11 décembre 2017

Quelques réflexions au débotté : Johnny encore et toujours, Wauquiez élu, quelle surprise ! Pourquoi pas une Corse indépendante ? Trump est fou…


Le Concert à Louviers a eu lieu le samedi 8 décembre 1979. © Jean-Charles Houel
En a-t-on trop fait après la mort de Johnny ?
En a-t-on trop fait, trop dit, trop écrit sur la mort de Johnny Hallyday ? Il est quand même paradoxal que Laurent Joffrin, directeur de la rédaction de LIbération, pose ces questions alors même que son journal a fait cinq fois sa Une sur Johnny et a consacré un numéro (18 pages spéciales) à la vie du chanteur. Comment la jouer « modeste » quand 14 millions de téléspectateurs sont devant leur écran pour suivre les cérémonies d’obsèques et que plusieurs centaines de milliers de supporteurs ont affronté le froid dans les rues de la capitale dans le quartier de la Concorde et de la Madeleine.
Oubliés les frasques et les excès de Johnny Hallyday. Oubliés les démêlés avec les services fiscaux et les velléités de changement de nationalités. Oubliées les aventures sentimentales d’un teen-ager adulé, vénéré, devenu un mythe. La mort efface tout et c’est tant mieux. Avec le temps qui passe, ne demeurent que les images du bonheur…Laeticia, les enfants : David, Laura, Jade et joy, les anciens producteurs et managers, un Claude Lelouch caméra en main, les présidents, Sarko, Hollande, Macron, sans faute de goût, sans oublier les 700 bikers dont l’heure de gloire était arrivée lors de la descente des Champs Elysées…Reste le regret des vrais fans de voir partir le corps pour l’île de Saint-Barthélemy où le roi du rock français a souhaité être inhumé. On trouvera bien le moyen d’ériger une statue de Johnny à Paris.

Laurent Wauquiez élu président des Républicains !
Quelle surprise ! Qu’il soit passé dès le premier tour dimanche dernier avec plus de 70 % des suffrages des militants est bien le moins qu’il pouvait obtenir eu égard à la faiblesse de ses opposants dont on retiendra à peine les scores minables à défaut de retenir le nom des candidats. Avec Wauquiez, la situation à la droite de la droite s’éclaircit. Certes, rien ne dit — compte tenu de ses choix passés — que son positionnement actuel soit définitif. Quand on succède à Jacques Barrot pour devenir le Wauquiez de 2017 !
Inspiré par Buisson, aimanté par le FN, le roi des santons de Provence et des crèches dissimulées, commence par essuyer le refus des centristes de cheminer ensemble. Jean-Christophe Lagarde a prévenu son monde : pas d’accord avec celui qui n’a pas choisi au second tour entre Macron et Le Pen ! Pas de contrat avec un homme pressé, cassant, incapable à l’évidence, de rassembler son camp et notamment les partisans d’Alain Juppé, ou ceux de Valérie Pécresse, notamment. Je ne doute pas que les rangs clairsemés des Républicains risquent des hémorragies sensibles dans les mois à venir. Comment s’allier avec un homme dont le discours est si loin de la raison sur le social, l’Europe, les institutions et dont les attaques ad hominem forment le fondement de ses discours ?

Pourquoi pas une Corse indépendante ?
Je vais peut-être choquer certains de mes lecteurs. Mais je me lance. Pourquoi la métropole doit-elle s’accrocher coûte que coûte à la Corse ? Si les Corses, démocratiquement et majoritairement, veulent plus d’autonomie et à terme l’indépendance, pourquoi les leur refuser ? Même si je suis hostile personnellement à tous les mouvements indépendantistes en Corse ou en Catalogne à l’heure où l’ouverture au monde et à l’Europe s’avère si nécessaire, comment se rapetisser, se recroqueviller, en cherchant l’isolement et l’avenir dans le passé ?
Les Corses peuvent avoir culturellement et économiquement raison tout en ayant politiquement tort. Que les autochtones de l’île défendent leur langue, leurs chants, leur histoire, pourquoi pas ? Qu’ils rejettent la spéculation foncière empêchant les iliens d’acquérir des terrains ou des biens immobiliers, cela se comprend. Mais sans l’état français, la Corse devra souffrir sang et eau. Si l’avenir de l’île doit se jouer sans l’hexagone, si les « natios », comme ils disent, souhaitent couper le cordon avec lui, alors acceptons la solution finale de l’indépendance sans haine ni ressentiment. On avait le Brexit, on aura la Corsexit…Faudra-t-il un passeport avec visa ou la CI suffira-t-elle ?

