10 janvier 2014

Avis à ceux et celles qui souhaitent se lancer dans l'apiculture


Le miel de Montagne est également très apprécié. (photo Jean-Charles Houel)
L’Europe connaît un grave déficit d’abeilles pour polliniser ses cultures. C’est le cas de la Grande Bretagne, de la France, de l’Allemagne notamment. En France, il manquerait entre 25 et 50 % d’insectes pollinisateurs eu égard aux besoins. Des besoins qui ont explosé depuis quelques années avec la croissance des cultures d’oléagineux nécessaires, notamment, à la production de biocarburants.
Une étude de chercheurs britanniques est parvenue à ces conclusions dangereuses pour l’avenir. On sait maintenant que les abeilles domestiques ne suffisent plus pour assumer leur tâche de pollinisateurs et que de plus en plus d’insectes sauvages sont utiles à la reproduction des fleurs en fruits. Mais ces insectes sauvages, comme les abeilles d’ailleurs, sont victimes des monocultures ou des produits phytosanitaires dangereux pour eux.
Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et donc ministre de l’apiculture, a décrété un moratoire (en Europe aussi) de deux ans empêchant l’utilisation des produits tueurs d’abeilles tels le fipronil et trois molécules dites néonicotinoïdes (clothianidine, imidaclopride, thiaméthoxame). Ce moratoire devrait céder la place à une interdiction définitive des ces produits d’autant plus pernicieux qu’ils sont introduits dans les semences elles-mêmes.
Jean Glavany, ministre de l’Agriculture d’hier, préconisait déjà l’interdiction de ces néonicotinoïdes. Mais les producteurs de ces semences ont fait des pieds et des mains pour tenter de prouver l’innocuité de l’usage des molécules suspectes et devenues à l’évidence des sources de production agricole intensive mais jouant contre la survie des abeilles.
Dans le département de l’Eure, plusieurs centaines d’apiculteurs professionnels et amateurs sont sensibles à la protection de l’environnement, aux jachères fleuries, et au développement de l’apiculture. Le Syndicat des apiculteurs de l’Eure a ouvert, depuis plusieurs années, deux ruchers écoles à Beaumesnil et Guichainville. J’invite les jeunes et moins jeunes tentés par cette belle aventure de l’apiculture à prendre contact avec le SAE dont le secrétaire est Patrick Planquois : Patrick.planquois1@orange.fr

1 commentaire:

Anonyme a dit…

La jachère fleurie est-elle la panacée ? Je ne le pense pas.
Il y a quelques années, circulant sur une petite route de l'agglomération Seine-Eure, je suis passé entre un massif de chardons et une jachère fleurie toute pimpante. D'un côté, la nature à l'état brut, de l'autre un festival de couleurs qui, pour ravissant qu'il était, n'avait rien de vraiment naturel. Je me suis arrêté pour faire quelques photos. A ma grande surprise, il n'y avait quasiment aucun insecte dans la jachère alors que les chardons subissaient les assauts de centaines d'insectes. Etait-ce une question de maturité des fleurs ? De qualité des semis ? Je n'en saurais jamais rien, mais ce pied de nez de la nature m'a frappé. Et amusé.