2 octobre 2014

La nouvelle région normande aura (sans doute) Rouen pour capitale

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Nicolas Mayer-Rossignol et Marc-Antoine Jamet s'expliquent face aux citoyens. (photo JCH)
Si on devait décerner un prix de pédagogie à un élu, Nicolas Mayer-Rossignol serait assurément parmi les tout meilleurs. Elu président de la Région Haute-Normandie il y a une année, il a appris vite et connaît maintenant sur le bout des ongles les dossiers les plus techniques et les plus ardus. Fidèle à l’engagement pris devant les élus régionaux et surtout les citoyens, le président va de ville en ville, de campagne en campagne, expliquer les choix régionaux, dresser le bilan des actions engagées, rappeler les compétences légales et les contraintes financières d’une assemblée mal connue ou en tout cas dont la politique est trop rarement explicitée.

A Val-de-Reuil, hier, la salle du CCAS s’est avérée trop exigüe pour contenir le nombreux public invité par Marc-Antoine Jamet, vice-président de la région chargé des finances et maire de la commune. Nicolas Mayer-Rossignol était venu « dire ce qu’il fait et faire ce qu’il dit » selon la formule consacrée. Il est satisfait que la gestion financière de la région soit une des meilleures de France. Il rappelle que le budget régional c’est un milliard d’euros, 600 salariés (et 12% des dépenses) et des compétences importantes comme la construction et l’entretien des lycées, les transports régionaux, l’aide aux investissements des collectivités (agglomérations, communes, 276) les subventions aux associations, la formation, le développement des énergies durables (éolien offshore notamment) et au-dessus de tout le souci constant de favoriser l’emploi qu’il s’agisse d’emplois existants ou de créations. Si le chômage des jeunes diminue en Haute-Normandie, il n’en est pas de même pour les séniors de plus de 50 ans qui, en plus, souffrent de la longue durée sans travail.

Comment ne pas évoquer ensuite la réforme territoriale (je la juge improvisée, floue et mal conduite par le gouvernement) sans souligner la fusion projetée des deux régions normandes. Pour Nicolas Mayer-Rossignol, la capitale régionale ne peut être que Rouen et sa métropole de plus de 500 000 habitants, « mais, insiste-t-il, il ne faut pas focaliser sur cet aspect du dossier. Nous avons tant à faire ensemble. »
L’avenir des départements ? S’il est acquis qu’en Seine-Maritime, la future métropole pourrait s’emparer des compétences départementales, il semble bien que l’Eure pourrait être considérée comme un département rural assurant ainsi la survie du cadre institutionnel actuel.

Côté finances, même si la région est bien gérée et assure des investissements « soutenables » la baisse des dotations de l’Etat entraînera un manque à gagner de plusieurs millions d’euros qu’il faudra compenser. On en saura plus le 13 octobre jour de présentation des orientations budgétaires.

Véronique Julien souligne le travail accompli par la Basse-Normandie dans le domaine de la transition énergétique et propose à notre région de s’en inspirer pour le travail futur.
Nicolas Mayer-Rossignol a eu raison également de mettre en évidence les actions conduites dans le domaine culturel, actions d’autant plus nécessaires que la crise économique perdure et que souvent, la culture est la première à faire les frais des économies…
La présidente de "Non à l’autoroute" a rappelé ses revendications. Soutenu par Franck Martin, le président de la Région constate que les interpellations régionales sur le foncier, la pollution (bruit, paysages etc.) n’ont pas encore reçu de réponses satisfaisantes. L’autoroute se fera car il s’agit d’un choix étatique qui s’impose aux collectivités et répond aux demandes d’une frange importante de la population.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

2047On peut débattre à l'infini du choix d'un chef-lieu. J'avais appris à l'école que les chefs-lieux des départements avaient été choisis pour pouvoir être rejoints, à cheval, en une seule journée. ce qui explique (par exemple) le choix de Rouen, plutôt que Le Havre et de Saint-Lô, plutôt que Cherbourg. Certes, on ne se déplace plus guère à cheval, mais la notion de centralité demeure à maints égards, notamment historiques et culturels. Le choix de Rouen correspondrait à un élargissement de la banlieue parisienne. Le choix de Caen correspondrait probablement mieux à l'affirmation d'une identité régionale !

Michel Viger