Trump a un grain de folie
La reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’état d’Israël par Donald Trump a des conséquences internationales majeures alors même que cette décision est avant tout due à des considérations internes. Le fantasque président des Etats-Unis a voulu satisfaire les 60 millions de Chrétiens évangéliques sionistes plus sionistes que les juifs américains eux-mêmes. Quand la cote de popularité du président baisse, notamment à la suite de l’enquête en cours dans le cadre de l’affaire russe, il s’empresse de changer de conversation et de sujet.
Fidèle à son image…d’iconoclaste et de perturbateur majeur, Trump sème le vent de la violence au Proche-Orient et partout dans le monde. Ce type est fou ! Pas fou au point d’être interné (encore que…) mais fou dans son système de vie, dans ses rapports aux autres. Troubler les constructions patientes et laborieuses l’amuse. Il en va également de l’avenir de l’accord trouvé avec l’Iran. Trump s’apprête à la dénoncer sous la pression des faucons de son équipe et des Saoudiens. Enfin, tant qu’il n’envoie pas de bombe nucléaire sur la Corée du Nord, rien ne trop grave n’est encore arrivé !



6 décembre 2017

Johnny Hallyday était passé par Louviers en 1979


Johnny Hallyday à Louviers. ©Jean-Charles Houel
Johnny Hallyday est mort au cours de la nuit dernière. Cette grande figure du rock and roll, du twist, de la chanson, du cinéma et du spectacle surtout, avait emprunté la route de Louviers en 1979. L’Union commerciale et artisanale alors présidée par Christian Bestin, sauf erreur de ma part, avait invité les Lovériens et les fans à assister à un concert donné sur la Place du Champ de ville et sous chapiteau. Plus de 3000 spectateurs assistèrent à cette fête alors même que Johnny Hallyday occupait le haut de l’affiche depuis plusieurs années.
Ce concert forcément mémorable puisque ce fut la seule apparition du chanteur à Louviers appartient désormais au patrimoine national et local. 1979 c’était l’année de sortie de « ma gueule » une chanson qui allait l’accompagner parmi ses disques d’or jusqu’ à la fin de sa vie. Sur la scène, sous le chapiteau, Johnny fut égal à lui-même. Généreux, infatigable, rempli d’une énergie débordante, avec une voix dont personne ne dit suffisamment la flamme qu’elle allume et le frisson qui nous parcourt.
J’entendais ce matin sur France Inter Johnny interprétant « que je t’aime ». Et je me disais, avec des chansons pareilles et une interprétation aussi émouvante, Hallyday se créera une légende et une forme d’immortalité. Des générations familiales n’ont de cesse, déjà, de cultiver son souvenir.

5 décembre 2017

Jean-Luc Mélenchon devrait apprécier les journalistes insoumis(e)s


Je ne parviens pas à comprendre. D’où vient la haine recuite de Jean-Luc Mélenchon à l’égard de la presse. Quand il entend le mot journaliste, JLM ne sort pas son revolver mais une litanie de critiques, de méchancetés le tout emballé dans un discours violent destiné à blesser. Il était récemment l’invité de l’émission politique de France 2 avec pour interlocutrice principale Léa Salamé. Cette journaliste-animatrice n’est pas réputée pour être spécialement hostile à qui que ce soit. On dit même d’elle qu’elle exerce son métier avec compétence et une forme d’objectivité, l’objectivité réelle n’existant pas. Je ne suis pas béat devant mon écran et une distance sied pour apprécier les morceaux de bravoure des politiques. Car ne nous leurrons pas, s’ils acceptent de participer à ces émissions, ils en connaissent les limites et les avantages.

Ce soir-là Jean-Luc Mélenchon a été mis sur le gril, comme n’importe lequel des invités politiques. Il est vrai que le style des journalistes de télévision a évolué. Plus d’agressivité, plus de droit de suite, plus d’interpellations. Que je sache, Jean-Luc Mélenchon n’est pas homme à se laisser manœuvrer ou duper. Il a une très forte expérience de la politique et des débats. Il défend une idéologie qui n’est pas la mienne mais elle a le mérite d’être cohérente, étayée, charpentée. Je ne l’ai jamais vu être déstabilisé. Au contraire, c’est lui qui d’habitude sème le trouble, parvient à confondre ses détracteurs qu’il humilie parfois. Souvent d’ailleurs s’agissant de jeunes journalistes ou d’intervieweurs timorés et pas assez cultivés.

Alors quoi ? Devra-t-on se contenter de la chaîne Mélenchon (bientôt avec Gérard Miller) pour écouter sa voix et entendre ses arguments ? Devra-t-il pour autant éviter toute contradiction, toute mise en cause de ses propositions sous prétexte que ses interlocuteurs ne sont pas des insoumis ? D’ailleurs le nom lui-même de son mouvement exige qu’il s’y conforme en souhaitant que les citoyens, quel que soit leur fonction, quel que soit leur place dans le débat, ne se soumettent à aucun gourou, aucun diktat, aucun Dieu ni maître.

La campagne « euphorique » et gagnante de Pierre Mendès France à Grenoble : Déjà cinquante ans…


Georges Kiejman, l'ami mendésiste.©JCH
Léone Nora est présente. Cette vieille dame digne et élégante, ancienne collaboratrice de Pierre Mendès France n’a pas voulu rater la commémoration du 50e anniversaire de l’élection de PMF dans la seconde circonscription de l’Isère en 1967. Michel, le fils de l’ancien maire de Louviers et Joan son épouse, sont également assis dans les travées de la salle Colbert de l’Assemblée nationale où ils ont été rejoints par Pierre Joxe, ancien président du Conseil constitutionnel ou encore François Loncle, successeur de PMF à Louviers et cela pendant 32 ans. Des témoins grenoblois ont également fait le voyage.

