26 janvier 2015

La situation a changé en Europe avec la victoire de Syriza et d'Alexis Tsipras


Alexis Tsipras a gagné son pari.
Syriza a gagné et de quelle façon ! La majorité absolue au parlement grec est ratée pour deux sièges seulement 149 au lieu de 151. Gageons Qu’Alexis Tsipras, le principal responsable du mouvement, n’aura aucune difficulté pour obtenir ces deux sièges lui permettant de s’assurer une majorité de gouvernement. Comme prévu, mieux que prévu, les Grecs ont choisi le changement en rejetant à la fois les partis de droite et d’extrême-droite (nazi même) et les partis de gauche rappelant un tant soit peu l’action du PASOK, le parti socialiste historique. Quelques nouveaux petits partis (de gauche) permettront au nouveau premier ministre de gouverner sans crainte ni sans peur.

Les principales revendications de Syriza ? La fin de l’austérité et la réduction de la dette, pourront elles être satisfaites ? C’était tout l’enjeu de cette élection. Et les citoyens grecs ont répondu massivement en faveur d’une nouvelle approche de la crise économique et financière. Pour eux, les classes modeste et moyenne n’ont pas à faire les frais des «fraudes, exceptions, gabegies » dont elles ne sont en rien responsables. Que vont être les nouveaux rapports entre le gouvernement grec et la Commission européenne ? Que vont faire le FMI (Fonds monétaire international) et la BCE (banque centrale européenne) principaux créanciers de la Grèce depuis cinq ans ?

Il est bien évident que, cette nuit, la situation a changé en Europe. Une gauche radicale au pouvoir dans l’un des 18 pays de la zone euro, voilà une nouveauté, une révolution en quelque sorte. Le pays qui a donné naissance à la démocratie et à notre civilisation est en droit d’exiger de ses partenaires européens une considération et une recherche de dignité à l’égard de son peuple. Alexis Tsipras incarne cette exigence. L’homme est séduisant, intelligent, convaincu et convaincant, il sera un interlocuteur de poids face aux commissaires européens et aux autres chefs d’Etats et de gouvernements.

Et la France là-dedans ? Jean-Luc Mélenchon exulte, les communistes jubilent, certains socialistes sont heureux, François Hollande s’est dépêché de féliciter le nouveau responsable de la politique grecque. Peut-être va-t-il trouver en Alexis Tsipras un complice capable de l’aider à faire passer son message concernant une politique d’investissements audacieuse et une remise en cause du credo néo-libéral ? Si le mouvement Podemos (en Espagne) amplifie la victoire de cette gauche réaliste et populaire lors des élections de l’automne, il ne fait aucun doute que la France devrait être, elle aussi, prête à réduire l’influence de la pensée dominante, celle que Bernard Maris combattait sans relâche dans ses éditoriaux de Charlie Hebdo.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Sauf à être d’une incorrigible naïveté, comment peut-on imaginer un seul instant que Tsipras et Hollande deviennent un jour complices ? Les socialistes français, à commencer par le premier d’entre eux, n’ont jamais reçu Alexis Tsipras qu’ils ont depuis des années ignoré et pris grand soin d’éviter. En soutenant systématiquement le Pasok, le parti socialiste grec, dont le leader Papandréou s’est immédiatement couché après son élection à la première injonction de Bruxelles. Le Pasok, ce parti pourri, dont la corruption et le clientélisme sont de notoriété publique, a gouverné sans interruption depuis 2010 en s’alliant d’abord avec la droite, puis avec la droite et l’extrême droite. François Hollande s’est même rendu à Athènes à l’époque pour saluer cet invraisemblable attelage et le soutenir dans la voie de l’austérité dictée par la troïka, allant jusqu’à encourager les entreprises françaises à participer au dépeçage de la Grèce mise en coupe réglée. Il ne faut pas avoir la mémoire courte. Si François Hollande avait un tant soit peu voulu résister au diktat néolibéral de l’Europe d’Angela Merkel, il aurait commencé par tenir sa promesse électorale de renégocier avec elle le traité européen comme il s’y était engagé. Ce qu’il s’est bien gardé de faire. À ce niveau de duplicité, le Parti socialiste ne perd rien pour attendre. Il sera avant longtemps dans la situation où se situe aujourd’hui le Pasok qui a recueilli 4,8% des voix à cette dernière élection. Attendons les départementales, puis les régionales. C’est juste une question de patience.
RH