que son ex-épouse a déclaré au procureur de Versailles qu'elle avait occupé de novembre 2002 à mai 2006, un emploi fictif d'attaché parlementaire auprès de son mari : « Il m'a fait signer un contrat de travail pour un poste d'attachée parlementaire, a-t-elle précisé, alors que j'occupais en même temps un emploi d'infirmière de nuit. Il me disait que cette pratique était normale et courante, mais il m'a licenciée au mois de mai 2006 car la campagne électorale approchant, il fallait être irréprochable". (Propos rapportés sur le site mediapart)

Il y a mieux. Véronique Goens-Morange a révélé également avoir profité pendant treize mois, entre mai 2006 et juin 2007, d'une allocation chômage de 1 800 euros mensuels pour ce même emploi de collaboratrice parlementaire jamais occupé. Pourquoi le parquet a-t-il classé sans suite ce dossier qui, parait-il, manquait d'éléments concrets ? L'ex-épouse de M. Morange avait pourtant adressé au magistrat des certificats de travail éloquents.Une information aurait dû être ouverte et une enquête conduite à son terme. J'espère seulement que l'étiquette politique du député n'a joué aucun rôle dans cette affaire. Une question se pose : d'autres parlementaires sont-ils dans la même situation ?

Les Européennes : des élections pour de faux ? Par Reynald Harlaut

« Au lendemain des Européennes, nous apprenons que la crise a détruit en France depuis le début de l'année 2009 deux mille emplois par jour. L'abstentionnisme, c'est sans doute d'abord cela : l'expression de la désespérance de millions de gens qui, quelle que soit la couleur du bulletin de vote qu'ils ont mis dans les urnes au cours des dernières années, voient se perpétuer grosso modo les mêmes politiques qui conduisent aux mêmes résultats. Accélération des délocalisations, aggravation du chômage, précarité, baisse du pouvoir d'achat, augmentation des inégalités. Et, face à cela, le spectacle qu'offre à nouveau la classe politique installée est consternant. À gauche comme à droite, au Parti socialiste comme à l’UMP, la seule question qui vaut désormais est la suivante : comment plumer la volaille verte lors des prochaines régionales ? De François Lamy, député-maire de Palaiseau (Essonne) et conseiller particulier de Martine Aubry : « Depuis lundi matin, mes électeurs qui ont voté Cohn-Bendit viennent me dire : « Ne vous inquiétez pas, dès que ce sera une élection utile, sérieuse, on reviendra vers vous…» » à Xavier Bertrand : « Il est des sarkozystes qui ont voté pour l’environnement, pas pour Cohn-Bendit. À nous de les rattraper pour les élections sérieuses » , le cynisme le dispute à l’odieux.

Et d’embrayer tous aussitôt sur les stratégies à mettre en œuvre pour gagner les élections régionales de 2010. Car pour eux, il ne fait aucun doute que les électeurs de la liste Europe Écologie sont leur propriété. C’est donc désormais leur seul objectif et semble-t-il la seule finalité de leur action que de les faire revenir au bercail. Au moment où, à gauche, il serait nécessaire de réfléchir, de clarifier les idées et les positions, de débattre, de proposer des solutions à la crise du capitalisme et à ses conséquences désastreuses, d’envisager les moyens à mettre en œuvre pour offrir une alternative politique crédible en 2012, il ne serait qu’une chose urgente à faire : nous repasser sous le nez le fumet peu ragoûtant des plats réchauffés de la pire cuisine électorale.

