12 décembre 2014

On est dans le jeu de rôles avec la polémique sur l'état des finances municipales de Louviers


Il est dans la nature des choses qu’une équipe municipale succédant à une équipe d’une autre couleur politique lui cherche des poux sur la tête dans le domaine des finances. Ainsi, François-Xavier Priollaud, le nouveau maire de Louviers, n’a-t-il pas refusé de céder à cette tentation en sollicitant « l’Etat » pour connaître la situation objective des finances de la ville de Louviers et par conséquent celle des contribuables.
Compte tenu des conclusions tirées par le nouveau maire — il juge cette situation catastrophique — il fallait s’attendre à une contestation de l’ancien lequel a passé 19 ans à la tête de la municipalité sans mégotter sur les investissements et en renouvelant constamment le stock de la dette. On est dans le jeu de rôles inévitable.
François-Xavier Priollaud. (capture d'écran)
Je ne suis pas forcément d’accord avec toutes les conclusions de M. François-Xavier Priollaud même s’il est de bonne guerre d’effectuer des comparaisons avec les villes moyennes situées dans la même strate démographique que Louviers. Il est un point sur lequel on ne saurait lui donner tort : le niveau d’imposition dans notre ville est élevé, trop élevé sans doute quand l’argent se fait rare et que la crise économique et financière perdure. Avec une dette de près de 2000 euros par habitant, Louviers occupe une place largement au-dessus de la moyenne des villes comparables. J’ai à plusieurs reprises, sur ce blog, dénoncé la fuite en avant de l’ancienne municipalité ce qui fut, d’ailleurs, l’une des causes de l’éclatement de l’ancienne majorité PS-PRG. Chiffres en main, Michel Doucet, ancien adjoint aux finances et professionnel des finances locales, avait tiré la sonnette d’alarme à diverses reprises sans être entendu par le maire. Je me suis même laissé dire que lors du mandat récent, le maire avait outrepassé le vote majoritaire de son groupe (en interne) visant à rejeter la pose d’une pelouse synthétique au stade Paul Coudray. Rien n’y fit, un acte d’autorité solitaire imposa cette pelouse dont la dépense avoisinait 600 000 euros tout de même ! Peut-on considérer que la pose d'une pelouse synthétique est du domaine de l'urgence ?
L’ancien maire affirme que le niveau de la dette demeurait constant et que c’était le but recherché. En fait, la question se pose différemment : ce niveau évidemment trop élevé aurait dû diminuer et la municipalité aurait dû engager un processus de désendettement forcément long pour ne pas être brutal. A deux reprises, l’ancienne équipe a au contraire augmenté les impôts dans une période où les Français et donc les Lovériens étaient contraints de se serrer la ceinture. Cet élément a d'ailleurs joué un rôle non négligeable dans l’échec de l’équipe sortante.
Je sais bien qu’on ne conduit pas une politique collective comme on le fait dans un ménage. Une ville, surtout une ville comme Louviers, n’est pas près de faire faillite ou d’être mise sous tutelle comme le laisse entendre le maire actuel. Sur ce point la menace semble plus polémique que concrète.
Mais quand l’argent public se faire rare et les subventions avec, la responsabilité des élus est de bien gérer et de bien dépenser. Il faut éviter les gaspillages, rechercher la mutualisation avec l’agglomération (combien d’emplois transférés ?) et aussi limiter ses ambitions et les projets nouveaux. D’autant plus que l’entretien de l’existant a été…inexistant et que le fonctionnement de nombreux services a pâti du manque d’argent suite aux choix de l'équipe alors aux commandes de la ville.
Il est trop tôt pour porter un jugement sur le projet politico-financier de François-Xavier Priollaud et de sa majorité. Le nouveau maire est encore dans la dénonciation de l’héritage, il a annoncé que le niveau des impôts n’augmenterait pas, ce qui est une bonne chose, mais on ignore encore les détails des économies qu’il compte réaliser. Le projet de budget 2015 nous éclairera sans doute quelque peu sur ce point.

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