17 août 2017

Souvent Trump varie, bien fol qui s’y fie


Souvent Trump varie, bien fol qui s’y fie. Donald Trump a à nouveau changé d’avis concernant le drame de Charlottesville. Après avoir dénoncé les violences des deux parties en cause (ultra-droite et anti raciste) être revenu sur ses déclarations pour ne fustiger que les racistes, les néonazis et les membres du Ku Klux Klan, le président des Etats-Unis vient de changer d’avis pour la 3e fois. Est-ce si étonnant ?
Comme je le craignais, sa position d’avant-hier lui avait été soufflée et « imposée » par son entourage et par les réactions de nombre d’élus républicains. Ainsi qu’il le fait d’habitude, à l’aube, il a tweeté pour rappeler ses origines et son ADN d’ultra-droite. Finies les responsabilité de l’alt-right, les manifestations n’ont été violentes qu’à cause des gauchistes, le tout à la grande satisfaction des suprémacistes blancs ! Autrement dit, Trump peut dire tout et son contraire, il suffit d’attendre la levée du jour quand les conseillers dorment encore et quand les ministres n’ont pas encore ouvert l’œil. C’est l’instant de vérité, le tweet attendu par tous qui va enfin livrer les pensées véritables du plus puissant élu de la terre.
Pendant trois ans et demi, nous continuerons de poser cette question : mais comment le peuple américain a-t-il pu élire cet homme-là ? Même les Bush (présidents y compris) protestent contre les minauderies de Trump à l’égard des néonazis et des suprémacistes blancs.  On pourra toujours déboulonner les statues et cacher les drapeaux des confédérés. Les Etats-Unis devront continuer à vivre avec les nostalgiques de l’esclavagisme et du racisme. 

15 août 2017

Le président américain dénonce enfin les vrais fauteurs de troubles de Charlottesville


Il a mis le temps. Il a pris le temps de la réflexion. Donald Trump a enfin dénoncé les vrais responsables du drame de Charlottesville au cours duquel une jeune femme est morte et plusieurs autres militants ont été blessés suite à l’acte insensé d’un jeune fasciste excité. En nommant « les racistes, les membres du Ku klux Klan et les néonazis », le président américain a satisfait les élus démocrates et aussi républicains peu amènes à l’égard des premières déclarations de Trump (il dénonçait toutes les parties en cause, sans distinction) obligé de corriger le tir. « Le racisme c’est mal » a déclaré le président comme si cette évidence avait besoin d’être rappelée sous cette forme.

Effectivement, le racisme c’est mal surtout quand on a le passé des Trump (père et fils) dont certains actes inadmissibles jalonnent une carrière durant laquelle la ségrégation n’a pas toujours été considérée comme négative. Non seulement le père de Donald Trump a vu ses actions aux côtés du KKK relatées dans la presse dans les années trente mais les journaux américains ne se sont pas privés de rappeler que Donald Trump lui-même a été poursuivi alors qu’il refusait de louer ses appartements aux familles noires.

Etre obligé de mettre en cause publiquement ses amis de l’Alt-right et de la droite extrême n’allait pas de soi. J’imagine que l’entourage du président (dont sa fille et son gendre) a dû batailler pour obtenir que la raison corrige ses premières déclarations venues du cœur. N’oublions pas que les heurts de Charlottesville ont opposé des admirateurs d’un général esclavagiste et les militants défenseurs des droits de l’homme. On pourra enfin s’interroger une fois de plus sur les réelles facultés de discernement de Donald Trump qui a retweeté aujourd’hui un message le traitant de «fasciste». Peut-être a-t-il considéré qu’il s’agissait d’un compliment ?

13 août 2017

Réflexions au débotté : des œufs « pourris », des Mélenchonistes inquiets, un président Folamour, des racistes terroristes…


La France insoumise et le chavisme…ou ce qu'il en reste
On peut comprendre que les adhérents de la France Insoumise et les militants qui soutiennent Jean-Luc Mélenchon soient dans l’embarras. La situation à Caracas est si confuse et si violente que les soutiens français de Maduro commencent à se poser des questions sur le caractère démocratique du régime puisque les oppositions et la presse sont muselées comme dans n’importe quelle dictature. Et que les élections y sont irrégulières et donc faussées.
Maduro est devenu un dictateur.
S’il est vraisemblable que les Etats-Unis ne restent pas inactifs face à la situation vénézuélienne au sein de laquelle l’extrême-droite se meut avec évidence, il n’en reste pas moins que l’élection de l’assemblée constituante victime d’une abstention énorme et de manœuvres aboutit à une prise de pouvoir totale par Maduro et son clan. Je vois mal comment les Mélenchonistes vont pouvoir s’inspirer des moyens et des méthodes du successeur de Chavez qui n’a ni le charisme suffisant pour dépasser les conflits ni la confiance internationale susceptible de conduire à Caracas des médiateurs acceptables par les différentes parties en cause.
Il reste que la population manque de tout. De vivres, de médicaments, mais aussi de garanties démocratiques les seules à permettre une sortie par le haut d’un régime qui n’hésite pas à faire tirer par l’armée sur son peuple, à emprisonner ses opposants ou à leur interdire d’être candidats aux élections. Le référendum révocatoire si cher à JLM a d’ailleurs été exigé par l’opposition. Maduro, bien entendu, a refusé de l’organiser sachant trop bien quel en serait le verdict. La démocratie plébiscitaire n’est décidément pas un exemple à suivre.

Du fipronil dans les œufs : élevons nos poules nous-mêmes
Les œufs ne sont pas tous pourris mais ils ne sont pas non plus chimiquement purs ! Il s’est trouvé des industriels hollandais indélicats avec la complicité de plusieurs autres agents de nationalités différentes pour utiliser du fipronil dans les élevages, un insecticide destiné à tuer les poux rouges mais interdit sur tout animal destiné à la consommation humaine eu égard aux conséquences fâcheuses pour la santé.
La réaction des autorités hollandaises a été lente et l’information encore plus. Si bien que des millions d’œufs et des produits fabriqués avec ces œufs «infectés» ont été mis sur le marché créant une belle pagaille à Bruxelles et dans toute l’Europe.
On ne le répétera jamais assez, il faut favoriser les circuits courts et les échanges de proximité. Cela ne garantit pas absolument la bonne qualité des produits mais les gains de temps, de distance, les échanges commerciaux personnalisés favorisent un meilleur équilibre alimentaire et sanitaire. S’agissant des œufs, je ne saurais trop recommander à mes lecteurs de se lancer dans un élevage individuel (s’ils bénéficient de l’espace suffisant évidemment) avec quelques poules et ainsi ils auront des œufs toujours frais. Bien nourris, avec du blé et du maïs, des croutes de pain trempées et des déchets alimentaires variés, les poules font des miracles !