Emmanuel Laurentin, médiateur, a toutes les peines du monde à obtenir raison d’un matériel de diffusion capricieux. La salle a tout de même revu et réécouté le débat contradictoire qui opposa PMF et Georges Pompidou quelques jours avant le premier de l’élection législative de 1967. Quel débat, ponctué de cris, de vociférations, d’insultes…dans une salle majoritairement hostile (avec la présence du SAC de sinistre mémoire). PMF fit front avec un sang froid et un sens de la répartie acquis au fil des campagnes euroises pas toujours paisibles (1).

André Azoulay, président de l'IPMF.©JCH
PMF à Grenoble et pas dans l’Eure en 1967 ? Alors même que les Lovériens se sentaient orphelins de leur grand homme, déjà en 1962 à Evreux (2) ils le voyaient partir dans le Dauphiné, coupant définitivement le cordon avec son département de cœur et d’action ! Georges Kiejman — il a le sens de la formule — souligne que « Grenoble a choisi PMF plus que lui n’a choisi Grenoble. » En effet. La ville d’Hubert Dubedout connaît alors un développement industriel sensible, les forces politiques de gauche (excepté le PCF), les intellectuels, les syndicats, vibrionnent et l’environnement universitaire se montre favorable à l’homme du « discours à la jeunesse ». Car PMF, toujours, a le regard tourné vers l’avenir. Et le PSU, notamment, à ce moment de l’histoire, est un parti politique qui compte. Michel Hollard, présent à Paris, hier, le jeune secrétaire fédéral de ce parti à 26 ans, a pris le temps d’expliciter le contexte local en soulignant les contradictions internes à la gauche mais aussi les avantages de la personnalité accueillie dans sa ville : l’action, la rigueur, la vérité, le rôle du citoyen, dont Georges Kiejman assure que PMF en avait une idée sublimée !

Face à ce dernier, un gaulliste ordinaire. C’est d’ailleurs pourquoi Pompidou avait souhaité l’aider dans le combat local. Il faut se souvenir du contexte. En 1967, les forces de gauche ont le vent en poupe, pour la première fois depuis 1958, il existe une chance de les voir majoritaires au Palais Bourbon. La séquence dans laquelle Pompidou interpellé par PMF sur ce qu’il ferait en cas de défaite de la droite, est révélatrice de la toute puissance de ceux qui allaient susciter la vague bleue en 1968 — en surfant sur la peur et l’anticommunisme — et de la frayeur qu’elle a suscitée dans leurs rangs. Elle est aussi parlante quant au mépris affiché à l’égard d’une gauche alors dominée par le parti communiste français lequel — rappelons le pour mémoire, aux municipales de 1965 à Grenoble — avait exigé le poste de maire et la majorité absolue dans le conseil ! On sait ce qu’il advint…

Avec 54 % de suffrages, PMF gagne Grenoble et revient sur les bancs d’une chambre du Parlement. Mais quelques mois plus tard, mai 68, sa révolte, ses grèves, ses barricades, ses accords de Grenelle, conduisent à la dissolution de l’Assemblée nationale et la victoire écrasante des gaullistes. A Grenoble, Jean-Marcel Jeanneney, bien aidé par les communistes, est élu avec 130 (160 ? soit 0,2% d’écart) voix d’avance du PMF après une campagne indécente et violente. A Grenoble (comme à Louviers d’ailleurs) la droite agite le drapeau noir et effraie le bon peuple. L’idylle n’aura pas duré longtemps. Deux ans après sa défaite, PMF tombe malade et abandonne la politique active non sans commenter jusqu’à sa disparition, surtout à l’international, les principaux événements notamment ceux du conflit Israël-Palestine, où il a tenté de concilier ce qui demeure encore aujourd’hui, inconciliable.