Combien de fois avons-nous entendu les citoyens désabusés de la région nous dire sur les marchés au cours des dernières semaines : « Les politiques : tous les mêmes. De nous ils se foutent complètement. La seule chose qui compte pour eux, c’est les places ! » ? Qu’irons-nous leur dire à tous ces gens quand nous lisons ces articles dans les journaux et jusqu’à sur ce blog ? Comment leur faire admettre que la politique ne se réduit pas à cela ? La tâche qui nous attend pour redonner du sens et de la noblesse au combat politique est immense. »
Reynald Harlaut

Note : Pour battre Bruno Lemaire, il faudra mettre les mains dans le cambouis. Et donc faire l'union de toute la Gauche au second tour. Les primaires permettront à chacun de défendre projet et idées. Le second tour sera le tour de l'union…à condition d'avoir des objectifs communs évidemment. Dois-je comprendre que le Front de Gauche s'en exclurait ? La noblesse du combat politique passe aussi par le verdict du suffrage universel. Sauf à se passer du peuple, ce que personne ne peut souhaiter.
JCH

Le PS ne doit pas tomber dans le piège des « dominants »

Lors de la signature de la convention liant la SNCF, la Région, le Département et la ville de Val-de-Reuil. (photo JCH)
Noël Mamère confirme dans le JDD « qu'Europe Écologie » va continuer sa route et que les Verts et leurs alliés « présenteront des listes autonomes lors des élections régionales de 2010 ». Avec plus de 16 % des suffrages, Europe Écologie qui souhaite conserver ce nom, disputera le premier tour sous ses couleurs ce qui n'exclut pas, a assuré Noël Mamère, « une union avec le PS au second tour. »
J'espère que les responsables du PS ne vont pas tomber dans le piège classique des « dominants »: « on fait l'union avant le premier tour sinon rien ! » Les Verts haut-normands sont (toutes proportions gardées) dans la même situation régionale que le PS lovérien l'était aux municipales. Ils ont géré pendant six ans les affaires régionales avec Alain Le Vern, président PS, ils ont des responsabilités, une partie de leur programme a été appliqué mais ils souhaitent rééquilibrer les forces (et leur poids politique) eu égard au scrutin européen qui leur donne des ailes quand bien même les scrutins n'ont rien à voir entre eux. Pourquoi pas ?
Ce qu'il faut, c'est gérer intelligemment le premier tour pour ne pas empêcher l'union au second et le rassemblement des forces de progrès sur la base, évidemment, des résultats du premier (1). C'est d'autant plus vrai que le bilan régional est bon : qu'il s'agisse des lycées, des grandes infrastructures (transports) de la gestion financière, des rapports avec les départements (Eure et Seine-Maritime) des contrats d'agglomérations, des équipements structurants…la Région Haute-Normandie a sensiblement bougé durant ces six années. Il existe des différences entre les Verts et des socialistes : sur l'avenir du réseau autoroutier, sur le nucléaire (et la centrale EPR) sur le développement économique (et l'aide aux entreprises) et la croissance mais il y a un accord profond sur la nécessité des économies d'énergie, le maintien des services publics, le développement durable…et le progrès social au travers des aides à l'emploi et la formation si indispensable en 2009-2010.
Passée l'euphorie de leur succès et (sauf changement…) et face à la volonté affichée des Verts de faire cavalier seuls au premier tour, le PS doit confirmer son alliance avec ses autres partenaires de gauche, s'appuyer sur un bilan largement positif et sur un projet prenant en compte le message des électeurs ou des abstentionnistes : listes renouvelées, non cumul des mandats, promotion des candidats de la diversité, respect des équilibres entre Eure et Seine-Maritime (2) et volontarisme politique. Le PS a les moyens de rebondir. Qu'il les utilise. Sinon, un certain Bruno Lemaire (UMP) pourrait bien mettre d'accord ceux qui partiraient désunis. Comme l'a dit Accoyer : « le piège des triangulaires est maintenant pour la Gauche. » A méditer.

(1) Sur la base des résultats du premier tour des municipales de Louviers, la liste PS-PC pouvait revendiquer un tiers des postes d'adjoints (quatre sur douze) un tiers des délégués de la CASE (quatre sur douze) et faire adopter quelques points de son programme politique.
(2) J'en ai assez de lire dans la presse écrite nationale que la Haute-Normandie se résume à ce qui se passe à Dieppe, Le Havre, Rouen…Evreux, Vernon, Louviers, Val-de-Reuil existent, non ?