Faut-il revoir le Docteur Folamour ? 
Ce fameux film de Stanley Kubrick et narrant la folie d’un général américain désireux de déclencher une guerre nucléaire avec l’URSS. On n’en est certes pas là mais Donald Trump, c’est le moins que l’on puisse écrire, n’est pas rassurant et sa logorrhée agressive à l’égard de la Corée du Nord dont le jeune dirigeant, s’il n’est pas dérangé, est tout de même sacrément inquiétant, ne laisse pas d’inquiéter. Les Chinois, les Russes, les Japonais les Coréens du sud…chacun veut mettre son grain de sel pour ramener le calme et éviter le pire.
Il ne fait aucun doute que la Corée du Nord aurait tout à perdre dans un conflit avec les USA mais nous sommes en 2017 et personne n’imagine sérieusement qu’on puisse lancer des missiles et des bombes nucléaires après Hiroshima et Nagasaki. Des dizaines de milliers de morts, des milliers de blessés irradiés, la destruction presque totale d’une des villes de culture les plus importantes du Japon. La dissuasion devrait jouer son rôle mais un accident est si vite arrivé.

Les racistes veulent tenir le haut du pavé
A Charlottesville aux Etats-Unis, les nostalgiques sudistes et d’extrême-droite veulent tenir le haut du pavé. Avec le KKK (Ku Klux Klan) les suprémacistes blancs, les identitaires fascistes, les racistes de tous poils avaient organisé ce week-end une manifestation pour protester contre le déplacement d’une statue de Lee, le général sudiste, trônant actuellement dans le centre de la ville. Les édiles de la ville souhaitent implanter dans un endroit moins sensible la statue de celui qui symbolise la guerre de sécession.
Évidemment, les antiracistes — et ils ont eu raison — se sont mobilisés pour empêcher l’alt-right (soutien de Trump) de tenir la rue. Des incidents violents ont dégénéré et il s’est trouvé un fou furieux pour foncer dans la foule des antiracistes avec sa voiture devenue une arme de destruction. Trump a émis un tweet pour contester la violence « de toutes les parties » alors que cette violence est inhérente aux groupes d’extrême-droite qui manient le salut hitlérien aussi facilement que le bâton et le manche de pioche. Ne nous leurrons pas. Il existe aussi en France des nostalgiques de la colonisation et de la supériorité de la « race » blanche. Les crânes rasés (et les bottes) n’ont pas disparu de l’espace public.




5 août 2017

Jeanne Moreau a créé « Le Tourbillon de la vie » au Moulin d'Andé où François Truffaut tournait Jules et Jim


 
Jeanne Moreau dans la salle de la meule du Moulin d'Andé. (DR)
S’il est un lieu au sein duquel la récente disparition de Jeanne Moreau a été commentée, c’est bien le Moulin d’Andé. C’est en effet là, en 1962, que François Truffaut (1) avait tourné certaines scènes de « Jules et Jim » (2), la célébrissime œuvre de celui allait révolutionner le cinéma au sein de la Nouvelle vague.

François Truffaut et Jeanne Moreau (DR)
Jeanne Moreau, un talent alors naissant bien que « repérée » dans ses créations théâtrales, éprouva beaucoup de plaisir à tourner dans l’Eure. Et c’est surtout dans la salle dite de la meule que l’actrice devenue une icône nationale allait créer la chanson écrite par Rezvani « le Tourbillon de la vie ». Lors de la remise de la palme d’or d’honneur offerte à Jeanne Moreau au festival de Cannes, Vanessa Paradis interpréta en duo avec Jeanne cette œuvre devenue culte. Le piano sur lequel fut écrit la musique de cette chanson magique existe encore et Suzanne Lipinska éprouve une légitime fierté à faire visiter son Moulin et à narrer les grandes et les petites histoires liées au lieu lui-même et à ceux et celles qui l’animaient.

Les photographies reproduites avec cet article appartiennent évidemment à l’histoire magnifique du Moulin. J’ignore qui est l’auteur des clichés de Jeanne Moreau allongée dans la salle de la Meule et celle où elle pose avec François truffaut. Ces photographies ont servi à illustrer l’une des plaquettes éditées par l’Association culturelle du Moulin d’Andé. Elles expriment bien le rôle d’aimant créatif que fut ce lieu unique en bordure de Seine. Et de scène. Et qui continue de jouer ce rôle très favorable à l'épanouissement multiculturel.

(1)  Avant de tourner « Jules et Jim », François Truffaut avait déjà sorti un court métrage : « Les Mistons » d’après une nouvelle de Maurice Pons qui collabora au scénario.
(2)   Le trio était composé de Jeanne Moreau, Oskar Werner et Henri Serre.

La mort de Daniel Marinier, ancien directeur des services techniques de la ville de Louviers

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Henri Fromentin, Daniel Marinier et Maria Dumer à la mairie. (photo JCH)
Avec la mort de Daniel Marinier, c’est une belle page de l’histoire locale lovérienne qui se tourne. Il a, en effet, joué un rôle très important dans l’évolution des services techniques municipaux sous la houlette de maires aussi différents que Pierre Mendès France, André Vincelot, Ernest Martin, Edouard Thiers et Odile Proust, notamment.
A la tête des équipes municipales chargées de l’eau et de l’assainissement, du ramassage des déchets, de l’entretien des jardins, de l’amélioration de la voirie sans oublier les services de l’urbanisme, tout cela bien avant la mutualisation communautaire, Daniel Marinier a dû faire face à la reconstruction de la ville et aux immenses besoins de la période de l’après-guerre, généralisant l’adduction d’eau et modernisant, notamment, le service des ordures ménagères, sans oublier l’embellissement d’une ville que Pierre Mendés France, surtout, privilégiait parmi les tâches quotidiennes des services.
Autrement dit, Daniel Marinier appartient — discrètement certes — de plain pied à l’histoire des dernières décennies autant que Paul Astégiani, secrétaire général de la mairie, décédé avant lui, et avec lequel il a formé un tandem aussi compétent que permanent au service du public et des élus qu’ils ont respectés quelles que soient leurs étiquettes politiques.