PMF a adoubé François Loncle en 1978.©Jean-Charles Houel
André Azoulay, président de l’Institut Pierre Mendès France, a raison d’évoquer la modernité de la parole mendésiste. Le rôle de l’IPMF est justement de porter haut cette parole dont les échos résonnent jusque dans les discours des principaux candidats aux postes éminents. J’ose évoquer un petit point de désaccord avec Georges Kiejman. Ce dernier, ami indéfectible de PMF, militant infatigable à Evreux et Grenoble, après qu’il eut évoquer le climat affectif des relations humaines aussi denses qu’euphoriques avec PMF surtout pendant la campagne de Grenoble, assure que s’il avait « souvent économiquement raison, PMF eut parfois tort politiquement ». Il cite les premières mesures du gouvernement Mauroy (3) suivies du tournant de la rigueur (économique celle-là !) prouvant pourtant, s’il en était besoin, que PMF avait une fois de plus raison. C’était déjà l’origine du conflit entre PMF et le général de Gaulle à la sortie de la guerre. Avec le temps, on sait maintenant que René Pleven avait économiquement tort. Et le général de Gaulle avec.
(1) J'ai personnellement (javais 10 ans) souvenir d'une campagne violente à la salle des fêtes de Louviers en 1956 avec intervention des paras de « Biaggi »…j'ai retenu ce nom, j'ignore toujours qui cet homme était vraiment. 
(2) lors des législatives de 1962, PMF a fait le choix d’affronter Jean de Broglie, ministre du général de Gaulle dans une circonscription d’Evreux. Il y avait pourtant un désir de Mendès France à Louviers. Le chagrin qu'il éprouva en 1958 (battu au premier tour par Rémy Montagne) était encore trop fort.
(3) J’avais interviewé PMF quelques semaines avant les législatives de 1981 en soutien à la candidature de François Loncle. Il avait refusé de commenter les mesures économiques de l’exécutif Mauroy-Mitterrand. Son silence valait plus que prudence.

3 décembre 2017

Les conférences de la SED de Louviers : l'architecture pré-romane et romane dans l'Eure le 16 décembre


Eglise romane dans l'Eure.
La prochaine conférence de la Société d’Études Diverses aura lieu le samedi 16 décembre, à l’heure et au lieu habituels : à 16 heures, dans la salle Pierre Mendès France, à l’Hôtel de Ville de Louviers.
Après la Renaissance, c’est à l’art roman que nous nous intéresserons. Pour en parler, nous accueillerons un spécialiste de cette période, Nicolas Wasylyszyn, Ingénieur du Patrimoine, adjoint au Chef de l’Unité départementale de l’Architecture et du Patrimoine de l’Eure. Vu l’ampleur du sujet, c’est un aspect de l’art roman dans le département qu’il abordera : « Archéologie du bâti des églises antérieures à 1050 dans le nord de l’Eure ».

L’architecture pré romane et romane précoce de Haute-Normandie a depuis longtemps retenu l’attention de nombreux historiens de l’art et archéologues qui ont défini les caractères remarquables de ces édifices. Récemment, les travaux de Jacques Le Maho et Jim Morgenstern sur l’église de Saint-Pierre-de-Jumièges ont permis d’avancer sur ce sujet en reculant la date d’édification de ce monument du XIe au IXe siècle.
En 1997, un pré-inventaire des édifices dédiés à Saint-Martin avait mis en valeur le caractère précoce de plusieurs églises par rapport aux canons de l’architecture de la seconde moitié du XIe et du début du XIIe siècle. Sur les bases de ce travail, un inventaire plus large a été réalisé sur les églises de Haute-Normandie présentant des archaïsmes architecturaux. Ce corpus en regroupe actuellement 78, identifiées comme romanes précoces. Par des recoupements architecturaux, toponymiques, topographiques, on pouvait déjà avancer l’hypothèse que ces églises ont été construites entre la seconde moitié du Xe et le début du XIe siècle.
Des datations récentes au radiocarbone réalisées sur des fragments de bois prélevés dans les mortiers de l’église du hameau de Pierre Ronde, dans la nouvelle commune de Mesnil-en-Ouche (canton de Bernay), et de celle de Calleville (canton de Brionne) semblent confirmer cette hypothèse. Nous découvrirons tout cela en images au cours de la conférence.

L'assemblée générale de « Sortir du nucléaire » aura lieu à Louviers le 9 décembre


1977 à Louviers. ©Jean-Charles Houel
Communiqué :
« La prochaine assemblée générale de Sortir du Nucléaire 27 aura lieu le samedi 9 décembre de 14h30 à 16h30 à Louviers, salle des colonnes (cour de la mairie).
L'actualité montre de plus en plus que le nucléaire est une source d'énergie dangereuse, polluante et toxique, coûteuse pour les finances publiques et nos porte-monnaie, qui empêche la recherche et le développement des énergies renouvelables.
Que ce soit les incidents quotidiens, la pénurie d'électricité qui se profile, le démarrage de l'EPR de Flamanville annoncé pour 2018, malgré les défauts de la cuve et du couvercle du réacteur, le casse-tête des déchets nucléaires qui débordent des centrales et que les nucléocrates veulent enfouir en grande profondeur au mépris de la population de la Meuse et des générations futures... le fiasco technologique, humain et financier est chaque jour mis en évidence.

