16 janvier 2012

"Des paroles et des actes", du très bon Mélenchon !

« Au moment du choix du candidat du Front de Gauche pour l’élection présidentielle, j’ai dit, écrit et répété que j’étais contre la candidature de Jean-Luc Mélenchon parce qu’il était dans le formatage politique en ce sens que les médias d’aujourd’hui réduisent la politique à des personnalités. Partisan de Chassaigne, je ne voyais pas Mélenchon dans sa campagne être capable de développer des idées de rupture avec le capitalisme et convaincre les citoyens à entrer dans l’action et dans le vote pour un vrai changement. C’est donc avec grand intérêt que j’ai regardé sa prestation télévisée sur France 2 jeudi soir. J’avoue qu’il m’a étonné face aux journalistes, pas toujours neutres, qui l’interrogeaient.
Il a démontré de vraies capacités oratoires et les propositions du Front de gauche ont bien été expliquées comme le Smic à 1700 euros, la retraite à 60 ans, le pôle public financier et bien d’autres propositions du programme "l’Humain d’Abord ". Il a exprimé beaucoup de points avec lesquels je suis d’accord notamment vis à vis du PS et de son candidat. L’intervention de Mélenchon nous a démontré que, cette fois-ci, le PS ne pourra pas nous jouer le coup du vote utile car la crise qui s’approfondit renforce la colère du peuple français frappé de plein fouet par les fermetures d’usines ou les futurs licenciements massifs dans les banques. Il a raison de dire que l’UMP mais aussi le PS, incapable de rompre avec le système, vont exploser devant la dramatique sociale à venir.  Et que la vraie gauche sera, comme en Hongrie, face à une extrême-droite renforcée par la droite qui a rompu avec le gaullisme par peur de classe.
Sa franchise sur toutes les questions posées, y compris sur son passé socialiste, sur Maastricht, sur sa rencontre fortuite avec Marine Le Pen au parlement européen filmée par la compagne de Hollande et retransmise sur toutes les chaînes, comme par hasard, sur ses bons ou mauvais mots vis à vis de journalistes provocateurs, me l’a rendu plus sympathique. Son appel au peuple citoyen pour qu’il prenne le pouvoir démontre que la délégation de pouvoir n’est plus d’actualité, ce qui oblige à une démonstration pratique sur le terrain. Malgré les manipulations des sondages qui le situe entre 6 et 8 %, il peut aisément atteindre un score à deux chiffres s’il poursuit dans cette voie de dénonciation radicale du capitalisme. Le meilleur moment de l’émission a été, pour moi le passage avec l’ancien PDG de St-Gobain. Les deux hommes ont vraiment dialogué sur la réindustrialisation de la France, sur l’actionnariat cupide qui détruit le tissu industriel, sur les salaires des patrons, sur l’association des travailleurs à la gestion et au contrôle des entreprises. Nous avons vu un ancien patron influent critiquer vertement la financiarisation de l’économie, ce qui prouve qu’une partie de la bourgeoisie française s’interroge sur ce capitalisme non régulé et anarchique qui amène au chaos. Face à ce patron Mélenchon n’a fait aucune concession, aucun compromis. D’ailleurs ce patron a avoué avoir lu "l’Humain d’Abord" et être très intéressé par la plupart des propositions sauf sur le sujet économique (c’est un patron tout de même) où il a émis des réserves en condamnant toutefois l’actionnariat rapace et perfide.
Bref, du très bon Mélenchon où à chaque fois, au delà des questions perfides, anecdotiques ou personnelles, il revenait au programme du Front de gauche avec une dextérité explicative qu’à la fin ces journalistes ont reconnu. Face à ses concurrents Mélenchon sera un redoutable adversaire et lorsque la campagne officielle commencera avec l’égalité des temps de parole il peut convaincre bien des indécis et faire mentir les pronostics des sondeurs manipulateurs.

Alain Lefeez

1 commentaires:

Anonyme a dit…

Oui, Alain, l'insolence de Mélenchon face aux journalistes connivents avec le pouvoir fait plaisir à entendre, même si parfois son agressivité me gêne. Je passe sur son aspect "bête de scène", son côté "Georges Marchais" quand il est ennuyé par une question, ses accents autoritaires qui laissent supposer un homme qui ne doit pas trop accepter la remise en cause, et je retiens ce qu'il a dit sur la dette. La grande proposition du Front de gauche pour trouver une solution au problème de la dette serait que la BCE puisse prêter aux Etats. La belle affaire! On parle bien de cette institution qui se réunit à huis clos, dont aucun procès verbal ne vient apporter une trace de ce qui y est défendu ? La seule solution pour éviter de faire payer la crise au peuple, à tous ceux et toutes celles qui contribuent à créer les richesses et qui en sont de plus en plus privés, qui ont payé cher pour renflouer les banques en 2008, c'est de déclarer cette dette illégitime, c'est de refuser de la payer. Cela s'est fait dans l'histoire, souvent. Alors, assez de mesurettes qui peuvent être acceptées par le système, il faut rompre avec la logique capitaliste. En tous cas c'est le message que le NPA défend. Nous aborderons ce sujet à notre fête départementale samedi 21, à 15h30, au moulin. Toutes les personnes intéressées par le thème seront les bienvenues.
Sophie Ozanne