Daniel Marinier, là où il agissait, connaissait tout des monuments, des écoles, des bâtiments communaux. Il veillait avec soin à leur entretien ou leur restauration. Il dirigeait plusieurs dizaines d’hommes et de femmes dévoués au bien commun avec un tact et une difficulté non feinte parfois eu égard aux exigences « sociales » de certains maires. Il dut, par exemple, revoir les objectifs assignés à ses services par Ernest Martin et Henri Fromentin, deux maires qui voulaient rendre les services techniques aussi performants voire plus professionnels encore que les employés de certaines entreprises privées. 

Au-delà de sa profession, Daniel Marinier était passionné par l’histoire de la ville, de ses rues, de ses sites touristiques et tout naturellement, il a agi au sein de la Société d’études diverses de Louviers et sa région où il mit à disposition commune ses talents et ses connaissances pointues. A la SED, il sera regretté.
Tout comme les Lovériens d’un certain âge se souviennent de cet homme au carnet crayonné (où il notait tâches directoriales et observations des citoyens) adepte du cyclisme utilitaire qu’on voyait partir de la rue de Verdun pour traverser la place de la république et gagner ce qui s’appelait alors le chantier municipal. Il avait d’ailleurs quitté la « cité Morin » pour la MAPA où il passé les dernières années de sa vie. La cérémonie d’obsèques aura lieu lundi après-midi 7 août à Louviers. J’adresse à son fils Michel et à sa famille mes condoléances sincères.

26 juillet 2017

Cécile O Petit ne s'appelle pas Cécile O Grand !


Cécile O Petit, députée de l'Eure
Cécile O Petit est députée de l’Eure. Je ne sais pas exactement comment elle est arrivée à Gisors, Vernon ou les Andelys, toujours est-il qu’avec l’étiquette « En Marche » sans aucune attache locale ni passé politique conséquent, elle a réussi à devenir représentante de la nation. Le temps n’est plus quand il fallait trimer, labourer, être élu conseiller municipal ou conseiller général, faire ses preuves en quelque sorte, de son attachement au bien public et prouver la valeur de son engagement. Le « dégagisme » a été si fort et la vague si puissante que l’Assemblée nationale présente de nouveaux visages et offre à certaines grandes gueules la possibilité de faire entendre leur voix.

C’est le cas de Cécile O Petit. Très marquée par son passage sur RMC pendant douze ans, la nouvelle députée de l’Eure vient de se distinguer en allumant les étudiant(e)s qui se plaignent de la baisse de cinq euros de leur Aide personnalisée au logement. « S’ils pleurent pour cinq euros, que feront-ils de leur vie ? » La lettre de la citation n’est peut-être pas respectée mais c’est l’esprit. Effectivement. Qu’est ce que cinq euros pour une députée qui gagne 5000 euros par mois avec en plus 5500 euros d’indemnité de frais de représentation sans justificatif ? Cinq euros, ce n’est même pas un paquet de cigarettes…surtout pour ceux et celles qui ne fument pas.

Mme O Petit, que j’espère rencontrer un jour dans l’Eure, où elle ne devrait être que de passage, ne fera sans doute qu’un mandat. Il serait étonnant que les Français et les citoyens eurois notamment, ne retrouvent pas (tôt ou tard) leurs idées. Je ne sais pas si les vieux partis et les vieux visages de la politique à l’ancienne reprendront du poil de la bête. Ce dont je suis certain, au demeurant, c’est que des O Petit après avoir bénéficié d’un coup de chance aussi insensé qu’imprévu, retrouveront la vraie vie et la vraie valeur d’un billet de cinq euros.

25 juillet 2017

L'affaire des emplois présumés fictifs au Parlement européen va-t-elle toucher tous les partis politiques ?


Sophie Montel,  une députée du Front national, est devenue spécialiste de la délation. Elle considère que son parti ne doit pas être le seul à être inquiété judiciairement pour une suspicion d’emplois « détournés » d’assistants parlementaires de députés européens. Alors que Marine Le Pen, députée française, et quelques autres sont mis en examen et que le Parlement européen ne peut plus soustraire ce qui lui est dû des indemnités parlementaires des élus mis en cause, Mme Montel, après avoir dénoncé des élus du MODEM, a passé la surmultipliée. Elle a, il y a quelques jours déjà, nommément mis en cause Jean-Luc Mélenchon et des élus du Parti de Gauche, qu’elle accuse d’avoir employé des assistants au service d’un parti politique et non des élus européens.
Le Parlement européen.

Jean-Luc Mélenchon conteste ces affirmations. Il a décidé de poursuivre Sophie Monel pour dénonciation calomnieuse. Il jure ses grands dieux que jamais son parti n’a tiré un quelconque profit du travail des assistants parlementaires payés par l’Europe donc par les contribuables européens. Il ne comprend pas qu’on cherche à pratiquer un amalgame pas très aimable pour celui qui demandait aux journalistes animateurs des débats présidentiels télévisés de ne pas avoir des « pudeurs de gazelle » et surtout de ne pas mettre tous les partis dans le même sac de l’opprobre. Une enquête préliminaire a été ouverte. On verra plus tard ce que décide le parquet.

D’ici à ce que d’autres délations mettent en cause le Parti socialiste ou d’autres partis représentés à Strasbourg, il y a un grand pas que je ne saurais franchir. Les instructions judiciaires en cours parviendront peut-être à établir la réalité des emplois qu’il faudrait bien appeler fictifs si les salariés en cause accomplissaient des tâches autres que celles pour lesquelles ils étaient payés. J’imagine que les responsables des partis en cause (FN, MODEM, PG…) ont préparé leurs arrières et établi les contrats de travail en conséquence. François Bayrou avait l’air très affirmatif et serein lorsqu’il a dû quitter le gouvernement mais comme le diable se niche dans les détails et qu’une information judiciaire est désormais ouverte, qui sait si un juge d’instruction plus rusé ou plus curieux, ne mettra pas le doigt sur une anomalie coupable ?

Il est vrai que ces pratiques — si pratiques il y a — appartiennent au monde d’avant. Un monde qui n’avait pas encore fait de la transparence le nec plus ultra du comportement politique individuel. Cette forme de terrorisme moral que la philosophe Anne Dufourmantelle décédée accidentellement ces jours derniers en portant secours à un enfant qui se noyait, avait dénoncée dans un livre essentiel.