Pour apporter notre contribution à la bataille antinucléaire, nous avons besoin de nous retrouver et d'échanger. La présence du plus grand nombre est recommandée.
Au menu :
— situation générale du nucléaire. Où en sont les EPR de Flamanville, d'Hinckley Point, d'Ilkiluoto? Où en est le projet CIGEO d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure ?
bilan des activités de SDN 27 et perspectives pour 2018
— discussion du renouvellement des cotisations aux associations amies et au réseau (ou pas).
— renouvellement du bureau (les volontaires pour participer peuvent se faire connaître avant l'AG)
— cotisations (10 euros ou 5 euros)
— autres sujets (selon les demandes)
Nous clôturerons notre AG par un pot. »

29 novembre 2017

L'égalité homme-femme au Moulin de Louviers le 11 décembre prochain


La Maison de l’Europe communique :
« A part égale » est un évènement organisé par le CREPI Normandie ainsi que de nombreux partenaires dont la Maison de l'Europe de l'Eure – Centre d'Information Europe Direct. Il se tiendra le lundi 11 décembre au Moulin de Louviers à 16 h 30. Cet évènement abordera  le sujet de l’égalité entre les femmes et les hommes qui suscitent de nombreuses interrogations et débats à l’heure actuelle.

Ci-dessous, un aperçu de son contenu :
- Jean-Michel Monnot, membre du haut conseil à l’égalité hommes/femmes, sera présent afin d’échanger avec humour sur ce thème.
- La pièce de théâtre « Coups et torchon » vous sera présentée par la troupe du Théâtre des Coteaux.
- Un temps d’échange entre Jean-Michel Monnot et la troupe de théâtre clôturera la rencontre autour d’un cocktail.

Vous pouvez trouver le programme détaillé ci-après :
http://www.maison-europe27.org/?p=5866

N’hésitez pas à vous inscrire, il reste encore quelques places :
https://a-part-egale.eventbrite.fr, mot de passe : Normandie.

Un scrutin de listes nationales pour les élections européennes de mai 2019 : la solution du bon sens


Aux Européennes, les députés sont élus pour cinq ans. ©Jean-Charles Houel
L’expérience démontre que le mode de scrutin ne détermine pas forcément une politique et encore moins une majorité…si le peuple souverain en décide autrement. Pourtant, l’élection des députés européens sur des listes régionales a fait la preuve de son obsolescence. Qui connaît les députés européens de notre région d’élection avec les Hauts-de-France, la Normandie etc ? Qui se souvient de la précédente campagne quand une socialiste de Tours se présentait à Rouen en jurant qu’elle s’installerait en Normandie. Mon œil !

Rien n’est pire qu’un scrutin impersonnel, où la vision politique des projets et des candidat(e)s n’apparaît pas au premier coup d’œil. Emmanuel Macron et Édouard Philippe ont raison de vouloir mettre fin à un mode de scrutin qui éloigne les représentants (qu’on ne connaît pas) de leurs électeurs. Mais comme l’élection des députés européens est une élection importante, non décisive certes en l’état actuel des pouvoirs du parlement européen, mais symbolique de l’état des forces en présence dans le pays, il est sain que des listes nationales à la proportionnelle permettent aux électeurs(trices) de désigner ceux et celles qui seront facilement identifiables et facilement classables en fonction des projets ou des étiquettes.

Parmi les anti-européens, il sera facile de trouver les candidats FN, les patriotes de Philippot, certains Insoumis, les souverainistes de Dupont-Aignan et aussi des membres des Républicains. Wauquiez ne présente pas, en effet, malgré des reculades récentes, un brevet d’européen convaincu alors même que le Brexit et les velléités d’indépendance de la Catalogne devraient le conduire à vouloir parfaire le projet d’union européenne. Imagine-t-on en effet la Catalogne avec des frontières, une armée, une justice, une police…alors qu’une autonomie plus complète que celle d’aujourd’hui pourrait répondre aux légitimes aspirations d’une frange importante de la population.

Parmi les europhiles, on trouve : la République en Marche, le PS, les centristes de l’UDI et du MODEM, si bien qu’un axe central devrait permettre de dégager des majorités d’idées dans notre vieux pays de France. Edouard Philippe reçoit aujourd’hui les dirigeants des partis politiques ou mouvements pour leur annoncer le choix de listes nationales élues à la proportionnelle. Il leur précisera même que le président souhaite des listes transnationales si la législation européenne le permet. Le départ des Britanniques offre quelques places supplémentaires aux grands pays d’où l’offre intéressante de l’exécutif.

Pour être prêt en mai 2019, date des prochaines élections européennes, le parlement français devra débattre en 2018 des modalités du scrutin. La nouvelle loi électorale devrait donc être approuvée au cours du printemps 2018. D’où les initiatives actuelles du gouvernement.




28 novembre 2017

Quelques réflexions au débotté : Wauquiez et les opportunistes, la majorité sexuelle à 15 ans ? Trump l'obscène, le 50e anniversaire de l'élection de PMF à Grenoble, la destruction des reines frelons,


Wauquiez et « le ramassis d’opportunistes »
On apprend, mais est-ce vraiment une surprise, que Mme Virginie Calmels, première adjointe au maire de Bordeaux, Alain Juppé, a fait ses œuvres de service à Emmanuel Macron, président de la République, pour entrer au gouvernement au printemps dernier. Elle affirme qu’elle a été sollicitée — ce que personne ne croit — et comme le président a jugé bon de ses passer de ses services, cette ancienne proche d’Alain Juppé s’est jetée dans les bras de Laurent Wauquiez. Lequel Alain Juppé aurait déclaré à des proches que s’ils possédaient un parquet neuf, il valait mieux pour eux de ne pas inviter Mme Calmels.
L’affaire est amusante dans la mesure où le futur nouveau patron des Républicains  a qualifié les adhérents de son parti appelés auprès du président de « ramassis d’opportunistes », un mot qu’il devrait utiliser avec infiniment de précautions compte tenu de sa trajectoire politique dont on peut sans crainte affirmer que ce ne fut pas une ligne droite. Wauquiez a tout fait. De la droite sociale à la droite identitaire, le voilà qu’il marche sur les plates bandes du Front national et que, s’il affirme ne jamais envisager d’accord avec Marine Le Pen, il s’est bien gardé de prononcer ce pronostic avec le Front national lui-même. Peut-être pense-t-il qu’un accord serait possible avec Marion Maréchal Le Pen ce qui finirait de le discréditer.

La majorité sexuelle à 15 ans ?
Après la condamnation à 18 mois de prison avec sursis d’un professeur accusé d’avoir eu des relations sexuelles avec une collégienne âgée de 14 ans et la récente mesure de clémence pour un homme convaincu d’avoir eu des relations sexuelles avec une mineure de 11 ans, la question du consentement est posée. Certains proposent de fixer l’âge du consentement éclairé à 13 ans mais le président de la République considère, lui, que le vrai consentement ne peut être obtenu qu’à l’adolescence et notamment à l’âge de 15 ans.
Les mouvements féministes et des associations de parents sont favorables à cette majorité à 15 ans. Avant cet âge, l’emprise des adultes serait trop prégnante et le libre arbitre du jeune trop faible. Même si les mœurs évoluent, même si l’information sexuelle est élargie, il n’en reste pas moins que le consentement ne peut être valablement obtenu et donc partagé qu’en une recherche d’équilibre des sentiments et de l’engagement. Si l’on considère évidemment qu’un acte sexuel engage celui ou celle qui accepte de s’y adonner. La loi devrait évoluer au cours des prochains mois. C’est d’autant plus utile qu’un vide juridique existe et que les tribunaux font face à des situations abracadabrantes. Elles trouveraient une solution avec une loi sans ambiguïté.

Trump l’obscène et Pocahontas
Recevant des descendants d’Indiens Navajos, le président Trump s’est cru malin en faisant de l’humour avec le surnom donné à une femme membre du congrès, démocrate, que Trump appelle Pocahontas. Cela n’a fait rire que lui. Même son entourage était gêné.
C’est le même homme qui apporte son soutien à un candidat républicain septuagénaire, réputé pour être religieux pratiquant mais aussi et surtout pour avoir agressé sexuellement nombre de jeunes femmes. Roy Moore, puisque tel est son nom, refuse de reconnaître ses mauvaises actions. Comment pourrait-il en être autrement ? Weinstein n’affirme-t-il pas que toutes les femmes qu’il a agressées (et violées pour certaines d’entre elles) étaient consentantes ? C’est la même défense, partout et tout le temps !
Que Trump soutienne un agresseur sexuel ne devrait pas nous surprendre. Lui qui se vantait, hier, d’attraper les femmes par « la chatte » doit faire face lui aussi, à des accusations graves d’agressions sexuelles. Il doit seulement à sa situation et son immunité présidentielle de ne pas faire l’objet de poursuites judiciaires. Les USA ? Quel pays !

Le 50e anniversaire de l’élection de PMF à Grenoble

PMF à son bureau de maire à Louviers
Lundi prochain, dans la salle Colbert de l’Assemblée nationale, l’Institut Mendès France organise une conférence débat à l’occasion du 50e anniversaire de l’élection de PMF dans une circonscription de Grenoble en 1967. Présentée par Emmanuel Laurentin, Producteur à France Culture avec, pour Intervenants, Jean Garrigues, professeur à l’Université d’Orléans/Sciences Po, président du Comité d’histoire politique et parlementaire, Georges Kiejman, avocat, ancien ministre, collaborateur de Pierre Mendès France et membre de l’équipe de campagne de PMF en 1967, Michel Hollard, professeur honoraire à l’université de Grenoble-Alpes, secrétaire fédéral du PSU en 1967.
La présentation sera notamment illustrée par des extraits du meeting organisé à la Patinoire de Grenoble, le 26 février, par Jean Vanier, candidat gaulliste, en présence de Georges Pompidou, Premier ministre, auxquels Pierre Mendès France est venu porter la contradiction.
Attention aux reines des frelons asiatiques
Deux reines à droite sur la photo. ©jean-Charles Houel

J’ai déjà expliqué, ici, combien le frelon asiatique s’était développé dans notre région. Ce prédateur d’abeilles s’est installé en Normandie au cours des années récentes et son influence négative sur les populations des ruches est sensible. Pour venir à bout de ce prédateur, il existe évidemment maintes recettes mais les pièges les plus simples semblent aussi les plus efficaces.
Si j’ai récolté des dizaines de frelons dans les pièges posés près de mes ruches, la saison est enfin arrivée où ils se font bien plus rares. Mais, car il y a un mais, les insectes sexués dont les reines qui, l’an prochain, développeront des nids et ses importuns résidents, cherchent encore des proies et des lieux protégés pour passer l’hiver. D’où la nécessité de conserver en état de marche des pièges qu’on pourrait juger inutiles. C’est ainsi que j’ai récolté des reines (voir photo) dont la corpulence démontre la future efficacité de ces nuisibles dont l’Etat doit assurer la destruction.