24 juillet 2017

Le macronisme est-il le régime de la confusion, de la com et des faux semblants ?


La fameuse poignée de main. Pour la galerie.
Un observateur attentif de ce blog a remarqué un silence radio depuis quelque temps. Ce silence mérite quelques explications après que je l’ai remercié de son attention plus que vigilante. Comme ce site est essentiellement consacré à la vie politique de ce pays et de quelques autres, il ne lui a pas échappé — comme on dit dans le jargon de ce milieu-là — que j’avais soutenu Emmanuel Macron, dès le premier tour de l’élection présidentielle (il avait remarqué mon embarras) et qu’aux législatives, après avoir voté pour Richard Jacquet par abnégation et amitié j’avais rejoins Bruno Questel le candidat d’En Marche ! Face à un postulant du Front national, je ne m’abstiendrai jamais ! J’ai voté Chirac en 2002, il eût évidemment été immoral de ne pas choisir Bruno Questel.

Ce silence ? J’ai souhaité attendre les premiers pas du candidat d’En Marche ! A dire vrai, les réceptions de Trump et Netanyahu, si elles peuvent se comprendre pour remettre la France dans le jeu diplomatique international, m’ont paru très opportunistes voire inopportunes. Le président américain, empêtré dans l’affaire russe, le président israélien, connu pour favoriser le développement des colonies en Cisjordanie, ne sont pas ma tasse de thé. La cuiller de Macron devait être assez longue lors du dîner à la tour Eiffel.

Sur le plan intérieur, je connais un ancien supporteur de Fillon devenu macroniste : « il fait une politique de droite, celle que j’espérais. » Pas moi. Je n’attendais rien, pour autant, d’une gauche verticale et adepte d’une démocratie plébiscitaire autoritaire à la Mélenchon, pas plus que d’un parti socialiste exsangue, vidé d’idées neuves et bloqué par ses querelles intestines.

Je reviens à mon observateur. Non seulement il s’est abstenu au second tour de la présidentielle mais en plus, il n’attend rien de ce gouvernement qu’il juge hétérogène, contradictoire et inexpérimenté. Ah la bonne vieille soupe de la 5e quand on avait des camps bien tranchés et des oppositions bien claires ! Le macronisme est-il le régime de la confusion, de la « com », des faux semblants ?

Ce n’est pas l’affaire de Villiers qui m’effraie. Qu’Emmanuel Macron ait rappelé la prééminence du politique sur le militaire est dans l’ordre des institutions. Qu’il supprime cinq euros de l’APL, sans distinction de ressources, me gêne beaucoup plus tant le geste paraît mesquin. Rendez-vous à l’automne après les bains de soleil (pas moi !) et les bains de foule qu'aime tant le président.

23 juillet 2017

Aaron Rai remporte l'édition 2017 du Vaudreuil Golf Challenge…où le local Nicolas Maheut a brillé.


Aaron Rai. (photo ASO)
Oui, je sais, le golf ne plait pas à tout le monde. Mais le terrain du Vaudreuil, heureusement, n’est pas la propriété de Donald Trump. On peut y jouer pour le plaisir ou le loisir mais aussi plus sérieusement et plus professionnellement. C’est ainsi que chaque année en juillet et pour une 5e édition, les joueurs du tour européen (deuxième division) ont arpenté les fairways et les greens du parcours eurois. Et si le golf n’est pas encore un sport considéré (à tort) comme populaire, il est capable d’attirer des dizaines de spectateurs comme ce fut le cas ce dimanche.

Il faut dire que deux raisons essentielles donnaient envie de suivre les ultimes parties où les meilleurs s’affrontent. Nicolas Maheut, le local, qualifié brillamment pour le tour final, avait donné rendez-vous à ses amis de la région et ils sont nombreux. Qu’ils soient joueurs à Léry-Poses ou au Vaudreuil, qu’importe. Ce qui comptait c’était l’ivresse du soutien (silencieux) à un jeune golfeur roi du moving day avec un score de moins cinq sous le par lui laissant espérer un top ten du dimanche. Est-ce la pression dominicale et amicale ? Est-ce le vent mauvais, parfois, ennemi des golfeurs ? Nicolas a joué plus quatre mais doit ressentir le bonheur d’avoir réussi à passer le cut et sans doute d’obtenir des droits de jeu futur sur le circuit professionnel.

Le second joueur à suivre n’est pas un inconnu des milieux du golf. Aaron Rail, déjà présent au Vaudreuil l’an passé, a inondé de toute sa classe le dernier tour au cours duquel son jeu de fer a compensé ses drives hésitants. Des approches monstrueuses et un putting d’enfer ont permis au joueur maintenant qualifié pour le tour européen de dominer largement les neuf trous du retour très applaudi par les 300 personnes aimablement guidés par des bénévoles attentifs.

Jean-Claude Forestier peut être satisfait de cette édition 2017 du Vaudreuil golf Challenge, un an avant la Ryder Cup à Paris, qui devrait nous valoir d’autres belles pages à écrire. Ses équipes, à tous les niveaux, on rempli l’exigeant contrat qu’obligent partenaires et sponsors tout comme l’organisateur (Amaury sport organisation). Pendant une semaine, le Vaudreuil a eu droit de cité sur les chaines sportives dont la chaine du golf. Christian Ledan y a rendu compte, régulièrement, de l’évolution des scores des joueurs français notamment, mais également de la victoire de Aaron Rail, dont le papa, discret, a su apprécier la persévérance et le comportement.

16 juillet 2017

Juillet 1985 : c'était le déraillement du Rouen Paris

L’article que j’ai consacré aux « journalistes » de Paris-Match a suscité nombre de réactions positives. Je n’en suis pas surpris. Je profite de mon blog pour relater ce que précise sur Facebook Mme Girardot : elle exclut la responsabilité du chauffeur du camion dont elle assure qu’il a été empêché dans ses manœuvres de dégagement du PN par des automobilistes peu scrupuleux en attente derrière son camion. Si ce que dit Mme Girardot est exact, je regrette d’avoir injustement mis en cause le chauffeur qui fut, faut-il insister sur ce point, le premier mort de la catastrophe.
Comme plusieurs lecteurs de ce blog se souviennent de ces événements tragiques relatés dans le monde entier, je me permets, en souvenir de tous et toutes celles qui ont concouru à soigner, réconforter, sauver des vies humaines, de publier quelques photos dont je dois avouer que, pour la plupart, j’ignorais l’existence, ne les ayant jamais numérisées et donc agrandies au format lisible.
Trente deux ans après le drame, ces photos conservent la même densité douloureuse mais le temps a fait, heureusement, son œuvre.
La remorque sans la cabine emportée par la locomotive.
Les secouristes dégagent les blessés
un village sens dessus dessous

Vision apocalyptique.

14 juillet 2017

Les charognards de la presse voyeuriste ne sont pas des journalistes dignes de ce nom


A l'époque du passage à niveau…aujourd'hui disparu.
En juillet 1985, lors du déraillement du Rouen-Paris en gare de Saint-Pierre-du-Vauvray, le hasard et la proximité avaient voulu que je sois le premier journaliste sur les lieux de la catastrophe qui fit 9 morts et 78 blessés. Je n’étais pas seul puisque les sapeurs-pompiers de Louviers m’avaient en quelque sorte, ouvert la route. Ce n’était pas encore l’époque des portables et des appareils numériques. J’avais alerté l’AFP de la mairie de Saint-Pierre après avoir découvert l’ampleur du déraillement du à une collision avec un camion qui avait franchi le passage à niveau de manière totalement irresponsable.
Etre le premier sur les lieux m’avait permis d’approcher de très près les wagons éventrés et de découvrir l’horreur des corps sans vie ainsi que d’entendre les plaintes des blessés tandis que les autres passagers erraient le long des voies.
Si j’évoque ce drame national c’est parce que le jour même de l’accident ferroviaire, j’ai été contacté par des journalistes de Paris-Match. Ils étaient en quête de photos en couleur. Venus à moto sur les lieux tandis que des hélicoptères tournaient au dessus des lieux tragiques, ces « photos reporters » avaient appris ma présence précoce et imaginaient déjà les clichés que j’aurais pu faire et qu’ils auraient exploités. Ayant appris que mes négatifs n’étaient que du noir et blanc (en 1985, la Dépêche n’était pas en couleur) et surtout que je n’avais aucune photographie des morts en situation — étant dans l’incapacité éthique de réaliser ces clichés —  les Parisiens m’avaient traités de « cave ». Pauvre mec provincial : ils m’auraient donné 10 000 francs par cliché ! J’avais raté le gros lot, la notoriété et la Une de Paris-Match. Je m’en suis remis très vite et je n’ai évidemment aucun regret.
Je ne suis donc pas étonné du procès intenté par les familles des victimes de l’attentat de Nice contre le même journal après la parution des images de vidéo-surveillance du 14 juillet 2016. Les charognards du journalisme se repaissent de ces photos chocs (le poids des mots…) qui font vendre du papier et que les voyeurs, conscients ou non, apprécient. La justice saisie n’a pas interdit la vente du journal. Elle a simplement interdit la reproduction sur les sites ou dans d’autres publications de photos susceptibles de nuire à la dignité des personnes.
Franchement, je me souviens très bien de ma première vision à Saint-Pierre. Le corps d’une jeune femme enchevêtrée autour d’un poteau de signalisation m’avait tiré des larmes. Comment aurais-je pu en tirer de l’argent ?

8 juillet 2017

La Région « Normandie » et le Département de l'Eure n'informent pas les habitants !


Hervé Morin jeune : photo JCH
Il n’y a pas à tortiller : comment les citoyens peuvent-ils être informés des décisions, des projets, des comportements des élus locaux, départementaux ou régionaux ? Pas en assistant aux séances des conseils respectifs puisque la géographie (sinon locale) ne le permet pas. Je vois mal les citoyens, habitants de la Normandie ou de l’Eure, prendre leur véhicule pour aller à Caen ou Evreux suivre des débats souvent soporifiques à des heures où la majorité des concitoyens travaillent.

Les journaux locaux ou régionaux ne s’attachent à relater que les événements « marquants » des séances surtout quand il s’agit de polémique ou de scandales plus ou moins prouvés. Et tout un chacun ne lit pas la presse locale. Alors de quel outil disposent les citoyens pour connaître la politique conduite par les majorités et les oppositions, ce qui me semble essentiel aux choix démocratiques éclairés ? La réponse est simplissime : des journaux où la parole des uns et des autres côtoie les magazines, dossiers, sujets divers…d’intérêt général. 

Il se trouve que les majorités de droite actuelles à la Région normande et au département de l’Eure, pour ce qui nous concerne, ont décidé, par souci d’économie (tu parles !) de supprimer ces moyens d’explications et de réflexions. Du temps d’Alain Le Vern et de Jean-Louis Destans, et malgré les imperfections, la Région et le Département de l’Eure assuraient par le biais de journaux distribués partout et à tous, un minimum d’informations basiques expliquant l’action conduite. Au-delà de l’aspect politique, les Normands et les Eurois bénéficiaient de renseignements pratiques ou de services bien utiles compte tenu des compétences respectives des assemblées. Je déplore que M. Hervé Morin et jusqu’à très récemment, M. Sébastien Lecornu, n’aient pas ressenti le besoin de doter leur collectivité d’un lien permettant aux habitants de s’identifier à leurs lieux de vie, de loisirs, de culture, de travail, de sport, j’en passe et des meilleurs.

Quelle conception bizarre et regrettable que de croire en l’impuissance ou l’indifférence  — au choix — des citoyens à l’égard des élus qu’ils ont choisis. A Louviers et au sein de l’Agglomération Seine-Eure, où les majorités sont pourtant de droite, la conduite est bien différente. Les journaux de la ville et de la CASE sont bien faits, bien écrits et les oppositions politiques y ont toute leur place. Serait-ce trop demander à M. Priollaud (vice-président de la Région) pour qu’il intercède auprès de son président préféré et change cette conduite pour le moins rétrograde et surtout à l’époque des réseaux sociaux et du besoin de communication, totalement blâmable.

3 juillet 2017

«Une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien»


Emmanuel Macron parle peu. Parfois, il ferait mieux de se taire. Paradant devant un parterre d’entrepreneurs de start-up rassemblés dans une ancienne gare, le président de la République (voir le titre) a évoqué le passé de l’endroit en saluant ceux qui utilisaient les trains à la différence de ceux « qui ne sont rien ». Il faut comprendre : sans travail…ou pire encore.