27 novembre 2017

Samedi 2 décembre à 14 h 30 à Évreux aux Archives départementales de l’Eure « Jean sans Terre, roi d’Angleterre, duc de Normandie » par Jean-Claude Viel


Dans le cadre des conférences mensuelles de la Société libre d’agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l’Eure, association laïque fondée en 1798 sous le Directoire, son président Jean-Pierre Raux a invité le samedi 2 décembre Jean-Claude Viel, guide et conférencier.

Cette conférence est intitulée « Jean sans Terre, roi d’Angleterre, duc de Normandie ». Elle aura lieu comme de coutume aux Archives départementales de l’Eure à Évreux, 2 rue de Verdun, à partir de 14 h 30.

Littérature et cinéma ont donné au prince Jean le rôle du « méchant » dans les aventures de Robin des Bois. Cette réputation est-elle seulement une fiction éloignée de la  vérité historique ?

Fils d’Henri II Plantagenêt et d’Aliénor d’Aquitaine, Jean devint roi d’Angleterre et duc de Normandie en 1199 à la mort de son frère Richard Cœur de Lion. L’histoire nous montre en lui un souverain anglo-normand médiocre : il perd peu à peu la plus grande partie des territoires anglais sur le continent, dont le Château Gaillard aux Andelys et la Normandie en 1204. Ses barons se soulèvent contre lui, le déposent et proclament un prince français roi d’Angleterre à sa place.

Et pourtant, c’est sous son règne que fut promulgée la Grande Charte en 1215. Ce document hélas méconnu  des Français est pourtant fondateur de nos sociétés modernes tant du point de vue juridique que politique ou constitutionnel. L’Unesco, d’ailleurs, voit en cet homme si controversé le fondateur de la démocratie parlementaire. C’est pourquoi Winston Churchill pensait que, malgré tous ses vices et ses défauts, Jean sans Terre fut le plus important des souverains anglais et que l’Europe d’aujourd’hui lui doit plus à lui qu’à tous les autres.

Alors, Jean sans Terre, un mauvais roi ? Un mauvais règne?  Certainement, mais il nous  a laissé un bel héritage : cette conférence fera découvrir les premiers balbutiements de notre démocratie parlementaire où on parlait des affaires du royaume, on faisait « parlement » de celles-ci. Parlement : un  mot qui a traversé les siècles... 

Jean-Claude Viel est un habitué des conférences de la Société libre de l’Eure, devant laquelle il a déjà présenté en 2016 l’histoire de la vigne en Normandie.

Entrée libre et gratuite.
Société libre de l’Eure, 2 rue de Verdun 27025 Evreux cedex. – http://societe-libre-eure.org

24 novembre 2017

Entendre les maires se plaindre et larmoyer est insupportable


Entendre les maires (ruraux le plus souvent) se plaindre et larmoyer m’est insupportable. Dans leurs récriminations répétées, ils mettent en avant leur dévouement, leur bénévolat, leur disponibilité et j’en passe, ce qui justifierait pleinement leurs plaintes constantes contre l’Etat et ceux qui le représentent. Que le maire de Saint-Etienne raconte sa rencontre avec Emmanuel Macron sous la forme d’un dîner de cons démontre bien qu’il s’agit là d'une posture politicienne conforme au conservatisme inhérent à l’engagement politique d’un nombre incalculable d’élus de petites ou de grandes communes. Tout est bon pour mener le combat idéologique contre un pouvoir qu'il ne respecte pas (1).

C’est si vrai qu’il suffit de regarder de près les résultats obtenus par Marine Le Pen et François Fillon, ou lors des sénatoriales par les candidats de la droite, pour comprendre que ces maires, soi-disant victimes, sont des relais efficaces pour un Wauquiez par exemple, ou d’autres élus d’une espèce non en voie de disparition. Les maires dits ruraux et « apolitiques » sont, pour la plupart d’entre eux, de fieffés militants de droite (ils en on le droit évidemment). Ceux que j’ai connus pendant ma carrière (sauf exception) cultivaient un relationnel étroit et efficace avec les associations qu’ils finançaient ou flattaient d’une manière ou d’une autre. Il a fallu, par exemple, des efforts considérables de la part des élus de Louviers et Val-de-Reuil (avec Incarville) pour construire une intercommunalité qui, depuis, a fait toutes ses preuves. Dieu sait s’ils s’y sont opposés pendant des années !