Je ne lis pas dans les pensées du président de la République mais si j’avais le don de bien les traduire, je dirais que le mépris qu’il manifeste à l’égard des défavorisés de la naissance, de la fortune ou du hasard, a quelque chose de choquant. Quand on parle des hommes ou des femmes de ce pays, on doit mesurer ses propos et avoir le sentiment « inné » de leurs conséquences. C’est un des caractères obligés de ce métier de président : la dignité, le respect…de chacun et de tous.

Je sais bien que cette bavure sémantique n’est pas la première. Il avait déjà évoqué les « illettrées » de Gad en Bretagne, et le fameux « costard » qu’on peut se payer à condition de travailler. Il serait bien qu’Emmanuel Macron descende de son trône sur lequel nous l’avons placé et décrive « son » réel d’une façon moins arrogante. Son discours devant le Congrès aujourd’hui devrait nous éclairer sur sa façon de concevoir le fonctionnement de la démocratie et de discerner la confiance qu’il manifeste envers la représentation nationale.

2 juillet 2017

Je retiendrai de Simone Veil son courage et sa ténacité face aux insultes des lobbies à croix gammée et à la haine de certains hommes politiques


Simone Veil à la tribune de l'Assemblée nationale en 1974.
Des nombreuses qualités de Simone Veil, je retiens celle qu’elle manifesta avec constance durant les débats de 1974 lors de l’étude de la loi sur l’interruption de grossesse. A l’Assemblée nationale, des élus de droite et de la droite extrême l’ont agressée, insultée, vilipendée l’accusant de mille maux et de porter atteinte aux principes sacrés de notre civilisation. Ceux qui n'ont pas connu ces années-là ne peuvent même pas imaginer à quel point rendre les femmes maîtresses de leur destin et de leur corps faisait bouger les lignes !

Face à des hordes souvent déchainées, Simone Veil fit face avec une grande sérénité, une intelligence exceptionnelle mêlant l’humanité et la solidarité à l’égard des 300 000 femmes françaises qui, chaque année, avaient recours aux faiseuses d’anges pour les moins riches et aux voyages en Angleterre pour celles
qui avaient quelques moyens et connaissances.

Les hommes de l’Assemblée nationale étaient en grande majorité des conservateurs et des pratiquants religieux. Ils n’acceptaient pas de regarder en face le malheur et la détresse des femmes, des jeunes filles, enceintes, et ne désirant pas conserver leur enfant pour mille raisons, qu’elles soient affectives, matérielles ou médicales. De tous temps, les femmes refusant leur grossesse ont fait appel à TOUS les moyens possibles et imaginables pour avorter. Les conséquences étaient parfois terribles : stérilité, septicémie, mort…Simone Veil avait compris en accord avec Valéry Giscard-d’Estaing, que la France ne pouvait pas demeurer ce pays sourd et aveugle au malheur de ces Françaises et de ces femmes en général vivant dans notre pays. Il lui fallait agir.

Inutile de dire que le lobbying de l’église catholique, de mouvements politiques influents, de groupes de pression puissants a pesé sur les débats qui ont duré trois jours et quelques nuits. Jamais Simone Veil n’a craqué. Elle, la survivante de la Shoah, a fait face à ses opposants et aux lettres anonymes ou aux croix gammées peintes sur les portes de sa maison avec la certitude servir une cause noble.

A Louviers, dès que la loi Veil a été adoptée, un centre d’orthogénie s’est créé sous l’impulsion du Docteur Ernest Martin. Pendant des mois et des années, il a pratiqué avec bien des bénévoles et des professionnels de santé, des IVG dans un contexte médical sécurisé à la fois psychologiquement — si c’est possible — et physiquement puisque la méthode par aspiration et venue de Californie avait fait ses preuves.
Avec le temps, les lois se sont améliorées. Marisol Tourraine a même obtenu le remboursement à 100 % de tous les à-côtés de l’intervention (analyses, échographies etc.) On ne dira jamais assez combien Simone Veil a été décisive dans ces progrès de la santé humaine et de la vie collective dans ce vieux pays de France plus prompt à accepter les réformes révolutionnaires qu’on veut bien le dire. Merci encore Mme Veil.

28 juin 2017

Mme Le pen veut changer le nom de son parti mais les vieilles idées demeurent


Mme Marine Le Pen a trouvé la recette miracle pour tenter de dédiaboliser son parti. Un parti fondé par son père, lequel, président d’honneur du Front national, se voit d'ailleurs interdire l'accès à toutes les réunions des bureau, comité, secrétariat, malgré une décision de justice contraignant les dirigeants actuels du FN à accepter grand-père Le Pen. La recette miracle tient en un mot : le changement. Le changement de nom notamment, car Marine Le Pen a la certitude que c’est ce nom-là qui l’a privée d’une victoire lors de la présidentielle récente. C'est plus compliqué que cela.

Il faut croire que ces changements sont à la mode puisque les députés socialistes appartiennent à un groupe sans le nom…socialiste, trop difficile à porter par les temps qui courent. Alors va pour groupe « nouvelle gauche » qui n’a rien de nouveau puisque ses membres sont tous, à quelques unités près, d’anciens députés blanchis sous le harnais.

Revenons à Marine Le Pen. Elle veut changer le nom de son parti et consulter les adhérents. Quand on sait comment fonctionne ce parti caporalisé on se demande bien ce que les adhérents viennent faire là-dedans. Mais qu’en sera-t-il des idées et des fondamentaux de ce vieux parti réactionnaire, raciste et xénophobe ? Va-t-il abandonner la préférence nationale ? Va-t-il continuer à exiger le retour au franc ? Va-t-il continuer de piller le socle social de la gauche alors même que le FN a été libéral-capitaliste pendant des décennies ? Va-t-il poursuivre sa campagne anti-réfugiés, fonds de commerce de la droite extrême ? Il s’est même trouvé un Mariani (suppôt de Poutine et d’Assad) pour appeler de ses vœux une union droite-FN ! 