Pendant les dernières décennies, les maires des 36 000 communes de France (une exception européenne !) ont été bercés, encouragés par des parlementaires sous influence, aux petits soins pour ces relais d’opinions. La réserve parlementaire jouait alors à plein ! Quand j’entends, donc, leurs gémissements devant les micros qu’on leur tend avec facilité, je me dis : rien ni personne n’oblige qui que ce soit à se présenter à une élection ! Rien ni personne ne contraint qui que ce soit à accepter d’être le représentant d’une population et d’agir en son nom ! Si les élus des communes se sentent humiliés, qu’ils démissionnent (comme le groupe d’opposition à Val-de-Reuil) ! Si les élus locaux n’ont pas compris que les temps changent, que leurs investissements ne sont pas tous utiles ou nécessaires — je pense à la halle couverte de Louviers à un million d’euros ! (2) — Ils doivent changer leur logiciel et ne pas se plaindre de la volonté de l’exécutif actuel de modérer les dépenses.

« Nous sommes là pour rendre service », voilà le leitmotiv permanent entendu au congrès des maires. Mais l’élection ne survient jamais par hasard. Pourquoi des citoyens ordinaires acceptent-ils d’inscrire leur nom sur une liste ? Par goût du pouvoir, parfois. Par souci de reconnaissance, aussi. Par narcissisme ou comme moyen de gagner sa vie, et donc par profession, souvent. L’expérience nous impose de ne jamais être dupe. Il n’est qu’à voir le nombre d’élus battus (avec les dépressions) tellement addictifs au pouvoir qu’ils sont constamment obsédés par leur retour. Même si, heureusement, il existe bien des élus désintéressés qui ont compris que l’exercice du pouvoir permet de partager des richesses locales, d’accroître les services publics, de résoudre des problèmes collectifs ou individuels. La construction d’équipements sociaux, culturels, sportifs, des logements ou des voiries, le fonctionnement de ces équipements avec des moyens souvent coûteux prouvent que la gestion d’une ville, d’un département, d’une région peut améliorer la vie. Il n’en demeure pas moins que le niveau d’impositions locales peut être tel qu’il nuit au développement d’une ville et le maire actuel de Louviers, par exemple, a compris qu’il ne pouvait plus accroître l’endettement sous peine de chasser un peu plus les foyers soumis à l’impôt.

Des maires ? Il en faut. Leur rendre justice c’est ne pas s’apitoyer sur leur sort et réserver la meilleure part au jeu politicien. Le diner de cons dont parle le maire de Saint-Etienne n’est, au fond, qu’une amertume et un désamour face à un pouvoir qu’il aimerait autre.

(1)  Le maire LR de Saint-Etienne est bien mal placé pour reprocher à Emmanuel Macron sa volonté d’économies (13 milliards sur le quinquennat) quand Fillon proposait de réduire de 20 milliards d’euros les dépenses ! Il avait même projeté de supprimer 500 000 emplois de fonctionnaires dont plusieurs dizaines de milliers dans la fonction publique territoriale. Un peu de cohérence SVP.
(2)  Cette halle fait beaucoup jaser dans les chaumières. J’avoue que j’entends tout et son contraire sur cet équipement censé favoriser le commerce local. Est-ce bien le cas ?

20 novembre 2017

Cachez cette cibiche que je ne saurais voir

Brassens sans sa pipe ?©Jean-Charles Houel

Une sénatrice propose, le plus sérieusement du monde, de modifier les images de films anciens dans lesquels on voit des acteurs fumer un clope. Pour lutter contre le tabagisme, affirme-t-elle, il est nécessaire que les jeunes n’apprennent pas que, hier encore, des hommes et des femmes fumaient…sur les écrans à une époque où ni la littérature, ni la science ne trouvaient à redire.

Je suis favorable aux campagnes conduites pour réduire la consommation de tabac voire pour l’interdire aux mineurs sous une forme ou sous une autre. Ayant été un « petit » fumeur durant ma jeunesse, j’ai arrêté très tôt, non pas parce que j’avais peur d’une quelconque maladie mais parce que je n'y trouvais pas beaucoup de plaisir. Je comprends bien qu’on soit addictif et qu’il soit difficile d’en sortir.

Est-ce une raison suffisante pour ignorer ce que furent notre histoire et notre lien au tabac ? Est-ce une raison suffisante pour altérer les œuvres de grands cinéastes qui, qu’on le veuille ou non, verraient aujourd'hui Jean Gabin ou Jean-Paul Belmondo se mettre les mains dans les poches alors qu’ils en allumaient une ? Devra-t-on caviarder les enregistrements de Serge Gainsbourg, accro au tabac (mais pas seulement) sous prétexte qu’il n’est pas bien de donner un exemple fâcheux ?

Ne vaudrait-il pas mieux éduquer, prévenir, informer, alerter, plutôt que de proposer des mesurettes coercitives dont on sait qu’elles n’auront aucun effet réel. J’ai même entendu dire que certains proposent une interdiction aux moins de 18 ans pour des films dont certains personnages ont le cigare ou la cigarette au bec ! On marche sur la tête. Décidément, les Tartuffe ont encore et toujours de beaux jours devant eux.