En fait, Marine Le Pen refuse de reconnaître qu’elle est la cause de l’échec de ses candidats. Sans elle, ils ne sont rien. Certes, les facéties d’un Florian Philippot et celles de sa nièce n’ont rien arrangé mais la nouvelle députée…au Palais Bourbon porte comme un lourd fardeau sa piètre prestation d’entre les deux tours, la preuve de son incompétence. Loin des tribunes acquises et des salles sur commande, Marine Le Pen ne fait pas le poids. Bien des électeurs(trices) du FN, s’ils ont rejoint les rangs des abstentionnistes du second tour des législatives n’ont tout simplement pas souhaité renforcer les rangs d’un parti en perdition.

27 juin 2017

Et si ça marchait droit ? François de Rugy élu président de l'Assemblée nationale


Bizarre, n’est-il pas ? L’attitude de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen ainsi que celle des membres de leur groupe ou de leur parti, a été identique lors de l’installation de François de Rugy au perchoir de l’Assemblée nationale cet après-midi. Ils sont demeurés ostensiblement assis et n’ont pas applaudi le discours du nouveau président manifestant ainsi soit leur mépris soit leur désaccord avec les propos pourtant sereins de M. de Rugy.
Le nouveau président avait certes, décoché quelques flèches à l’adresse de ces opposants-là soit en félicitant Bernard Accoyer d’avoir permis au drapeau européen de flotter dans l’hémicycle aux côtés du drapeau tricolore, soit en espérant que l’assemblée ne soit pas le lieu d’anathèmes ou d’agressions verbales.

« Si l’on veut que les députés soient respectés, ils doivent être respectables. » Ce n’est pas le spectacle affligeant de maintes questions au gouvernement précédent discutées dans des conditions antidémocratiques qu’il faut répéter. Le renouvellement des visages et des personnes doit donc s’accompagner d’un changement des pratiques et des actes. François de Rugy a présenté son programme : transparence, fin des privilèges (retraite, emplois familiaux, frais), diminution du nombre de députés, instauration de la proportionnelle (à quelle dose ?) meilleur contrôle du gouvernement, modernisation du fonctionnement de l’Assemblée. Pour que les citoyens retrouvent la confiance dans la politique, il faut que ceux qui l’incarnent soient irréprochables. Ou du moins le plus irréprochables possible. J’ai le sentiment que le président de l’Assemblée nationale inscrira ses pas dans ceux du Président de la République. Et si ça marchait droit ?

26 juin 2017

Les « Néonics » tueurs d'abeilles doivent demeurer interdits d'usage


Essaim dans mon jardin. (photo JCH)
Dites moi que c’est une blague. Une de ces fausses nouvelles dont la presse raffole. Je n’ose imaginer que Stéphane Travert, ministre de l’agriculture, propose de revenir sur l’interdiction des pesticides tueurs d’abeilles. Je n’ose imaginer que Nicolas Hulot va accepter sans broncher une mesure qu’Emmanuel Macron, pendant la campagne des présidentielles, a affirmé ne pas vouloir.
Il ne manquerait plus que le nouveau ministre, cédant sans doute aux pressions des lobbies de l’industrie chimique, suggère d’autoriser à nouveau les « néonics » dont on sait maintenant, preuves scientifiques à l’appui, qu’ils sont toxiques pour les abeilles mais pas seulement puisque d’autres pollinisateurs en sont également victimes.

Ségolène Royal avait dû se battre contre Stéphane Le Foll qui, lui aussi, avait souhaité donner satisfaction aux producteurs de certaines céréales. La ministre de l’environnement avait bataillé fort pour empêcher ce crime contre les abeilles et elle avait gagné. Je ne doute pas un seul instant que les parlementaires n’oseront pas revenir sur un texte protecteur pour les hyménoptères. Si, par malheur, la représentation nationale s’avisait d’autoriser à nouveau les Régent et autre Gaucho, les apiculteurs (dont je suis) et les protecteurs de la nature se lèveraient comme un seul homme pour ramener M. Travert à la raison…car il tort.

22 juin 2017

Louviers : le marché du centre ville retrouve une halle-pyramides avec parking à voitures


Pendant le discours du maire de Louviers. (photo JCH)
L’architecte auteur de la halle de la place du même nom a insisté, dans son discours, sur la demande du maire : « il voulait une réalisation rapide et pas chère. » Rapide, elle le fut puisqu’il n’a fallu que cinq mois pour en venir à bout mais pas chère, je ne sais si 1,1 million d’euros peut être considéré comme un prix d’ami pour une réalisation destinée à défier le temps.

Le principe de cette halle est simple : des pyramides en couverture, une charpente en châtaignier pour éviter les toiles d’araignée, du zinc pour laisser l’eau s’écouler, des places de parkings (moins cinq eu égard à l’ancienne surface)…l’avantage est qu’on sera à l’abri en cas de canicule (on y est) et en cas de pluie (on y sera cet hiver).
L’objectif du maire et de sa majorité ainsi que celui des élus de l’agglomération Seine-Eure est de relancer le commerce local souffreteux, semble-t-il, et en danger avec l’éventuelle arrivée du groupe McArthurGlen à Douains avec son village des marques.
Il est vrai que la place de la Halle est surtout destinée à l’accueil des marchés du mercredi — qui sera boosté — et celui du samedi qui a grand besoin d’être conforté. Si le commerce de proximité en profite, c’est tant mieux.

Je ne prendrai pas parti sur l’esthétique. A entendre les uns et les autres, en ce 21 juin jour de la fête de la musique et de l’inauguration, les avis sont partagés. Trop basse pour les uns, trop haute pour les autres, pas assez ceci, trop cela, tous les goûts sont dans la nature. Finalement, la ville en a eu pour son argent.

Entre 300 et 400 personnes ont assisté à l'inauguration.
Je propose par ailleurs qu’on attende six mois pour apprécier le fonctionnement de cette halle parking. Comment les Lovériens et les usagers des commerces de notre bonne ville vont-ils réagir à ce qui n’est au fond qu’un outil ? Il est vrai, et l’architecte a eu raison d’insister sur ce point dans son discours, que la place de la Halle dans son ensemble a besoin d’un grand coup de neuf. Les façades de notre centre — c’est un autre projet du maire — ont besoin de couleurs, de rénovation…mais pour ce faire, il faut de l’argent. Peut-être faudra-t-il tirer à nouveau la sonnette de l’agglomération ?

Un petit correctif. Le maire a évoqué dans un message la présence de 1000 personnes à l’inauguration d’hier. Pour avoir une certaine habitude des foules et des densités humaines, je pense qu’il n’y avait pas plus de 400 personnes…au maximum. La plupart assoiffées compte tenu de la température extérieure qui faisait apprécier l’ombre de la halle. Et la musique d'orchestre pour ceux et celles venus faire la fête.

21 juin 2017

Le MODEM dans la tourmente. Macron doit pousser un soupir de soulagement.


Marielle de Sarnez et François Bayrou.
Richard Ferrand, Sylvie Goulard, Marielle de Sarnez, François Bayrou…quatre ministres et quatre démissions ou presque. Les délations concernant les emplois (fictifs ?) des assistants parlementaires européens de circonscriptions ont conduit les parquets respectifs à ouvrir des enquêtes préliminaires afin de savoir si le MODEM a agi illégalement, comme l’a sans doute fait le Front national de Marine Le Pen.

Dans ces conditions, il était devenu impossible pour M. Ferrand (et son histoire de mutuelle de Bretagne) et ses trois collègues du MODEM de continuer leur vie de ministre sans porter ombrage à la dynamique macronienne. On ne sait si le Président lui-même a poussé ses ministres vers la sortie ? Il reste une évidence : cette sortie arrange bien le président de la République comme elle arrange bien Edouard Philippe, Premier ministre, libéré d’un poids moral devenu ankylosant.
En fait, il semble bien que François Bayrou, en président avisé du MODEM, ait mis au point un système de contrats permettant aux salariés du MODEM d’être également assistants parlementaires de plusieurs députés européens. Le résultat de la manip ? Le Parlement européen payait pour un certain pourcentage ces assistants sans que l’on sache très bien quel travail ils accomplissaient pour les progrès de l’idée et des projets européens. Corinne Lepage, ancienne ministre et ancienne députée MODEM, dans un livre édité en 2014, affirme avoir refusé de cautionner le système : « C’était illégal. »

Et alors ? Et bien, ces pratiques d’un autre âge, si jamais elles ont été effectives, ne sont plus admissibles sous l’ère Macron (qui doit pousser un soupir de soulagement) et encore moins depuis que François Bayrou, en personne, a exigé du président un engagement à voter rapidement une loi de moralisation de la vie publique. L’effet boomerang est redoutable pour Bayrou et ses amis. Un fait m’intrigue pourtant. L’affaire des assistants parlementaires (fictifs ?) européens du Front national date de plusieurs mois. Comment François Bayrou a-t-il pu croire que lui et les siens passeraient entre les gouttes ? A-t-il, comme il l’affirme, les preuves du travail des assistants ? Doit-il demeurer zen comme lorsque le Monde l’interroge et qu’il nie tout en bloc ? Se croit-il intouchable ? Ou est-ce tout simplement le château de cartes patiemment construit qu’il voit s’écrouler sous ses yeux ? Hors du gouvernement, François Bayrou sera sans doute libre de sa parole et prodigue en bons tuyaux. Je plains quand même les militants et les élu(e)s de base du MODEM. Ils et elles doivent tomber de l’armoire. Mais attention, démission ne vaut pas culpabilité.

20 juin 2017

Bruno Questel (La République en Marche) n'est pas né de la dernière pluie


Bruno Questel avec François Loncle au Moulin à Louviers.
Résultat des législatives dans l’Eure : 5/0 pour La République En Marche contre le  FN. Voilà de quoi se réjouir ! A lire la prose mensongère des candidats FN dont celle de Doris Perreaux, caricaturale à souhait, on se dit que les électeurs (trices) sont plus intelligents que ne le pensent les dirigeants frontistes.

L’ambiance tristounette de la salle du Moulin à Louviers, bureau centralisateur, dimanche soir ne laissait percer ni passion ni triomphalisme de la part de Bruno Questel. Le nouveau député, ancien suppléant devenu parlementaire macronien ne fera pas partie des novices. Ancien attaché parlementaire au Sénat, proche des lieux de pouvoir du temps où le maire de Grand Bourgtheroulde roulait pour le PS, Bruno Questel, sait où il met les pieds. Il n'est pas un perdreau de l'année. Il sait aussi que lors d’un premier mandat, si la présence à l’assemblée est utile parfois, il faut labourer sa circonscription de long en large pendant cinq ans. Et encore, le résultat n’est pas garanti à la sortie quand une vague comme celle de dimanche emporte les plus aguerris des élus même si certains ont sauvé leur tête comme Woerth ou Ciotti. Par contre et c’est heureux, les Myard et quelques autres députés sexistes ont connu la défaite.

Il est vrai que des électorats bigarrés ont mêlé leurs voix — ce qu’ils reprochent à Macron d’ailleurs — pour faire battre certains députés de la République en Marche. Il suffit de comparer les scores obtenus dans certaines communes aux premier et second tours pour constater la « ligue » des contraires. C’est ainsi qu’un candidat du Front national a ouvertement appelé à voter pour la candidate de la France insoumise opposée à Manuel Valls. Et ce n’est pas un cas unique. A Alizay, l’abstention est évidemment venue des rangs de la France insoumise. Et pourtant, l’un des deux candidats était membre du Front national ! Voilà où nous en sommes.

Ce n’est pas le plus important. L’essentiel est quand même la politique qui sera conduite par le président, son gouvernement et approuvée par l’Assemblée nationale. Une charte en six points va contraindre (avec leur accord) les nouveaux députés de LRM. Il s’agira d’abord de voter la confiance, puis la loi de moralisation de la vie publique sans oublier la loi d’habilitation des ordonnances sur la réforme du code du travail. Jean-Luc Mélenchon, en contestant la légitimité du nouveau pouvoir, et Marine Le Pen qui en fait autant dans un autre registre, ouvrent un chemin dangereux. Il n’est pas sain que des députés élus contestent la représentativité des députés d’autres partis ou mouvements. « La rue » ne vaudra jamais un bulletin de vote de même qu’une abstention fût-elle intitulée « grève générale civique » ne remplacera jamais une consultation populaire. Quand Mélenchon termine ses discours par « merci les gens » il devrait avoir un peu plus d’égard pour ceux des gens qui ne pensent pas comme lui ni par lui.

Cela dit, la majorité « confuse » rassemblée autour d’Emmanuel Macron aura du mal à demeurer unie pendant cinq ans. Au fil des mois et des obstacles, certains baisseront les bras, d’autres trahiront, d’autres encore, joueront le bunker contre le peuple. C’est la vie. A moins que le président Macron ait des idées neuves. Le bonheur n’en est-il pas une ?